Séminaire de Linguistique 2013-2014

responsable : Anne Carlier

vendredi 14h-17h,

Université Lille 3, salle Danielle Corbin (B1 661)

 
Programme
 

 

 

Vendredi 11 octobre 2013
Thème de la séance : Sociolinguistique cognitive

 

Gitte Kristiansen (Universidad Complutense de Madrid) : « Perceptions of L2 accents:  linguistic and social stereotyping  through English as a Lingua Franca ».

Abstract: English has slowly but steadily established itself as the lingua franca of a globalised world. This fact is giving rise to a new linguistic reality, in the context of which the status of the languages of the various European nation states is affected in various manners and to various degrees. In this talk we examine the existence of social and linguistic stereotypes when English is spoken as a L2 variety.

Do linguistic stereotypes (Kristiansen 2003, 2010) continue to operate in systematic manners when a lingua franca, such as English within the current socio-historical and linguistic scenario, is spoken instead of the various languages of the nation states? How accurate is our perception of L2 varieties of English in Europe at different levels of abstraction? Do social identities continue to manifest themselves in English spoken as a lingua franca through our mental models of linguistic varieties?
 
In order to address these theoretical questions an empirical study was designed to throw light on the ability of native speakers of different European languages and regional varieties to identify and characterise members of other European nations, exclusively on the basis of transfer from their mother tongue to English. In the experiments in question 12 different varieties of English (8 L2 accents and 4 native accents) are identified and evaluated by panels of listeners in 7 European countries. As we shall see, the results speak not only of impressive degrees of lectal awareness, but also of systematic differences across European language groups.

Dirk Geeraerts (KU-Leuven) : « Metonymy as a prototypical category ».

Abstract: Recent discussions of metonymy in the context of Cognitive Linguistics have concentrated around the idea that metonymy is a conceptual mapping within a domain or domain matrix, while metaphor is a mapping across domains. However, given the serious difficulties that a domain-based definition of metaphor and metonymy has to face, an alternative may be pursued that revives the older distinction of metonymy as contiguity-based versus metaphor as similarity-based, but that goes beyond the older views by analyzing the concept of contiguity (and hence, metonymy) in a non-unitary, prototype-based way.

 

Vendredi 29 novembre 2013

Martin Hilpert (Université de Neuchâtel, Suisse, Professeur invité à l'Université Lille 3) : « Rocket surgery: On the use and comprehension of mixed metaphors ».

présentation

Abstract : The term mixed metaphor commonly refers to blended uses of idioms, as for instance 'We're just scratching the tip of the iceberg'. More specifically however, the term denotes figurative expressions that combine lexical items from semantically incongruous domains, such as 'an oasis of peace and quiet in a sea of hectic activity'. Despite the incongruity of the items oasis and sea (an oasis is found in the desert, not in the sea) the latter expression arguably still has a meaningful interpretation, so that a mere characterization of mixed metaphors as 'deficient' or 'contaminated' language use does not do justice to the phenomenon.

But how then are mixed metaphors understood? Different theories of metaphor, in particular Conceptual Metaphor Theory (Lakoff & Johnson 1980) and Blending Theory (Fauconnier & Turner 2004), make different predictions with regard to the use and comprehension of expressions with lexis from more than one semantic domain. Mixed metaphors are therefore a useful test case for the empirical evaluation of these theories.

In a two-tiered empirical study that uses quantitative corpus data as well as experimental evidence, it will be argued that mixed metaphors selectively combine aspects of two or more semantically conflicting source domains into a single figurative meaning. Conflicting aspects, on the other hand, are suppressed. The evidence is thus more compatible with Blending Theory than it is with Conceptual Metaphor Theory.

Fayssal Tayalati (STL/Lille 3) : « Du verbe au nom et du nom au verbe. Syntaxe et sémantique des masdars en arabe »

Résumé.

 

Vendredi 13 décembre 2013
Théme de la séance : L'inversion du sujet en français.

 

Catherine Fuchs (CNRS UMR 8094-Lattice / ENS-Paris) : « Typologie des inversions du sujet nominal en français moderne »

Résumé : Je m’intéresserai ici aux différents types d’inversion du sujet nominal en français contemporain (en laissant de côté le cas particulier des inversions liées à une citation), c’est-à-dire aux énoncés où le sujet nominal se trouve postposé à droite du verbe (ordre V S).
Je distinguerai deux grands types : l’inversion complète (comportant un élément X à l’initiale) et l’inversion absolue (où c’est le verbe qui se trouve à l’initiale) ; j’en présenterai les propriétés syntaxiques ainsi que le fonctionnement informationnel et discursif.
Dans l’inversion complète, l’élément X peut être un attribut, un complément en à ou de régi par le verbe, ou bien un adverbial (de sens spatial, temporel ou notionnel) ; un cas particulier (à la limite entre inversion complète et inversion absolue) est à signaler : celui où X est une prédication seconde.
L’inversion absolue recouvre deux sous-types distincts, dont je montrerai qu’ils obéissent à des contraintes différentes : le premier constitue une variante de l’inversion complète (où X est placé entre le verbe et le sujet, et non plus à l’initiale), tandis que le second correspond à une véritable absence de X.
Les exemples seront empruntés à divers corpus : articles de journaux, articles scientifiques, romans contemporains.


Karen Lahousse (KU-Leuven)
: « La distinction de l'inversion nominale dans les subordonnées »

Résumé : Le Bidois (1952 : 302-320) note que VS est seulement possible dans les subordonnées causales (1b) et concessives (1a) en présence d’un facteur ‘secondaire’ favorisant VS (comme la présence d’un groupe prépositionnel ou adverbe devant le verbe, le fait que le sujet contient une relative, etc.), alors que la présence d’un tel facteur n’est pas requise dans les temporelles (2a) et les comparatives (2b).
 
(1)a.  Bien que dans leur conversation résonnât une rumeur qui ne semblait pas nouvelle,…
    b.  C’était peut-être parce qu’étaient si divers les êtres que je contemplais en elle à cette époque

(2)a.  Quand avait débuté le salon Sainte-Euverte… (Proust, cité dans Le Bidois 1952:302)
    b.  Il souffre comme souffriraient ses bêtes. (Dorgelès, cité dans Le Bidois 1952:329)

Depuis Le Bidois (1952), aucune tentative n’a été entreprise de vérifier la distribution de VS dans les subordonnées adverbiales, et cette observation n’a jamais été expliquée. Le but de notre exposé est de montrer que la position postverbale du sujet dans les subordonnées se justifie par l’interaction spécifique des propriétés sémantiques de la subordonnée d’une part et des caractéristiques informationnelles de la construction VS de l’autre.

Tout d’abord, sur la base d’une analyse de corpus dans Frantext (1950-2000), nous montrerons que VS apparaît uniquement dans une subordonnée causale ou concessive en présence d’un ou de plusieurs facteurs de la liste suivante : (i) la présence d’un élément spatio-temporel devant le verbe ; (ii) l’indéfinitude du sujet ; (iii) le fait que le sujet comporte une relative restrictive ; (iv) le fait que le sujet est le foyer d’un contraste, ou (v) la présence d’un adverbe paradigmatisant au sein de la phrase (Nølke 1993). Nous proposerons que les facteurs (ii) à (v) sont des indications explicites de l’interprétation focale du sujet postverbal. Un tel facteur n’est pas présent dans tous les cas de VS dans les temporelles, les comparatives et les corrélatives. Notre analyse de corpus permet donc de vérifier l’observation de Le Bidois (1952) et de déterminer précisément quels ‘facteurs secondaires’ favorisent l’apparition de VS.

Nous distinguerons ensuite les subordonnées assertives des subordonnées non assertives, sur la base du test de la modalité, qui consiste à introduire dans la phrase des compléments assertifs comme peut-être et probablement (cf. Melis 1983:167). Nous montrerons que l’application de ce test aux subordonnées adverbiales permet de conclure que les temporelles, les comparatives et les corrélatives sont des phrases assertives, contrairement aux concessives et aux causales. Une comparaison de cette classification sémantique des subordonnées avec les résultats de notre analyse de corpus révélera que VS est précisément permis sans facteur supplémentaire dans les subordonnées qui ne sont pas assertives.

Nous expliquerons cette généralisation descriptive par le biais de l’interaction entre l’assertion et l’interprétation du sujet. Le sujet préverbal d'une proposition est, par défaut, interprété comme la ‘base de l'assertion’ (le sujet de la prédication), c'est-à-dire l’élément vis-à-vis duquel la vérité d'une proposition est évaluée (cf. Strawson 1964, Erteschik-Shir 1997/1999). Dans les phrases assertives, mais pas dans les phrases non assertives, le sujet grammatical peut donc potentiellement être interprété comme la ‘base de l'assertion’. En ce qui concerne le sujet postverbal, toutefois, nous montrerons qu’il ne peut jamais être interprété comme la base de l’assertion. Nous soutiendrons qu’une indication de l'interprétation focale du sujet ou la présence d'un élément locatif sont alors nécessaires dans les phrases assertives (dont le contenu est asserté) pour signaler que le sujet postverbal n'est pas la base de l'assertion. En effet, l’interprétation focale du sujet est incompatible avec son interprétation en tant que ‘base de l'assertion’ et un élément spatio-temporel qui précède le verbe peut être interprété comme la base de l'assertion, au lieu du sujet grammatical. Au contraire, dans les phrases non assertives, qui ne contiennent pas d’assertion et où le sujet ne peut donc jamais être interprété comme la base de l’assertion, ces facteurs ne sont pas requis pour que VS puisse apparaître.

Nous montrerons que cette explication est confirmée indépendamment par la distribution de l’inversion nominale dans d’autres types de subordonnées, comme les relatives et les complétives.

 

Vendredi 21 février 2014
Thème de la séance : Acquisition langue seconde

Daniel Véronique (Université d'Aix-Marseille) : « Le développement des systèmes temporels des langues créoles françaises et les débuts de la construction de la temporalité en langue étrangère ».

Résumé : L’examen du développement des systèmes temporels dans les créoles (français) et dans l’acquisition du français langue étrangère (par des adultes) fournit quelques pistes pour comprendre les phases du procès d’expression linguistique de la temporalité. On espère comprendre à travers une telle confrontation l’origine des éléments constitutifs d’un système Temps –Mode - Aspect.
Le rapprochement de la créolisation et de l’acquisition d’une langue étrangère par des adultes n’est pas arbitraire car un certain nombre de chercheurs soutiennent l’idée que le processus d’appropriation de la langue des maîtres par la population servile constitue bien le point de départ des langues créoles.
En examinant la dynamique de développement des langues créoles françaises, telle que les textes anciens en portent témoignage (Chaudenson 1981, Baker & Fon Sing 2008, M. C. Hazaël-Massieux 2010) et les données de l’acquisition du français L2,  je souhaite analyser les faits suivants :
- la catégorisation du matériau lexical « verbal » dans les créoles français et en français L2,
- l’attestation d’éléments adverbiaux et nominaux à valeur temporelle dans ces données,
- les premières étapes de l’expression de la temporalité au sein du groupe prédicatif.
Je souhaite apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : quelles sont premières relations « temporelles » à recevoir un encodage grammatical ? Selon quelle « logique » se développe un système d’expression de la temporalité ?

Références bibliographiques

Baker, Philip 1993 Contribution à l'histoire du futur en créole mauricien. Etudes Créoles 16: 1: 87-100.
Baker, Philip, Corne, Chris 1982 Isle de France Creole: Affinities and origins. Ann Arbor: Karoma.
Baker, Philip, Fon Sing Guillaume,  2008, The making of Mauritian creole, Westminster Press.
Chaudenson, Robert 1981 Textes créoles anciens  (La Réunion et Ile Maurice). Comparaison et essai d'analyse. Hambourg: Helmut Buske.
Detges, Ulrich 1998 Two types of restructuring in French Creoles. A cognitive approach to the genesis of tense markers. Communication au Colloque International 'Degrees of restructuring in Creole languages', Regensburg.
Detges, Ulrich 1999 Wie entsteht Grammatik ? Kognitive und pragmatische Determinanten der Grammatikaliesierung von Tempusmarkern. In J. Lang & I. Neumann-Holzschuh (hrsg.). Reanalyse und Grammatikalisierung in den romanischen Sprachen, Tûbingen, Niemeyer, pp. 31-52.
Gougenheim, Georges 1929/ 1971 Etude sur les périphrases verbales de la langue française. Paris: Nizet.
Hazaël-Massieux, Guy 1996 Les créoles. Problèmes de genèse et de description. Aix-en-Provence: Publications de l'Université de Provence.
Hazaël-Massieux, Marie-Christine, 2008, Textes anciens en créole français de la Caraïbe, Paris, Publibook.
Neumann-Holzschuh, Ingrid (éd.) 1987 Textes anciens en créole louisianais. Hambourg: Helmut Buske.
Prudent, Lambert-Félix1993 Pratiques martiniquaises : genèse et fonctionnement d'un système créole. Thèse pour le Doctorat d'État: Université de Haute Normandie.
Starren, Marianne. 2001, The second time round. LOT, Netherlands

 

Sandra Benazzo (Université de Lille 3, STL) : « Aux origines des systèmes de référence temporelle : réflexions à partir du développement de quelques systèmes simples »

Résumé : La temporalité est une catégorie fondamentale de la cognition humaine, qui est encodée de manière complexe dans toute langue. Chaque langue présente un ensemble complexe de moyens (de nature adverbiale, verbale ou grammaticale) pour exprimer les caractéristiques temporo-aspectuelles d’une situation, à savoir pour commenter sa distribution dans le temps ainsi que pour situer le moment de son occurrence. La présence de marqueurs temporo-aspectuels est par ailleurs considérée comme l’un des traits qui distinguent les langues humaines par rapport à la communication animale (Pinker & Jackendoff 2005), alors que les premières formes de langage sont supposées avoir été confinées au hic et nunc (Bickerton 1990 ; Victorri 2005). Cependant, au delà de cette constatation sur le statut spécial de la temporalité dans les langues modernes, les principaux modèles sur l’évolution du langage (cf. Bickerton 1990, 2002 ; Jackendoff 1999, 2002) accordent peu de place à la temporalité, l’attention étant plutôt focalisée sur l’émergence d’une organisation syntaxique que certains considèrent comme le trait fondamentale de la faculté de langage (Hauser, Chomsky & Fitch 2002).
Pour établir des hypothèses sur l’origine des systèmes de références temporelle, je vais comparer le parcours évolutifs qui ont été attestés dans ce domaine dans des systèmes linguistiques « simples » actuellement observables : d’une part, les  stades initiaux de l’acquisition spontanée d’une L2 (cf. les travaux du projet ESF dont Dietrich et al. 1995) et, d’autre part, les systèmes communicatifs de nature gestuelle (homesigns) qui sont développés par des sujets sourds sans contact avec les langues signées (cf. travaux de Goldin Meadow et Fusellier De Souza). Le choix de systèmes émergeant dans des circonstances en principe très éloignées - acquisition d’une langue disponible dans l’environnement vs. création d’un système communicatif en l’absence d’un modèle – vise à identifier des constantes développementales qui fourniraient une base empirique plus solide à toute spéculation évolutionnaire.
La présentation des traits développementaux qui caractérisent ces deux processus sera utilisée, dans un premier moment, pour discuter les déterminants linguistique, cognitifs et sociaux pouvant expliquer leurs similarités et différences, ainsi que l’écart par rapport aux langues achevées (Benazzo 2009a). Ensuite, les invariants développementaux attestés – notamment l’ordre de réalisation des opérations temporelles de base : situer dans le temps et donner une perspective aspectuelle – servira de base empirique pour (a) établir une séquence logique d’opérations temporelles dans un scénario évolutif et (b) réfléchir aux implications de cette séquence pour les modèles courants de protolangage (Benazzo 2009b, 2012).

voir la présentation

 

Références bibliographiques

Benazzo, S. 2009a. Acquérir une langue / créer un système communicatif: le développement de la  temporalité en L2 et dans les homesigns. AILE-LIA 1, 195- 226.
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Wilkins, W. and J. Wakefield, 1995. Brain evolution and neurolinguistic pre-conditions. Behavioral and Brain Sciences 18 (1), 161-182, 205-226.


Vendredi 7 mars 2014
Thème de la séance : Syntaxe (salle B2.234)

Lene Baunaz (Université de Gand) : « Une approche nanosyntaxique des complémenteurs en français et en grec »

Kathleen O'Connor & Cédric Patin (Université de Lille 3, STL) : « Apposition in Shingazidja: At the interface of syntax and prosody »

Résumé : In this presentation, we examine the syntax-prosody interface of apposition in Shingazidja. Through a comparison with English, we first define two types of apposition (restrictive and non-restrictive) and examine their syntactic properties. While restrictive apposition can be straightforwardly analysed as a single constituent, the syntactic data for non-restrictive appositives are ambiguous between a single constituent (‘integration’) analysis and an analysis in which the appositive and its anchor and syntactically separate (‘orphanage’). Prosodic data are then brought to bear on the problem. These data confirm the single constituent analysis for restrictive apposition and provide evidence that non-restrictive appositives are indeed syntactically linked to their antecedent and are prosodically embedded in their host clause.     

 

Vendredi 28 mars 2014
Thème de la séance : Morphologie

Angela Ralli (Université de Patras, Grèce) : « On loan verb formation in Asia Minor Greek »

Abstract : The purpose of this presentation is to investigate verb borrowing in a language-contact situation involving dialectal variation. I argue that the accommodation of non-native verbs in a recipient language is not only the product of extra-linguistic factors (e.g. degree of bilingualism, Thomason 2001, Matras 2009, Wichmann & Wohlgemuth 2008) but follows specific linguistic constraints.
In order to illustrate arguments and proposals, I draw evidence from the Asia Minor dialect of Kydonies (Aivaliot, Sakkaris 1940) that has been affected by Turkish, where borrowed verbs are loanblends consisting of a borrowed and a native part: the stem comes from Turkish, where the inflectional ending and the verbal suffix (between hyphens) are Greek:

              kazanmak        kazad-iz-u / kazad-o
                       ‘to profit’                             
                 
 By examining the integration of Turkish verbs in Aivaliot, I deal with certain crucial aspects of Greek morphology that have conditioned the form of these verbs, such as the property of Greek word-formation to be stem-based and the important role of stem allomorphy which determines the borrowing strategy. 
I conclude that it is possible for a language (in this case, the Indo-European fusional Greek) to be affected by a linguistic system of distinct origin and typology (the Altaic agglutinative Turkish) provided that certain morphological conditions are met. I also demonstrate that the study of dialects offers new challenges to morphology, since dialects provide information that can shed light on crucial issues regarding word formation in general.

Selected references
Matras, Y. 2009. Language  Contact. Cambridge: CUP.
Sakkaris, G. 1940.The Kydonies dialect in comparison with the Lesbian dialect. Asia Minor Chronicles 3. Athens: Enosis Smyrneon.
Thomason, S. 2001. Language Contact: An Introduction. Edinburgh: EUP.
Wichmann, S. & Wohlgemuth, J. 2008. Loan verbs in a typological perspective. In Th. Stolz et al. (eds.), Aspects of language contact. New theoretical, methodological and empirical findings with special focus on Romancisation processes. Berlin: de Gruyter, 89–121.

Dany Amiot (Université Lille 3 / STL) : « Évaluation morphologique, manière et catégorisation »

Résumé : Cette présentation sera l’occasion de faire le point sur un certain nombre de travaux que j’ai effectués (en général avec Dejan Stosic, Université de Toulouse 2) ces trois dernières années sur la morphologie évaluative, notamment sur les verbes dérivés de verbes (taper / tapoter, philosopher / philosophailler, etc.) et d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche sur la catégorisation des verbes dérivés évaluatifs, ainsi que sur d’autres catégories construites. En effet, ces verbes, tout en manifestant une grande palette de sens différents (cf. tapoter diminution et itération, philosophailler sens axiologique, etc.), expriment tous, d’une manière ou d’une autre, la … manière : tapoter par exemple, c’est taper, mais par petits mouvements rapides et répétés. Après avoir présenté les faits, je poserai la question de la catégorisation par le biais de la notion de troponymie (cf. par ex. Fellbaum 2002), et je me demanderai si cette notion peut être étendue au-delà de la catégorie verbale.

Référence : Fellbaum, Christiane (2002), On the Semantics of Troponymy. The Semantics of Relationships, Nederlands, Springer, pp 23-34.

 

 

Vendredi 23 mai 2014
Thème de la séance : Langage & Evolution

Katrien Beuls & Luc Steels (Vrije Universiteit Brussel) : « Agent-Based Models of Strategies for the Emergence and Evolution of Grammatical Agreement »

Résumé : Grammatical agreement means that features associated with one linguistic unit (for example number or gender) become associated with another unit and then possibly overtly expressed, typically with morphological markers. It is one of the key mechanisms used in many languages to show that certain linguistic units within an utterance grammatically depend on each other. Agreement systems are puzzling because they can be highly complex in terms of what features they use and how they are expressed. Moreover, agreement systems have undergone considerable change in the historical evolution of languages. This article presents language game models with populations of agents in order to find out for what reasons and by what cultural processes and cognitive strategies agreement systems arise. It demonstrates that agreement systems are motivated by the need to minimize combinatorial search and semantic ambiguity, and it shows, for the first time, that once a population of agents adopts a strategy to invent, acquire and coordinate meaningful markers through social learning, linguistic self-organization leads to the spontaneous emergence and cultural transmission of an agreement system. The article also demonstrates how attested grammaticalization phenomena, such as phonetic reduction and conventionalized use of agreement markers, happens as a side effect of additional economizing principles, in particular minimization of articulatory effort and reduction of the marker inventory. More generally, the article illustrates a novel approach for studying how key features of human languages might emerge.

 

Anne-Marie Verkerk (University of Reading) : « Phylogenetic comparative analysis: an introduction and practical ».

Abstract : There are three academic fields that undertake comparative analysis: biology, anthropology, and linguistics. Conceptual parallels between historical comparative studies in biology, anthropology and linguistics have been cross-fertilizing these three fields throughout history (Atkinson & Gray 2005). This is also happening with the recent adoption of phylogenetic methods from biology into linguistics. First, linguists started using statistical methods developed by evolutionary biologists for phylogenetic tree inference, i.e. analyses of how languages are related (Nichols and Warnow 2008). More recently, methods for the comparative analysis of linguistic features on the branches of a phylogenetic tree have been started to be used by linguists as well (Dunn et al. 2011; Levinson & Gray 2012). These latter types of methods can be subsumed under the term ‘phylogenetic comparative methods’ (Harvey & Pagel 1991).
Phylogenetic comparative methods can be used to investigate a range of diachronic inquiries, including questions about 1) homelands of language families, 2) order in the sequences of linguistic change, 3) dating language family trees, 4) rates of linguistic change, 5) correlations between sets of linguistic features, and 6) ancestral states of linguistic features (Gray et al. 2007). How this is done and why these methods are promising new techniques to be used by linguistic typologists and historical linguists will be explained by means of a practical.
In this practical, we will conduct phylogenetic comparative analyses using data from the World Atlas of Language Structures (Dryer and Haspelmath 2013) from Austronesian languages using the software package BayesTraits (Pagel and Mead n.d.). First, we will look at data on morphological affixing and reconstruct the ancestral state of Proto-Austronesian, i.e. we will find out whether Proto-Austronesian was affixing or not. Secondly, we will investigate whether nominal plurality has become more complex the further east we go in the Pacific. Anybody with a connection to the internet will be able to participate in doing these phylogenetic comparative analyses together.

References
Atkinson, Quentin D. & Russell D. Gray. 2005. Curious parallels and curious connections: Phylogenetic thinking in biology and historical linguistics. Systematic Biology 54.513-26.
Dryer, Matthew S. & Martin Haspelmath. 2013. The World Atlas of Language Structures Online. Leipzig: Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology.
Dunn, Michael, Simon J. Greenhill, Stephen C. Levinson & Russell D. Gray. 2011. Evolved structure of language shows lineage-specific trends in word-order universals. Nature 473.79-82.
Gray, Russell D., Simon J. Greenhill & Robert M. Ross. 2007. The pleasures and perils of Darwinizing culture (with phylogenies). Biological Theory 2.360-75.
Harvey, Paul H. & Mark Pagel. 1991. The comparative method in evolutionary biology. Oxford: Oxford University Press.
Levinson, Stephen C. & Russell D. Gray. 2012. Tools from evolutionary biology shed new light on the diversification of languages. Trends in Cognitive Sciences 16.167-73.
Nichols, Johanna & Tandy Warnow. 2008. Tutorial on computational linguistic phylogeny. Language and Linguistics Compass 2.760-820.
Pagel, Mark & Andrew Meade. n.d. [Draft] Manual BayesTraits. Reading: University of Reading. available online: http://www.evolution.reading.ac.uk/BayesTraits.html

Vendredi 13 juin 2014
Thème de la séance : Les langues créoles

Florence Villoing (Université de Paris 8 / CNRS UMR Structures formelles du langage) : « Morphologie lexicale du créole guadeloupéen et martiniquais : quoi de neuf en morphologie ? »

Résumé : Je présenterai quelques aspects de la morphologie constructionnelle du créole guadeloupéen et martiniquais en montrant que, contrairement à ce que prétend une certaine littérature, la morphologie du créole est riche et distincte de la morphologie du français, sa langue lexificatrice.
Après un panorama général des différents procédés morphologiques productifs, je proposerai une caractérisation des relations morphologiques entre les paires nom/verbe du type (1), en m’attachant à montrer comment l’étude des langues créoles permet de porter un regard neuf sur la
morphologie.
(1) bwann ‘mouvement’ / bwanné ‘bouger’
chiktay ‘miettes / chiktayé ‘émietter’
fak ‘bêche’ / faké ‘bêcher’
graj ‘râpe’ / grajé ‘râper

 

Muhsina Alleesaib (Université de Lille 3 / CNRS UMR Structures formelles du langage) : «  Le syntagme nominal pluralisé en mauricien. »