Projet international
de coopération scientifique Lille-Munich (PICS) « L’interprétation entre
logique et philologie »
(responsables Denis Thouard /
Friedrich Vollhardt)
Symposium
Recompositions
antiquaires, usages esthétiques, enjeux philosophiques
Lille, 10-12 Octobre 2007
organisé par
Denis Thouard
Symposium :
Mercredi 10 octobre de 14h à 18h30, Maison de la Recherche, salle 008.
Jeudi 11 octobre de 9h à 12h30 et de 14h à 16h45, Maison de la Recherche, salle 008.
Vendredi 12 octobre de 9h à 12h30, Maison de la Recherche, salle 019.
Voir le programme
Conférence de J.D. Müller (Munich)
jeudi 11 octobre 17-19h : La fin des héros dans les Nibelungen
Bât. Extension, amphi E09.
Voir la présentation par Elsa Kammerer
Dans le cadre du Projet
international de coopération scientifique entre Lille (UMR 8163, CNRS) et
Munich (LMU) « L’interprétation entre logique et philologie », une
première rencontre aura pour objet l’interprétation d’un donné reçu comme
incomplet : le fragment.
En 2005, une enquête pluridisciplinaire avait été
consacrée à l’indice, également une catégorie herméneutique problématique dans
le champ libre qu’elle semble laisser à l’interprétation, qui stimule les
mécanismes interprétatifs mais permet aussi de recomposer in vitro plusieurs logiques de l’accès au sens. Les résultats ont
été publiés dans le volume L’interprétation
des indices. Enquête sur le paradigme indiciaire avec Carlo Ginzburg,
Lille, Presses Universitaires du Septentrion, collection Opuscules Phi, 2007.
L’interprétation du fragment propose un terrain d’analyse
plus restreint, supposant un rapport au passé et à sa reconstitution qui a
lui-même une histoire.
L’interprétation du fragment fut toujours un enjeu
particulier pour la philologie, puisqu’avec lui, non seulement le contexte fait
défaut, mais jusqu’au texte lui-même, qui n’est présent qu’à travers des restes
rescapés du temps, selon des processus différenciés (le sauvetage peut être
matériel, solidaire de la survie d’un morceau de papyrus, ou intellectuel, à
travers le choix fait par d’autres auteurs de le citer). Dans tous les cas, la
double tâche de l’interprète est de reconstituer en même temps un texte et un
contexte dont il ne sait par hypothèse que le minimum. La situation de la
paléologie et de l’archéologie ancienne pourrait être rapprochée et pensée dans
sa spécificité eu égard aux réquisits de la philologie
fragmentaire. Les bouleversements de l’esthétique, confrontée à un modèle
antique, statuaire ou textuel, souvent mutilé et difficilement reconstituable,
chez Lessing ou Hölderlin, seront abordés de même que, dans le champ de
l’histoire naturelle, les progrès faits dans la recomposition conjecturale des
organismes et des espèces, non sans rapport avec les collections de curiosités
esthétiques (voir H. Bredekamp, Machines
et cabinets de curiosités,
Diderot Éditeur, 1997).
Culturellement, on peut identifier avec les fouilles
d’Herculanum au milieu du XVIIIe siècle et leur impact sur les esprits et les
modes les discussion autour du Laocoon, la vogue des Antiquaires et le projet
de recomposer un contexte cohérent à partir des ruines et tessons de
l’antiquité, enfin les travaux philologiques consacrés aux fragments des
penseurs et poètes, un mouvement général vers la démarche intellectuelle de la
reconstitution qui débouche vers les projets de « science de
l’antiquité ».
Nous voudrions commencer l’ouverture du dossier par la
reconstitution d’un intérêt nouveau pour le fragmentaire tel qu’il apparaît
sans doute vers le XVIIIe siècle, en relation avec l’essor culturel de
l’archéologie antique favorisé par les découvertes d’Herculanum, dont les
travaux de Winckelmann furent en Europe les porte-voix, à travers le Sendschreiben
von den herculanischen Entdeckungen (1762) suivi de
La matinée conclusive abordera les aspects herméneutiques
de l’interprétation des fragments, en posant notamment la question de la
comparaison et de la possibilité de recourir aux passages parallèles et plus
généralement à l’analogie. La discussion conclusive permettra de tirer les fils
et de reprendre l’ensemble des problèmes abordés au cours des exposés
précédents, en profitant des apports de plusieurs chercheurs qui se sont depuis
des années fortement investis dans la question des fragments.
Un second volet de l’enquête s’attachera aux problèmes
soulevés directement par l’interprétation des fragments antiques et notamment
des penseurs présocratiques (L’interprétation
des fragments II, 2008). La réunion de ces travaux conduira à un ensemble
de réflexions théoriques alimentées d’exemples précis et d’une autoréflexion de
l’histoire de l’intérêt pour les fragments, qui fera l’objet d’une publication.
Sont prévus des exposés concis
(« fragmentaires ») de 25 minutes maximum, posant les thèses et les
exemples, afin de préserver au maximum le temps pour la discussion, qui doit
être considérée comme la partie essentielle de ce symposium. Des matériaux
pourront être distribués sous forme d’exemplier.
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