Gilles  CLAMENS

 

À propos de :

 

Imre KERTÉSZ, L’Holocauste comme culture - Discours et essais (Die exilierte Sprache; trad. Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, éd. Actes Sud 2009).

 

Stanley CAVELL, Qu’est-ce que la philosophie américaine ? (reprise de trois ouvrages parus aux éditions de l’Éclat : Une nouvelle Amérique encore inapprochable - De Wittgenstein à Emerson ; Conditions nobles et ignobles - La constitution du perfectionnisme moral émersonien ; Statuts d’Emerson - Constitution, philosophie, politique. Trad. Sandra Laugier et Christian Fournier; éd. Gallimard, coll. Folio Essais 2009).

 

Pierre MACHEREY, Petits riens - ornières et dérives du quotidien (éd. le Bord de L’eau 2009).

 

Luc BOLTANSKI, Rendre la réalité inacceptable - À propos de “La production de l’idéologie dominante” (de Pierre Bourdieu et Luc Boltanski 1976, réed. Demopolis et Raisons d’Agir), éd. Demopolis 2008.

 

(toutes les citations en italiques ci-dessous sont tirées de ces livres)

 

 

Répondre à/de ce qui arrive ?

 

Sommes-nous éveillés ? Peut-on savoir ou même apercevoir non seulement ce que nous pensons mais à quoi nous participons ? Époque, situation, vécu : ces mots ou d’autres désignent ou plutôt appellent notre façon de vivre - cela fait-il expérience pour nous ? Comment comprenons-nous ce qui “arrive” (d’où ? vers quoi ? comment ?), ce qui “passe” (par où ? en s’arrêtant quelque part ? sans s’arrêter ? mais alors comment savoir ?), ce qui “se passe” (mais de quel “soi” s’agit-il ?)?

 

Ces questions sont partout depuis longtemps - c’est même à elles que nous devons la distinction commode de “penseurs” parmi nous qui sommes réputés nous contenter de vivre. Mais qu’on admette une telle distinction (à eux l’interrogation, à nous le contentement) et nous voilà encore troublés : chaque “penseur” découpe sa manière d’interroger, son domaine de prédilection, sa partie contre le tout que nous espérions, son “isme” à lui contre le “valable” universel et maniable sur lequel nous aimerions compter. Autant dire que la distinction commode est surtout paresseuse, recule sans dispenser de sauter, et de sauter au moins deux fois : une fois pour comparer les réponses des “penseurs”, une fois pour revenir aux questions… case départ !

 

L’ironie du cercle pourrait être libératrice : autant commencer à peu près n’importe où. Choisissons ici ce qu’il est convenu d’appeler “essais” en manière de raccourci puisqu’il s’agit de s’atteler ouvertement à la compréhension pratique de ce qui arrive, passe ou se passe. Ces essais sont en outre récents, autre raccourci possible : il y a des chances qu’on y parle d’actualité sinon d’actualisation, du monde même petit que nous sentons nécessairement nôtre et - pourquoi pas ? - commun, partagé en tout cas par ces auteurs contemporains. Enfin - mais c’est le raccourci le plus incertain ou risqué - proposer de répondre (en lecteur privé) à ces réponses (d’auteurs publiés) a quelque chance de détacher ces essais de leur destination courante, au mieux l’entre-soi de leurs pairies familières, au pire l’oubli instantané en attendant les prochains, qui ne manquent jamais. C’est bien là le plus risqué, parce que le plus évident : à quoi bon s’arrêter sur ceux-là plutôt que d’autres passés, présents et à venir, dans le Niagara des livres, sans parler de l’océan des “réactions” éclaboussé aujourd’hui de blogs et forums inépuisables ? Prenons le risque, fût-ce en l’ignorant : parions que la situation, quelque nom ou adjectif qu’on lui donne, paraisse assez “sérieuse”, assez “intéressante” ou “étrange”, pour justifier qu’on se jette ainsi , presque au hasard, dans l’essai de la prendre aux mots de ces essais.

 

 

Une situation négative

 

Qui tient compte de l’homme, outre les registres informatisés des autorités ? Sous le regard de qui vivons-nous ?, demande Kertész en 1999. En 1844, Emerson publiait un essai intitulé justement Expérience, soigneusement commenté chez Cavell : Pour moi l’évanescence, le caractère insaisissable de tous les objets au moment où nous les agrippons, est la partie la plus ignoble de notre condition. De son côté Boltanski se souvient des années 1970-80 - On ne comprenait plus rien à la réalité et on avait le sentiment qu’elle nous dissimulait le monde - sans guère noter de différence (sinon en pire !) avec le monde d’aujourd’hui : Des recteurs, des doyens, des présidents réactionnaires et idiots, des politiques incultes, des ministres flics, des Grandes Écoles arrogantes et archaïques… On avait tout ça aussi bien que maintenant. Macherey enfin n’a que l’ironique embarras du choix pour trouver dans l’hier ce qui éclaire fort bien le quotidien de nos jours, depuis le pascalien fait global, massif et permanent du divertissement en tant que tel, qui pousse toujours dans le même sens, jusqu’à Barthes (la vraie violence est celle du cela-va-de-soile “naturel” est en somme le dernier des outrages) ou Godard (je ne peux pas m’arracher à l’objectivité qui m’écrase ni à la subjectivité qui m’exile).

 

Il arrive que les mots des uns et des autres soient exactement les mêmes - paradoxe d’une distance qui éloigne sans séparer. Si l’on s’étonne d’abord, l’étrangeté fond vite à lire aujourd’hui de tels exemples :

 

Cavell: Le perfectionnisme émersonien nous demande d’avoir progressivement honte de nous-mêmes, honte de notre posture actuelleJe me sens soumis à des images incontrôlées et qui me remplissent de confusion. Elles me font voir ce que Platon voulait dire quand il parlait de la démocratie se remettant à la tyrannieLa pensée de l’homme est moins destinée à s’exprimer dans le langage qu’à ressusciter avec lui.

Kertész: Le secret de la société concentrationnaire de l’Est - comment la nommer ? - est qu’on est constamment en colère contre soi-même, et sinon on a honte des compromis de ses sentiments, de sa raison ou de son portefeuilleL’Europe reconnaîtra-t-elle qu’elle ne peut ressusciter, se réveiller à elle-même que par l’Europe de l’Est ?

 

Boltanski: La dépolitisation peut être envisagée comme le résultat d’une politique tout entière tournée vers la fin de la politique entendue comme la mise au pas des mouvements critiques qui tentaient de s’opposer à l’idéologie dominante… Il s’agit d’un affaiblissement de la légitimité politique fondée sur la référence au peuple, à la volonté collective, à la conscience collective, au profit d’une légitimité fondée sur l’expertise… C’est dire aussi que l’idéologie dominante n’est pas orientée, en priorité, vers la mise en conformité des dominés mais vers le renforcement du moral de la classe dominante elle-même.

Kertézs: L’instrument de la destruction a pour nom idéologie. Au XXe siècle, ce siècle terrifiant de perte des valeurs, tout ce qui était autrefois valeur est devenu idéologie. Et le grand malheur est que la foule moderne intègre les idéologies comme s’il s’agissait de culture.

 

Il arrive plus souvent encore - tant il est vrai que l’impérative “critique de l’intérieur” est l’honneur ou la seule patrie de l’essai - que tombe de toutes parts le bâton de l’imprécation, le pessimisme le plus grondant.

 

l’Emerson nietzschéen de Cavell châtie les esclaves (ce que sont la plupart des hommes) qui se targuent de leur liberté en se pavanant, et la frivole méprise de ceux qui prennent pour la liberté un préambule de papier comme une “Déclaration d’indépendance” ou le droit de vote garanti par la loi, quand ils n’ont jamais osé penser ou agir, avec la roublardise impudente, pire que l’ignorance la plus crasse, du même vieux délinquant prononçant d’héroïques serments de réforme, et ne manque pas de voir le ravage que peut faire sur un bon esprit une philanthropie dissipée.

 

Évoquant ces êtres introuvables, des lecteurs, tandis que ne manquaient ni textes ni matière, Boltanski sait bien qu’il peut désespérer l’espoir lui-même en soulignant ce mode de domination qui, au lieu, comme par le passé, de s’affirmer en s’opposant au changement, prend appui sur celui-ci et même le suscite, pour mieux servir ce qui caractérise l’idéologie libérale du pouvoir à l’âge du capitalisme avancé, l’alliance improbable de la nécessité et de la volonté (vouloir ce qui doit de toute façon advenir).

 

Kertész ne peut que tirer le rideau avec le point de vue véritablement meurtrier, une bombe à neutrons spirituelle qui épargne les corps et tue seulement les esprit, la considération que tout problème est résoluble uniquement par l’économie, promesse d’une “totalité” ravalée au rang de propagande, d’une “indignation” juste bonne à masquer le goût beaucoup plus épicé de l’original, de ce vide vertigineux qu’on appelle liberté ou démocratie, de l’inanité de l’intellegentsia actuelle, bref de la conformité générale qu’on exalte seulement afin de la rendre supportable.

 

Lecteur d’Emerson, Cavell boucle la boucle : si ce qui montre nos chaînes est aussi leur produit, alors la vertu la plus demandée est bien la conformité, et son aversion, la confiance en soi, devient plus que problématique.

 

Quel tableau serait plus juste ou plus près de notre propre sentiment actuel des choses ? C’est peu dire que nous vivons des temps difficiles. Qu’y faire ?

 

 

Une situation critique

 

Le mérite de l’essai tient à sa faiblesse assumée: on n’y promet aucune victoire, aucun résultat autre que l’essai lui-même, dont les seuls moyens du bord sont censés suffire à la navigation, la sombre clinique au clair diagnostic. Voyons voir.

 

Critique de l’intérieur, c’est aussi autocritique: nos essayistes n’y manquent pas.

 

Boltanski relève pêle-mêle les reproches essuyés par la moindre contestation : mise en cause de la démocratie médiatique, dangereuse faveur faite au pouvoir imbécile de dictateurs populaciers à moins que ce soit au libéralisme le plus sauvage, mais aussi complaisance stalinienne, vichysme rampant, démagogie populiste, aigreur d’intellectuels marginaux et enfin anarchisme primaire…!

 

Mêmes scrupules chez Macherey dont la question du quotidien se voit soupçonnée de désocialiser la société au profit d’une psychologie de la vie privée ou de l’intime (la “micro-sociologie” chère à Simmel), qualifiée même d’ “empoétisationconfortant chez le dominé ou chez l’esclave l’inclination à demeurer dans sa position inférieure. Qu’on puisse prendre des libertés avec le système (Michel de Certeau), n’est-ce pas le dernier piège interdisant toute vraie libération ?

 

Cavell rappelle au même propos que Wittgenstein a vu son propre recours à l’ordinaire et au quotidien traduit méchamment (par Russell par exemple) en peur petite-bourgeoise du changement, loin de toute inventivité individuelle ou de révolution sociale.

 

Cette lucidité, justement déplaisante, a son prix: l’absence de toute posture morale chez les sociologues emmenés par Bourdieu (ni dénonciation des “bourreaux” ni compassion pour les “victimes”), et l’orientation systématique du travail, dit encore Boltanski, sur la concentration, la description, l’ironie, elles-mêmes amarrées à l’expérience ordinaire et la contrainte implacable des faits.

 

De même Macherey fait-il signe vers les mille et mille manières de penser quotidiennes qui constituent les cultures humaines, une phénoménologie de la proximité (Alfred Schütz), analogue de la proposition littéraire de Perec dans Les Choses, dont il rappelle  les derniers mots en citation de Marx : Le moyen fait partie de la vérité, aussi bien que le résultat. Dans la vie quotidienne pourrait bien se lire (Henri Lefebvre) non seulement un individu qui reste socialisé jusque dans ses comportements les plus “privés”, mais surtout une aliénation enveloppant un effort vers une “désaliénation”, une contrainte qui porte en elle la possibilité d’une résistance à son action, possibilité de tangente, esquives, failles du système et marges de manœuvres que Michel de Certeau derechef (“l’art de faire”), rappelle Macherey, place au centre de ses analyses: impossible d’avoir l’ordre sans la possibilité de le transgresser ou la transgression sans ordre à transgresser.

 

Kertész enfin sait bien lui aussi les pièges de la recherche si actuelle de l’identité: témoignage d’un profond désarroi, mais aussi contrainte extérieure qui vise à enfermer les gens dans une sorte de prison, cage dorée qu’on n’ouvrirait que le temps de les laisser mesurer leurs forces, comme des coqs dans une arène. Du coup, le Nobel installe l’inquiétude critique à la place que tous ces essais désignent : sur le fil mince de l’hésitation (illustrée par l’autre Sisyphe: celui qui, un instant, parvient à enchaîner la mort) - moment où l’homme s’arrête, plus précisément où il hésite à accomplir son devoir, c’est-à-dire détruire. Comment ne pas répéter douloureusement (Et si je me trompais, victime d’une manipulation ?) les mots de Tchékhov: “Je ne sais pas, sur mon âme, sur mon honneur, je ne sais pas…”.

 

Ce n’est pas moi, mais la vérité qui est ironique, dit ce Kertész que pourraient relayer les trois autres comme nous tous. Il note à propos de l’Holocauste la chronologie étouffer/documenter/affronter - dont le dernier terme hélas, qui suppose seul la positivité d’une création de valeurs, est encore loin devant nous, si jamais il a lieu. C’est pourtant là qu’il nous reste ici à mesurer ces essais: en quoi peuvent-ils à leur tour accompagner l’affrontement positif ? En quoi peuvent-ils réaliser quelque chose, à l’instar du perfectionnisme moral émersonien obstinément souligné par Cavell : moins réfréner le mal que libérer le bien, c’est-à-dire libérer d’un sentiment de désespoir du bien et du mal en chacun de nous ? Armé de ces essais, puis-je “réagir” autrement que par l’excuse ou le recul, la tolérance ou la hauteur ?

 

 

Ce que peut l’essai

 

Après Debord, Macherey relit la lettre (publiée en 1845) de Marx à Ruge qui s’avouait désabusé: Nous ne devons pas traiter le vieux monde comme un épouvantail  dont on se détourne craintivement. Nous devons au contraire le regarder de très près… tirer au grand jour l’ancien monde et donner une forme positive au nouveau. Regarder l’épouvantail, c’est bien ce qui nous arrive avec ces essais tricotant un relativisme rigoureux et patient, délimitant ce que Simmel appelait les “formes” de la société en train de se faire, quels que soient, souvent, les ratés, ou les dégâts, de cette incessante mutation. Macherey rappelle que Lefebvre y voyait même l’échec forcé de l’idéologie, qui ne peut que courir après ce dont elle a toujours besoin mais qui l’excède toujours, une matière neuve à organiser et contrôler.

 

La “philosophie américaine”, réactivée chez Cavell (Emerson mais aussi Thoreau, et en moindre mesure Dewey ou Rawls), dessine pour nous, aujourd’hui, une approche tout aussi pratique. Ainsi la “désobéissance” prônée par Thoreau est-elle moins refus d’écouter qu’écoute différente pour comprendre, détermination à réviser scrupuleusement plutôt que réformer ou révolutionner. La “Self-Reliance” (confiance en soi) d’Emerson, quant à elle, oriente encore davantage sur une attitude, dit Cavell, dont nous pourrions tous instantanément voir la valeur si seulement nous pouvions nous retourner. Chaque philosophe, dit Emerson, n’a fait pour moi, comme par délégation, que ce qu’un jour je pourrai faire pour moi-même - tout le monde est donc qualifié pour une telle représentativité, et le génie, ajoute Cavell, est réparti de manière universelle, en tout cas de manière aussi universelle que la capacité de penser. Croire votre pensée, écrit Emerson, croire que ce qui est vrai pour vous dans l’intimité de votre cœur est vrai pour tous les hommes - c’est là le génie. Si donc il faut bien avouer alors que le sens commun est aussi rare que le génie,  c’est qu’il est la base du génie, et l’obligation de penser par soi-même, c’est-à-dire au fond exprimer des pensées publiques, est la chose la plus nécessaire et la plus difficile. Nous voilà livrés à la honte comme à la joie: le pouvoir de saisir notre liberté et donc de reconnaître les droits de ce pouvoir chez les autres. Entendons que la vérité est dans l’air, tout ce qui est bon est sur la grand’route, et que la seule “condition” qui soit (au juste sens étymologique de “conditio”) est que nous parlons ensemble. Tel est le lourd paradoxe de notre consentement, participation à la fois honteuse et joyeuse à la formation de la société, comparable à ce que serait la manifestation publique de la situation individuelle qu’est l’adolescence, le temps des possibles placé devant la menace de devoir consentir aux réalités. Nous autres, âmes adolescentes, avons plus besoin de provocation que d’instruction. Il est donc difficile aujourd’hui de ne pas adopter l’aveu de Cavell: je continue de consentir aux choses telles qu’elle sont sans raison, seulement muni de l’intuition que l’écart qui nous sépare collectivement de la justice parfaite, encore qu’il soit douloureux par moments jusqu’à en être insupportable, est toujours habitable, et même nécessaire comme scène de la poursuite du changement.

 

 

S’agit-il d’espoir, pour finir ? La résolution à la critique sans trêve ni respect pour rien, que Cavell reconnaît dans le langage d’Emerson, ou encore la résolution des sociologues à l’écart de toute expertise comme de tout idéalisme, ces marginaux de l’intérieur remémorés par Boltanski, ressemblent à celle de Kertész répétant qu’il n’a jamais pu parler de l’Holocauste au passé. Revendiquant lui aussi une minorité choisie, assumée, mondiale, forme d’existence spirituelle fondée sur l’expérience négative, la valise prête toujours sous la main, le Nobel se réclame moins d’espoir que de la liberté infinie recelée par les situations désespérées. Enfin, le paradoxe du consentement, qui pourrait laisser croire qu’il n’y a rien à faire et rien de plus à dire, n’empêche nullement Cavell de laisser place au refus, au moins quand il s’agit de justice: La responsabilité demeure un travail de réponse.

 

Manière de réponse, la recension de ces essais peut-elle nous rappeler la loi dont l’exil est selon Kertész la marque de notre temps ? Le sentiment actuellement massif d’un monde hors-la-loi est-il le sacrifice monumental (pour lui, cela s’appelle Auschwitz, détaché de toute “judéité”, existante ou non) promis à son dépassement? Nous vaudra-t-il de réaliser l’impératif de renouveau, de résurrection ou de recréation, dont l’expérience saisie exemplairement par ces essais montre le surprenant chemin? C’est au recours à de telles indications que ces livres invitent. À l’image de la démocratie: moins système que culture (jardinage, dit encore le modeste Kertész!), ces réponses à et de ce qui arrive incarnent bien en tout cas une responsabilité dont nul n’est exempt.