Journées d’études pluridisciplinaire

Activité artistique et spatialité

Responsables : Anne Boissière (philosophe),

Anne Volvey (géographe) et Véronique Fabbri (philosophe)

 

Mercredi 21 et Jeudi 22 Mars 2007

Université de Lille-III, Maison de la recherche, salle 008.

 

Organisateurs

-Anne Boissière, Maître de conférences, UFR de philosophie, Université de Lille-III, membre de l’UMR 8163 « Savoirs, textes, langage », membre associée du Centre d’Etude des Arts Contemporains, membre du programme de recherche « sensation et perception : la fabrique du corps dans les arts et les lettres », MSH Nord-Pas-de-Calais

-Anne Volvey, Maître de conférences, UFR de géographie, faculté d’Histoire Géographie, Université d’Artois, membre de l’équipe "Epistémologie et histoire de la géographie" (EHGO) CNRS-Paris I, membre associée de l'équipe d'accueil "Territoires" de l'Université d'Artois

-Véronique Fabbri, Directrice de programme au Collège International de Philosophie, Paris, dans le cadre de son programme de recherche « Une philosophie pour la danse : théâtres du corps ».

 

Institutions : UMR 8163 « Savoirs, textes, langage », MSH Nord Pas-de-Calais dans le cadre du Programme de recherche « Sensation et perception : la fabrique du corps dans les arts et les lettres », Collège International de philosophie, UMR Géographie-Cités (laboratoire Ehgo), EA « Territoires »

 

 

Argument

 

 

L’activité artistique est ici comprise comme un processus (dimension de l’acteur) par opposition au projet réalisé dans une forme concrète et aboutie (dimension de l’objet). Elle est appréhendée dans son effectuation individuelle et/ou collective. C’est la dimension spatiale de cette activité que l’on propose d’interroger. On appellera activité artistique non pas la mise en rapport et en œuvre de deux extériorités préalables, le corps et l’espace, mais leur construction réciproque à travers un ensemble de relations dont il s’agira de dégager et de décrire les dimensions et les enjeux. Ce questionnement trouve sa place dans le champ ouvert au vingtième siècle par la phénoménologie, la psychiatrie phénoménologique et la psychanalyse dite transitionnelle qui ont abordé la danse et l’expérience d’écriture/dessin à partir du geste et du jeu (playing). La question de l’espace y est centrale et se signale par la récurrence de catégories spatiales (« proximité » / « distance », par exemple chez Erwin Straus) ou attribuables au registre du spatial (« espace transitionnel », par exemple chez Winnicott). Celle-ci se dégage d’abord et d’emblée d’une problématique relationnelle – l’ensemble des rapports entre dedans / dehors et proche / lointain, par exemple – qui fonde la spatialité sur la dynamique union / séparation en introduisant à des niveaux divers la question du rythme.

C’est l’examen de cette approche relationnelle que nous proposons comme sujet du colloque, lequel s’efforcera d’articuler les études de cas concrets et l’élaboration critique des corpus disponibles. On privilégiera trois types d’exigence : interroger le processus d’effectuation dans ce qu’il a de plus concret ; s’ouvrir à la pluralité des formes de l’activité ; choisir un parti pris résolument non métaphorique. En effet, la tentation est toujours forte d’importer des concepts forgés dans le champ philosophique ou dans celui de la clinique pour les appliquer de façon exogène à l’art, dans une acception qui reste trop métaphorique. Ce colloque a donc une visée à la fois descriptive, conceptuelle, voire méthodologique.

On propose de travailler dans la pluridisciplinarité en direction d’une conception franchement dynamique et constructive de l’espace. Il est très difficile de ne pas céder à l’idée d’une activité artistique qui s’effectue dans l’espace, et donc à une conception de l’espace comme réceptacle de l’activité. On aimerait prendre au sérieux l’idée d’un espace se formant, se faisant à travers l’activité artistique et inversement celle d’une activité artistique se formant, se faisant avec l’espace comme dimension. On parlerait moins alors d’un rapport entre espace et activité artistique que de la dimension spatiale de l’activité artistique et de la dimension œuvrée de l’espace. C’est cette dimension œuvrée et construite de la spatialité dont on veut mettre au jour les modalités et les conditions de formation : quelle part et quel rôle assigner aux médiations de l’intersubjectivité, de la technique, voire de l’histoire dans sa dimension individuelle ou collective ? On s’interrogera en particulier sur la spatialité sous-tendue par la voix, le langage, l’écriture. Par ailleurs, quel statut accorder au cadre, et plus généralement à toute forme de dispositif envisagé non comme condition extérieure de réalisation ou d’effectuation de l’activité mais comme détermination endogène ? Dans quelle mesure ce questionnement de l’activité à partir de l’espace exclut-elle ou au contraire requiert-elle la question du temps ?

Le colloque se propose donc de réunir des interventions sur les notions relatives à la spatialité, à l’articulation de l’activité artistique et de la réflexion théorique philosophique, géographique et psychanalytique. On relira les textes fondateurs de ces questions en reprenant les notions qui y sont mobilisées (« espace originaire » –Heidegger-, « espace transitionnel » –Winnicott-, « espace thymique » –Binswanger-, etc.). On poursuivra une interrogation déterminée et plurielle de l’activité artistique en mettant en question la séparation des arts de l’espace et du temps. Quelles sont les médiations qui permettent de construire la spatialité dans la dimension du pré-objectal ? On reprendra sous cet angle la question de la pulsion, du rythme, et du rapport espace-temps.

 

Invités pressentis

Fabien Lerat (plasticien, Paris), Daniel Graffin (plasticien, Paris ), AL Liégeois (artiste, Montluçon), Lucinda Childs (danse, Paris –à confirmer), Carolyn Carlson (danse, Roubaix), Caroline Gros-Azorin (Philosophie, Marseille), Jean-Marc Besse (Géographie, Paris), François Vezin (Philosophie, Paris), André-Frédéric Hoyaux (Géographie, Bordeaux), René Roussillon (Psychanalyste, Lyon), Dominique Cupa (Psychanalyste, Paris), Anne Boissière (Philosophe, Lille), Véronique Fabbri (Philosophe, Paris), Anne Volvey (Géographe, Arras), Holger Schmid (philosophie, Lille), Jean Lauxerois (Paris, lettres)