Journée d'étude organisée par l'UMR 8163 Savoirs, Textes, Langage et l'USTL Culture

Les cours de l'an III

Jeudi 19 octobre 2006
à l'Espace Culture de l'Université de Lille 1

Voir le résumé des interventions

 

L’Ecole Normale de l’an III : des cours révolutionnaires.

 

L’Ecole normale de l’an III s’inscrit dans le contexte particulier du renouvellement du système d’enseignement de la France révolutionnaire. Si les structures de l’Ancien Régime avaient été supprimées, elles n’étaient pas remplacées pour autant, et le problème de la formation des enseignants restait entier. Il s’agissait de former de manière accélérée un nombre important d’« élèves », désignés par les districts de la République et destinés à ouvrir ensuite dans leurs départements des écoles normales d’instituteurs.

La tentation était grande de faire de ces cours la somme des savoirs de l’époque puisque toutes les disciplines y étaient enseignées. L’École normale de l’an III apparaît à cet égard comme le lieu d’une mise au point sur les savoirs du siècle des Lumières, jusqu’aux connaissances scientifiques les plus avancées. Cette mise au point est à mettre en relation avec le mouvement de normalisation entrepris au cours de la période révolutionnaire, qu’il s’agisse de la nomenclature, chimique et cristallographique, ou des travaux de la commission des poids et mesures.

Pour dispenser ce savoir, les promoteurs de l’Ecole normale de l’an III proposaient une stratégie générale d’apprentissage, la « méthode de l’analyse », qui s’appliquerait aussi pour la future mission des enseignants ainsi formés. Les enjeux pédagogiques se traduisent par des innovations importantes comme l’insertion de débats avec les professeurs, ou la consigne de ne pas lire les cours. Dans le domaine des sciences expérimentales, ils s’accompagnent d’une réflexion sur le rôle de l’expérience, par rapport aux usages des cabinets de physique. La présentation d’expériences au cours des séances vise directement à illustrer le contenu des cours, même si des effets théâtraux sont utilisés. Il s’agit ici d’établir des lois à partir d’expériences fondatrices plutôt que de séduire un public par des manipulations spectaculaires.

Tandis que certains professeurs cherchent les voies d’un compromis entre pédagogie et recherche de pointe, d’autres semblent avoir sacrifié la première à l’autel de la seconde. Mais si les cours de l’an III échappent parfois au projet pédagogique initial, ils restent néanmoins extrêmement intéressants historiquement : par certaines interventions patriotiques d’enseignants ou d’élèves, par les échanges au cours des débats, ils apparaissent comme un témoignage d’une période très vivante et très riche de la Révolution française et, par leur contenu, ils préfigurent les enseignements disciplinaires ultérieurs.

 Peu de temps après la Terreur, ces cours renouent avec le souffle de l’esprit qu’incarnait si bien Condorcet ! Les cours de l’Ecole normale de la Convention couvraient l’ensemble des disciplines des sciences et des humanités. Au cours de ce cycle d’enseignement particulièrement dense, les leçons étaient sténotypées pendant les séances et distribués aux élèves quelques semaines plus tard, sous forme de feuillets imprimés, pour alimenter les débats prévus avec les professeurs. Les débats eux-mêmes étaient consignés. Ce sont les cours et débats de ce projet ambitieux et quelque peu utopique que nous allons présenter au cours de la journée, ainsi que leur édition critique en cours de publication.

 

 

 

 

Programme

 

14h00 :         Ouverture : Bernard Maitte

 

14h15 :         Introduction : Etienne Guyon

 

 

14h30 :         L'enseignement à la fin du XVIIIème siècle : Bruno Belhoste

 

15h 15 :        Les prises de parole des élèves à l'Ecole normale: une étude transversale des débats : Dominique Julia
                   Les élèves des départements du Nord et du Pas de Calais : Philippe Marchand

 

16 h00 :          Pause

 

 

16h15 :           Les cours de physique, de chimie et d'histoire naturelle

       Berthollet : Patrice Bret
       Daubenton : Cédric Crémière
       
Haüy : Christine Blondel / Bernard Maitte

 

17h30 :           Conclusion : Etienne Guyon

 

 

Les interventions seront suivies d’un débat.

  

Inscriptions (gratuites) à l’Espace culture ou auprès de Joëlle Parent, secrétariat du Centre Commun d'Histoire des Sciences et d'Epistémologie de Lille 1.

 

Courriel : histoire-sciences@univ-lille1.fr

Tel : 03 20 33 72 69

Adresse postale : Université de Lille 1

Bâtiment P5-Porte 002

59655 Villeuneuve d’Ascq-Cedex