Matthieu FONTAINE

Allocataire de recherche-Moniteur
UFR de Philosophie.
STL-UMR 8163 Savoirs, Textes, Langage
Université Lille 3

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Directeur : Prof. Dr. Shahid Rahman

Centres d’intérêt:

Logiques modales et intentionnelles
Logiques libres et logiques de la fiction
Désignation et Référence
Philosophie analytique

mise à jour le 2 avril 2009

Sujet de thèse :


Rhétorique et engagement ontologique de l’objet de l’acte intentionnel

Pour une réflexion critique sur l’identité dans la logique intentionnelle explicite

 

L’intentionnalité est la caractéristique fondamentale de la cognition. En effet, l’intentionnalité est cette caractéristique d’un état mental par lequel on se « dirige vers » un objet de cognition. On la saisit linguistiquement à travers des verbes tels que « savoir», « croire », « craindre », « espérer », et bien d’autres.

L’engagement ontologique de l’objet d’un acte intentionnel dans l’argumentation, qu’elle soit persuasive, rhétorique ou logique, est le sujet principal de mon projet. Peut-on admirer quelqu’un si l’on ne croit pas à son existence ? Peut-on déclencher une panique au sein d’une population si l’objet de la peur n’existe pas ? Peut-on supposer que l’objet de l’intention soit indépendant de l’existence ? Peut-on donner un critère d’identité de l’objet non existant d’une intention ?

Je m’intéresserai principalement à ce qui a été appelé intentionnalité explicite. Cette conception explicite de l’intentionnalité considère qu’on peut réunir l’agent et la proposition au sein d’une relation exprimée sous forme de proposition en étendant le langage pour la logique à l’aide d’un opérateur. Dès lors, en vue de rendre compte explicitement de la relation d’intentionnalité dans le langage objet, on doit éclaircir la question de la relation entre, d’une part, l’acte d’intentionnalité et, d’autre part, la charge ontologique prêtée à l’objet de l’acte intentionnel.

Le contexte d’analyse s’étendra au domaine de l’argumentation rhétorique et de la  persuasion. C’est en effet un domaine où se mêlent convictions et engagement ontologique. La persuasion peut consister à argumenter de façon à convaincre quelqu’un de croire quelque chose, que ce quelque chose en question existe ou non. On s’intéressera essentiellement aux cas où il s’agit de persuader de l’existence d’objet non existants et d’analyser les rapports entre croyance et existence. Comment, par exemple, peuvent être créés des mouvements de panique ? Dès lors, comment tenir compte de l’engagement ontologique dans de telles méthodes de persuasion ? Comment s’articulent les relations de peur et de croyance dans des discours à but persuasif ? Comment désigner et tenir compte de l’objet intentionnel dans un discours à but persuasif ?

La méthodologie envisagée s’appuiera sur une approche critique de l’identité dans la logique intentionnelle explicite - essentiellement dans le cadre des logiques d’ordre supérieur - où les problèmes de l’identification des références et de la désignation sont cruciaux. Comment, et selon quel critère, peut-on identifier un objet intentionnel à travers les différents contextes ? Comment désigner l’objet d’un acte intentionnel, qui plus est si la référence en question n’existe pas ? Kripke, dans son célèbre ouvrage Naming and Necessity, évacue le problème de l’identification de la référence en posant la thèse des désignateurs rigides. Cependant, mon analyse de l’intentionnalité suppose une référence qui dépende de la relation de l’agent à la proposition. Par conséquent, on doit refuser la rigidité des désignateurs. Contre cette thèse des désignateurs rigides, j’introduis dans mon mémoire de master 2 l’opérateur lambda. Cet opérateur permet de considérer des prédicats abstraits et de désambiguïser la lecture des énoncés modaux afin de repenser la distinction des modalités (ontique et épistémique).

Par ailleurs, la logique modale standard est limitée aux prédicats de premier ordre. Or, on veut étudier la relation qu’entretient l’agent aux propositions exprimées. Mais cette relation doit en fait être interprétée comme une propriété de second ordre, c’est-à-dire une propriété de propriété. Cette relation ne peut donc pas être exprimée en logique intentionnelle de premier ordre. Par conséquent, on abordera l’analyse de cette relation à l’aide des logiques d’ordre supérieur, ce qui permettra de quantifier sur des propriétés et d’exprimer explicitement l’existence des relations intentionnelles.

Afin de relier la réflexion plus technique et formelle aux problèmes déjà mentionnés de l’argumentation rhétorique, on ancrera la démarche dans la logique dialogique. L’approche dialogique a cet avantage de présenter la preuve comme un processus d’argumentation en l’insérant dans un dialogue. Ce dialogue se déroule entre le proposant d’une thèse et un opposant. Cet opposant émet des questions face à la thèse du proposant en construisant un contre modèle. On rend ainsi compte de l’argumentation selon un mouvement dialectique - selon des enchaînements de questions et de réponses. Un des enjeux techniques de ce projet est donc de développer une approche dialogique des logiques intentionnelles d’ordre supérieur. C’est de plus dans ce cadre dialogique que se révélera le caractère novateur de l’approche que je propose puisqu’on va ainsi pouvoir comprendre les démarches de persuasion dans le cadre d’une argumentation. En effet, dans ce contexte d’argumentation on va pouvoir comprendre l’acte intentionnel et sonder l’engagement ontologique d’un agent qui croit à certains faits. On éclaircira ainsi la place que prennent les questions de charge et d’engagement ontologique dans les processus de persuasion.

 

Mémoires de Master (sous la direction de Shahid Rahman) :

Master 1 :     La thèse des désignateurs rigides et la distinction des modalités dans La logique des noms propres de Saul Kripke

Master 2 :     L’opérateur lambda dans les logiques intentionnelles : des prédicats abstraits et des objets intentionnels contre les théories de la référence

 

Publications :

2008 : Matthieu Fontaine et Juan Redmond, Logique Dialogique : une introduction Première partie 1 : Méthode de la dialogique : règles et exercices, col. Cahiers de logique et Epistémologie Vol. 5, D. Gabbay & Sh. Rahman Eds., College Publications, Londres.

à paraître

2009 : Matthieu Fontaine, Juan Redmond et Shahid Rahman, "Etre et Etre choisi, Vers une logique dynamique de la fiction", in Fictions : logiques, langages, mondes, coll. Cahiers de logique et d'Epistémologie, J. Dubucs & B. Hill Eds., College Publications, Londres.

Communications :

-          31 Mars 2007 : Deuxième congrès de la Société de Philosophie des Sciences : La question de l’unité des sciences aujourd’hui - colloque co-organisé par l’ENS et l’Université de Genève, à Genève : « L’abstraction des prédicats dans une redéfinition des catégories de jugement ».

-          3 Octobre 2007 : Séminaire « Référence » (organisé par le groupe Pragmatisme Dialogique – STL-UMR8163) : Désignation rigide et logique intensionnelle.

-          24 Octobre 2007 : Séminaire « Référence » (organisé par le groupe Pragmatisme Dialogique – STL-UMR8163) : Modalités et désignation non rigide dans la logique intentionnelle

-          19 Janvier 2008 : « Fiction : logiques, langages, mondes » : journée d’études organisée par l’IHPST (CNRS – Paris 1 – ENS) et le GDR « Fictions » du CNRS (sous la responsabilité de Jacques Dubucs et Brian Hill) : Dynamique des fictions et supervaluations (avec Shahid Rahman et Juan Redmond).

Enseignement :

Moniteur à l’UFR de philosophie de Lille 3 et responsable des UE professionalisantes :

-         TD de méthodologie en licence 1 (1er semestre 2007-2008)

-         Philosophie de la psychologie en licence 1 de psychologie (1er semestre 2007-2008)

-         UE stage en licence 1 (2ème semestre 2007-2008)

-         UE Projet Professionnel Etudiant en licence 1 (2ème semestre 2007-2008 et 2008-2009)

  http://www.collegepublications.co.uk/cahiers