Projet contrat quinquennal 2015-2019

(extrait du dossier d'évaluation 2013-2014)

 

 

 

1. Stratégie et perspectives scientifiques

 

Introduction

La stratégie de l’UMR STL pour le prochain contrat 2015-2019 se fonde sur la prise en considération de deux éléments principaux qui, s’ils peuvent sembler contradictoires au premier abord, se révèlent complémentaires dans leur mise en œuvre au sein de notre Unité.

 

1. Le premier élément concerne le maintien et le développement d’une culture pluridisciplinaire qui fait la spécificité et la force de l’UMR STL et des grands champs de recherche qui en constituent les socles fondamentaux : linguistique, philologie classique, philosophie, histoire des sciences. Il apparaît en effet décisif, et souhaitable, de poursuivre l’effort de recherche de grande qualité et extrêmement fécond (cf. bilan) qui caractérise chacun de ces pôles disciplinaires. Au cours de la réflexion collective qui a abouti au présent dossier d’évaluation, cette pluralité est apparue clairement comme une dimension structurante de l’UMR, et sa revendication comme le ferment d’une identité originale qu’il convient d’encourager et de renforcer.

À cet égard, il pourrait être opportun de modifier dans la perspective du prochain contrat le mode de rattachement actuel de l’Unité aux sections CNRS (avec un rattachement principal à la section 35 et des rattachements secondaires aux sections 34 et 32) et de bénéficier d’un double rattachement aux sections 35 et 34 du CNRS (qui couvrent en réalité l’essentiel des champs disciplinaires de l’UMR puisque la 34e Section traite des « Sciences du langage » et que désormais la philologie relève elle-même de la 35e Section : – « Sciences philosophiques et philologiques, sciences de l’art » - et non plus de la 32e Section, orientée vers les « Mondes anciens et médiévaux »). Cette modification aurait l’avantage de favoriser la reconnaissance et l’appui institutionnels de l’ensemble des recherches fédérées au sein de l’UMR STL.

2. Par ailleurs, tout au long du contrat précédent, le regroupement de ces recherches disciplinaires au sein d’une structure d’accueil commune (échafaudée en 2006) a contribué à donner corps au projet global de l’UMR STL, défini il y a 5 ans en fonction des objectifs scientifiques suivants : « analyse et interprétation des formes de langues et de discours et des modes de connaissance ». Ce programme d’ensemble invitait en effet à respecter les traditions, les logiques et les méthodologies propres à chacun des axes disciplinaires structurant la politique scientifique du laboratoire, sans renoncer à tirer bénéfice de la confrontation nécessaire, voire de la convergence effective entre des paradigmes différents d’analyse des formes de la rationalité et de la construction du sens.

C’est ainsi qu’ont pu émerger au cours du précédent contrat un certain nombre d’activités interdisciplinaires, liées notamment à des collaborations actives entre différents chercheurs et aux fonctionnements coopératifs qui émanent de la réunion au sein de STL de chercheurs appartenant à des disciplines connexes (du fait de leur objet : sciences du langage et philosophie du langage ; de leur thématique : l’enargeia et l’histoire des théories de l’optique; ou même de la réflexion plus globale à mener sur leurs « interfaces »). Dans le cadre du prochain contrat, ces recherches interdisciplinaires sont appelées à se développer et elles seront fortement soutenues. Seront ainsi visées la visibilité et la cohérence de projets de recherches transversaux à même de proposer notamment, à l’interface des disciplines constituées, des réflexions communes portant par exemple sur la traduction, sur l’argumentation dans la langue, dans la logique et dans les textes philosophiques ou même sur les apports croisés des théories cognitives en linguistique et en philosophie de l'esprit (à partir de thématiques convergentes comme le temps, l’espace ou la perception).

Enfin, l’émergence et le renforcement d’une communauté de recherche au sein de STL passe aussi par le déploiement d’activités proprement transdisciplinaires, liées en particulier au développement de programmes de recherche transversaux (comme ADA) concentrés sur l‘approche globale d’une question – en l’occurrence, celle de l’argumentation, qui mobilise et rassemble en particulier à STL mais aussi bien au-delà, grâce à la constitution de partenariats régionaux, nationaux et internationaux, un certain nombre de chercheurs reconnus dans les domaines de la logique, de la philosophie du droit, de la philosophie politique, de la linguistique et de la philologie…

L’UMR STL entend ainsi, dans le cadre du prochain contrat, défendre et développer conjointement ces deux aspects d’une stratégie de recherches (au pluriel) fondée donc sur un soutien continu à des perspectives disciplinaires qui ont montré et montreront, pourvu qu’on les encourage, leur capacité à féconder et à alimenter des formes de coopération inter- et transdisciplinaires. Il importe de rappeler ici que cette logique de développement des activités de recherche au sein de STL procède de l’histoire particulière de cette Unité. Cet historique se laisse récapituler selon trois moments successifs qui déterminent l’orientation stratégique actuelle et à venir de l’UMR. Dans un premier temps, a prévalu une certaine dispersion disciplinaire (chacune des disciplines constituantes de STL étant identifiées à un centre de recherche distinct  : c’était le cas pour la linguistique, avec SILEX, pour la philologie avec le Centre de Philologie, mais aussi pour la philosophie et l’histoire des sciences, avec le CRATS et le Centre Eric Weil). Il y eut ensuite le moment des regroupements (cf. supra, note 1) et de la « fusion » dont le précédent contrat a d’une certaine manière construit et animé le projet, mais qui a pu être pensée et vécue initialement par ses acteurs eux-mêmes sur le mode d’un regroupement abstrait entre linguistes d’une part et philosophes, philologues, historiens des sciences de l’autre. La fin de ce contrat s’ouvre à la fois sur la perspective de collaborations interdisciplinaires (Interfaces, Traduction), certes limitées, mais dont l’autolimitation vise à accroître l’efficience en termes de production scientifique ; et sur la perspective d’engagements communs, d’ores et déjà fédérateurs, dans des programmes de recherches transdisciplinaires (ADA) ou dans des projets qui concernent potentiellement l’ensemble de l’Unité (autour de la traduction par exemple).

La stratégie scientifique de l’UMR STL intègre donc cette double contrainte du disciplinaire et de l’inter- voire du trans-disciplinaire, comme l’une de ses dimensions structurantes et comme l’un des marqueurs de son identité dynamique. C’est cette double contrainte qui a conduit à envisager une restructuration importante de l’organigramme scientifique de l’Unité pour le prochain contrat. Cette reconfiguration consiste pour l’essentiel à définir le projet et les perspectives scientifiques portées par STL en fonction des deux orientations complémentaires décrites ci-dessus. Ces orientations concernent :

1. d’une part, la refonte des thématiques de recherche et des grands axes disciplinaires du contrat 2010-2014

2. d’autre part, l’articulation de certaines recherches thématiques dans le cadre de projets inter- et transdisciplinaires.

 

 

2. Structuration de la recherche au sein de STL pour la période 2015-2019

 

Trois champs problématiques

À un premier niveau, la réflexion sur une structuration pluridisciplinaire des recherches menées au sein de l’UMR STL conduit à substituer aux 4 axes du contrat 2010-2014 (Axe A : Syntaxe, Interprétation, Lexique, Acquisition ; Axe B : Formes et interprétations des discours de l'Antiquité grecque et latine ; Axe C : Concepts et pratiques philosophiques ; Axe D : Différenciations et mutations des savoirs) trois grands champs problématiques définissant des orientations de recherche identifiées comme pertinentes et fécondes dans l’UMR STL. Une première déclinaison des recherches menées au sein de l’Unité se trouvera ainsi proposée à travers les champs suivants : « Forme et sens » ; « Savoirs, œuvres, discours » ; « Normes, action, création ». Ce sont ces champs problématiques qui doivent accueillir, ou intégrer, les différentes thématiques de recherche propres à chaque domaine disciplinaire (qui sont effectivement représentés dans ces différents champs).

Champ 1. FORME ET SENS  

Champ 2. SAVOIRS, ŒUVRES, DISCOURS

Champ 3. NORMES, ACTION, CRÉATION

 

Ce projet de structuration scientifique de l’Unité pour la période 2015-2019 a fait l’objet de nombreuses et riches rencontres et discussions entre les membres de l’UMR STL au cours de l’année 2012-2013, année de préparation du présent dossier d’évaluation. Le résultat de ces rencontres et discussions est présenté sous une forme synthétique ci-après. Une version plus développée de ce projet est d’ores et déjà disponible sur le site de l’UMR STL : http://stl.recherche.univ-lille3.fr/STL_Projetscientifique2015-2019/projet_presentation.html.

Cette présentation doit être complétée au cours de l’année 2013-2014.

 

 

« FORME ET SENS »

 

Ce champ a vocation à regrouper les travaux des linguistes, des philosophes du langage et des logiciens de l’UMR STL. Les recherches menées dans ce champ ont pour objet le sens communiqué dans des contextes variés. Elles s’interrogent sur la manière dont ce sens se constitue et sur sa représentation formelle. Des méthodologies issues de différents domaines (logique, linguistique, philosophie) sont mobilisées en vue d’une analyse approfondie du sens et de sa forme, analyses qui soulèvent de nouvelles questions de recherche ou éclairent d’un jour nouveau des questions de recherche déjà débattues. Les différentes approches de l’articulation entre les deux pôles, Forme et Sens, et l’attention relative portée soit à l’un ou l’autre, permettent de regrouper la recherche en quatre thématiques : Application, Cognition, Interprétation et Représentation. Les recherches réalisées dans ce champ d’études sont à la fois fondamentales et pluri-disciplinaires ; elles s’appuient en outre sur un réseau de collaborations avec d’autres équipes et chercheurs français ou étrangers dans les domaines de la linguistique, de la philosophie ou de la logique.

 

 

Thématique 1. Application

 

Cette thématique comprend un large éventail de recherches appliquées, que ce soit en termes de développement et d'évaluation d'outils dans une variété de contextes (enseignement dans l’acquisition et la didactique des langues ou remédiation dans la pathologie du langage), de terminologie et de lexicographie, de compilation et d'exploitation de corpus, d'ingénierie linguistique ou du Traitement Automatique de Langues. En d'autres termes, la recherche dans ce domaine porte sur la façon dont nos connaissances concernant Forme et Sens peuvent être appliquées autant en linguistique pour aider les chercheurs à explorer mieux, plus systématiquement et plus rapidement les données textuelles, qu'à des domaines connexes (comme la didactique et l’acquisition) ou à d'autres domaines qui produisent et utilisent également des données textuelles (médecine, biologie, chimie, télécommunication, aérospatiale, électricité...).

Les principales problématiques de recherche abordées par les membres de cette thématique sont les suivantes :

-Acquisition et didactique des langues : les recherches traitent ici des différentes composantes des situations d’enseignement/apprentissage/acquisition d’une langue étrangère ou seconde, ou de la LSF.
-Évaluation et rémédiation des troubles du langage et de la communication : ces recherches visent à améliorer les conduites diagnostiques et thérapeutiques dans le domaine de la pathologie du langage, à partir d’un contrôle plus rigoureux dans l’élaboration des outils cliniques des variables linguistiques et de la prise en compte des modèles théoriques de référence du langage et de la communication.
-Lexicographie et Métalexicographie : les recherches dans ce domaine, ouvertes sur d’autres disciplines ainsi que sur des partenariats industriels, concernent notamment l’élaboration de divers produits lexicographiques (relatifs à des projets effectifs de dictionnaires) ; une approche théorico-critique des dictionnaires et des connexions entre les pratiques lexicographiques, la linguistique descriptive et l’informatique éditoriale.
-Terminologie : il s’agit de développer l’étude des dénominations des objets ou des concepts utilisés par un domaine scientifique ou technique donné (médecine, biologie, électricité, télécommunication, chimie…) ; de s’intéresser au fonctionnement des unités terminologiques dans la langue ainsi qu’aux problèmes de traduction, de classement et de documentation qui se posent à leur sujet.
-Traitement automatique des langues : situé à la frontière de la linguistique, de l’informatique, de l’intelligence artificielle, ce domaine de recherche concerne notamment l’application de programmes et de techniques informatiques à tous les aspects du langage humain.
-Traductologie de corpus : dans le cadre du projet CorTEx, il est question d’appliquer les outils de la traductologie de corpus (translation-based corpus studies) à l’évaluation de la qualité en matière de traduction.

 

Thématique 2. Cognition

 

Cette thématique rassemble des travaux interdisciplinaires alliant l’apport des sciences du langage (linguistique descriptive et formelle, linguistique de corpus, typologie) et de la linguistique cognitive expérimentale dans l’étude de l’acquisition du langage et des systèmes adultes pouvant informer les modèles et théories sur la faculté et le traitement langagier. Les méthodes utilisées sont variées et issues à la fois des sciences du langage et de la psycholinguistique, contribuant ainsi à l’étude des systèmes linguistiques (diversité des langues, universaux) et à l’étude du système cognitif (son développement, son fonctionnement, ses dysfonctionnements etc.). Les projets de cette thématique sont principalement consacrés à l’étude conjointe des déterminants universels et spécifiques au langage, et s’inscrivent dans une approche comparative et expérimentale visant à étudier toutes les composantes de la compétence linguistique (phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique, lexique, pragmatique), ainsi que les relations entre les contraintes du système linguistique et celles du système cognitif.

Cette démarche se décline en trois dimensions principales :

-Typologie, linguistique de corpus et linguistique expérimentale : les analyses comparatives interlinguistiques  visent à déterminer l’impact relatif des propriétés spécifiques des systèmes linguistiques sur les processus de traitement et de verbalisation chez les locuteurs d’un large éventail de langues et de comportements étudiés (production, compréhension, catégorisation, mémorisation).
-Acquisition des langues premières et secondes : la perspective acquisitionnelle consiste à comparer plusieurs types de locuteurs (apprenants avec et/ou sans pathologie) de différentes langues, afin de dissocier les contraintes linguistiques et cognitives au cours de l’acquisition typique et atypique de la phonologie, de la sémantique, de la syntaxe et de la structure informationnelle pragmatique en L1, L2 et 2L1 (bilinguisme précoce).

-Pathologie du langage et neurolinguistique : ces projets s’inscrivent dans une perspective neurolinguistique qui se focalise sur différents aspects typologiques, sur les aspects fondamentaux des troubles du langage acquis, développementaux ou dégénératifs (dysfonctionnements sous-jacents, réorganisation et reconceptualisation fonctionnelle, émergence de stratégies compensatoires/palliatives à l’oral comme à l’écrit).

 

Thématique 3. Interprétation

 

Cette thématique concerne des recherches relatives à l'étude du sens – au niveau du mot, de la phrase et du discours – qui implique une approche multidimensionnelle, très souvent située à l’interface de deux disciplines, par exemple sémantique et pragmatique, syntaxe et sémantique, morphologie et syntaxe, syntaxe et logique. Elle est fondée sur la recherche empirique et se combine souvent avec une approche comparée. Les recherches menées dans le cadre de cette thématique s’articulent également aux travaux de l’école de logique dialogique de Lille.

Dans cette thématique, le rapport entre forme et sens est au cœur des recherches menées, qui se déclinent à partir des domaines d’études suivants :

-le temps, l’aspect et la modalité, étudiés dans leur interdépendance tant sur le plan lexical que sur le plan grammatical, dans une optique à la fois disciplinaire (linguistique) et interdisciplinaire (linguistique, philosophique, logique).
-les noms, la nominalisation et les déterminants : se développeront dans ce cadre des recherches relatives (i) aux emplois et aux propriétés sémantico-syntaxiques des désadjectivaux, des déverbaux et des constructions dites dénominatives ; (ii) à la partition massique/comptable ; (iii) à la détermination nominale.
-la description formalisée des contraintes de structure argumentale des adjectifs, des noms et des verbes, souvent en faisant intervenir une perspective comparative : les travaux relatifs à une telle description constituent un domaine de recherche à l’intersection de plusieurs disciplines de la linguistique fortement représentées au sein de STL - syntaxe, sémantique, mais également dans une certaine mesure morphologie.
-le domaine du lexique : seront notamment étudiés dans ce domaine de recherche les expressions idiomatiques liées au corps employées pour signifier une émotion ou un état d’âme (ces expressions doivent être abordées d’un point de vue sémantique, cognitif et culturel) ; les procédures d’établissement du lexique médical en Traitement Automatique des Langues.
-l'analyse des aspects discursifs : cette analyse se déploie notamment à partir d'études sémantico-syntaxiques et discursives portant sur des particularités de construction et d'enchaînement des énoncés ; elle concerne également la notion de définition en didactique de la langue française (la réflexion porte ici sur l'aspect didactique du lexique en FLM et n'ayant pas encore d'application significative en FLE/S) ; elle intègre enfin des recherches en pragmatique du discours (« les allostructures ») et en « pragmatique expérimentale ».

-l’interface sémantique-pragmatique : sont concernées ici des recherches croisées et convergentes de linguistes, de logiciens et philosophes du langage concernant le rôle et le statut des effets contextuels pour la construction du sens, et en particulier la nature des rapports à établir entre la valeur sémantique des expressions et les dispositions, états ou actes mentaux.
-l’étude des expressions vagues vise à développer une analyse critique des approches philosophiques du vague et à déterminer à  quel point elles peuvent être appliquées aux phénomènes empiriques en sémantique.
-la Constructive Type Theory (CTT) dans l’ordre de la logique dialogique : il s’agit d’une part de développer une théorie formelle du sens dialogique inspirée de la CTT et appliquée à l’étude de l’argumentation et de la conversation dans le langage naturel ; d’autre part d’examiner les implications de la CTT quant à l’étude des forces dynamiques à l’origine de la fondation des mathématiques et de la logique.

 

Thématique 4. Représentation

 

Les travaux menés au sein de cette thématique poursuivent plusieurs objectifs : la recherche et l’identification des éléments et constituants (ultimes) du langage, ainsi que la description et l’examen détaillé de leurs comportements, associations et interactions au sein de structures diverses (mots, syntagmes, phrases, énoncés, etc.) ; la modélisation des relations que ces différents éléments entretiennent les uns avec les autres, dans des cadres théoriques allant des différentes versions des modèles génératifs-transformationnels aux Grammaires de construction. Cette modélisation peut s’étendre jusqu’à la formalisation de ces rapports, sans toutefois s’y limiter. Pour ce faire, les (enseignants-)chercheurs associés à cette thématique s’appuient sur l’utilisation et l’examen critique d’approches aussi différentes que complémentaires, tant du côté des outils ou sources utilisés (données d’élicitation, corpus oraux ou écrits de différentes ampleurs), des branches étudiées (de la phonétique à la logique en passant par les phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique et pragmatique) que des démarches adoptées.

Les recherches porteront donc ici sur :

-la recherche et l’identification des éléments et constituants (ultimes) du langage : seront développées notamment dans ce cadre diverses recherches relevant des champs fondamentaux des sciences du langage (phonologie, morphologie, syntaxe). Ces recherches seront parfois articulées à l’étude diachronique de l’histoire, ou des histoires, de ces éléments du langage. Elles peuvent ainsi viser l’identification de différents mécanismes de grammaticalisation (synchronique ou diachronique) ; elles doivent enfin permettre de déterminer comment se construisent et se structurent les différentes unités linguistiques, en s’attachant en particulier à comprendre comment elles interagissent les unes avec les autres, au sein de structures diverses (mots, syntagmes, phrases, énoncés, etc.).
-la modélisation et formalisation des structures élémentaires des constituants du langage : ces recherches prendront appui sur des corpus et des outils (tels que ELAN) ; elles développeront également l’analyse des constituants identifiés à l’aide de théories telles que les Grammaires de construction, les Grammaires génératives, la Head-driven Phrase Structure Grammar (HPSG), la Discourse Representation Theory (DRT) et la Constructive Type Theory (CTT). Les réflexions sur la pertinence des outils et des cadres d’analyse utilisés pourront s’étendre jusqu’à l’examen historique de ces outils et cadres d’analyse. Seront développés, à l’appui de ce domaine de recherche, les réflexions menées sur la description formalisée des propriétés de structure argumentale (avec des applications concrètes : outillage linguistique pour la recherche en corpus – humaine et automatique – ingénierie linguistique).

 

 

« SAVOIRS, ŒUVRES, DISCOURS »

 

Ce champ problématique se rattache explicitement au programme « historique » de l’UMR STL (« analyse et interprétation des formes de langues et de discours et des modes de connaissance ») et il fait référence plus précisément aux réflexions menées aussi bien en philologie qu’en histoire de la philosophie et en philosophie des sciences au sujet de l’articulation de deux dimensions constitutives de l’étude des productions signifiantes, l’une attentive au sens et aux modes de production du sens, l’autre plutôt aux conditions qui président à la constitution de l’objectivité (dans leurs aspects à la fois historiques et épistémologiques). Suivant ces deux dimensions, les recherches inscrites dans ce champ couvrent 4 thématiques, relatives aux sciences de l’antiquité (poétique et philologie classique), à la philosophie ancienne (structuration et réception), à la tradition herméneutique, à l’histoire et à la philosophie des sciences.

 

 

Thématique 1. Formes, pratiques et production poétiques et discursives de l'Antiquité

 

Les recherches propres à cette thématique se caractérisent notamment par l’attention portée au détail des textes antiques (tant au niveau de la parole qu’au niveau des structures plus grandes) et aux questions posées par l’interprétation de ces textes, ainsi que par un questionnement des catégories et systèmes selon lesquelles les textes antiques étaient produits et reçus. Ainsi, l’une des problématiques centrales de la thématique concerne la définition des genres, en particulier des genres théâtraux (comédie, tragédie et des genres « mineurs » tels la pantomime et le mime), et des notions mêmes de littérarité, œuvre et auteur dans l’Antiquité et à l’époque moderne. L’un des enjeux décisifs des recherches relevant de cette thématique concerne la contribution des conceptions antiques des genres et de leur histoire aux conceptions modernes.

Ces recherches sont en lien avec des questionnements sur l’histoire des disciplines et de la construction des savoirs, notamment dans le domaine de l’histoire de la philologie, de l’interprétation des textes anciens et plus largement des problématiques de la réception. Les travaux menés et à mener sont liés aux recherches menées en général sur l’interprétation au sein de STL, et dans une moindre mesure, renvoient à un intérêt porté à la traduction. Ils portent également sur l’analyse de stratégies argumentatives déployées dans des textes de genres différents (en lien avec le projet ADA) : poésie archaïque et dramatique classique, discours rhétoriques, textes théoriques et leur discours sur les genres.

Les études menées par les membres de la thématique pourront rejoindre également le champ « Normes, action, création » dans la mesure où elles impliquent des questionnements spécifiques :

-sur les processus de création poétique et leurs conditions propres dans l’Antiquité, en particulier dans la poésie archaïque et dramatique classique ;
-sur l'approche des textes poétiques sous l’angle de l’action qu’ils représentent, constituent ou théorisent ;

-sur l'enargeia et d'autres effets de présence dans la poésie et la rhétorique (en lien avec ADA, Visual Studies et le travail sur la théorie de la connaissance).

Dans l’ensemble de ces problématiques de recherche, l’objet d’étude est constitué non seulement par des textes littéraires mais aussi par des textes techniques (textes rhétoriques, grammaticaux et autres traités, notamment de poétique), considérés comme des textes ayant un fonctionnement propre, et liés à la production d’autres textes dans un dialogue entre modèle et création nouvelle.

Les chercheurs de cette thématique collaborent d’ores et déjà avec les collègues de Harvard, Cornell, Princeton, Lausanne et Paris dans le cadre du réseau CorHarLi et avec des collègues de Bologne, Paris et Bruxelles dans le cadre du GDRI CLARo. Ces collaborations sont appelées à se renforcer et à se développer au cours de la période à venir.

 

Thématique 2. Les discours théoriques de l'Antiquité, leurs appropriations et leurs développements jusqu'au Moyen Âge arabe et latin

 

L’étude de la philosophie et des sciences antiques est un point fort de l’UMR STL, qui contribue largement à sa renommée internationale. L’arrivée en septembre de 2013 de Thomas Bénatouïl, PR spécialiste de philosophie hellénistique et impériale, permet désormais à l’équipe de couvrir l’ensemble de la tradition philosophique antique des Présocratiques au néoplatonisme. Il s’agit d’un atout important et rare, tant pour la formation des jeunes chercheurs – qui est un des soucis majeurs et de longue date de l’équipe – que pour les activités de recherche, qui seront en outre menées en collaboration étroite avec des équipes françaises (UMR 7219 SPHERE ; UMR 8061 Centre Léon Robin ; UMR 7323 CESR Tours) et étrangères (Univ. Libre de Bruxelles, KU Leuven, Cambridge, Univ. degli Studi di Milano), avec lesquelles seront organisés des séminaires ou colloques réguliers. Les membres de la thématique se consacreront parallèlement (1) à la lecture et la traduction de textes antiques et médiévaux en tant qu’œuvres, et à l’étude détaillée de leurs procédés argumentatifs, (2) à l’étude de la constitution de certains concepts philosophiques et scientifiques.

-Pour la période à venir, à côté des recherches propres à chacun, les recherches collectives se concentreront sur des œuvres et des concepts ayant trait à la philosophie de la connaissance envisagée tout au long l’Antiquité et dans toutes ses dimensions, à savoir épistémologique et logique, mais aussi physique, psychologique, socio-politique, pragmatique et rhétorique. Des séminaires de lecture, des colloques ou des travaux collectifs seront consacrés en particulier au Théétète de Platon, envisagé en lui-même mais aussi, à travers ses diverses interprétations jusqu’à la fin de l’Antiquité, au Sophiste et aux textes aristotéliciens sur la connaissance (De Anima et Organon).
-À partir de ces œuvres, mais aussi du Commentaire aux Éléments d’Euclide de Proclus, et de commentateurs antiques et médiévaux d’Aristote ou de traités mathématiques médiévaux, on s’intéressera au problème de l’architectonique et en particulier de la systématicité des discours et des savoirs dans l’Antiquité et au Moyen-Âge. Il s’agit d’une exigence qui ne doit pas être tenue pour un principe implicite, a priori et anachronique de toute connaissance, mais qui sera au contraire transformée en un objet d’investigation historique, à savoir étudiée à travers sa genèse et les différentes manières dont elle est prise explicitement en compte par les philosophes et savants eux-mêmes. La question des modèles de la systématicité (en particulier mathématiques et logiques mais aussi rhétoriques ou philologiques) fera l’objet d’une attention particulière grâce à des collaborations avec les membres des autres thématiques du champ « Savoirs, œuvres, discours » et d’autres champs de l’UMR.

 

Thématique 3. Herméneutique

 

Cette thématique entend regrouper des recherches qui privilégient une analyse réflexive de l’activité interprétative, principalement à partir de son application aux textes, c’est-à-dire à des œuvres où s’objective à chaque fois singulièrement un sens qui nous intéresse. Elle s’attachera ainsi en particulier à l’histoire de l’herméneutique, qui s’est élaborée comme art de la logique du discours individuel, comme art de la réappropriation et de la critique du sens.

Ces recherches trouvent leur prolongement systématique dans l’élaboration d’une théorie générale de l’interprétation qui s’ouvre aussi d’une part sur la portée éthique de l’acte de comprendre (pourquoi vouloir comprendre ?), d’autre part sur une dimension politique (comment sont structurées et comment se règlent des communautés d’interprétation ?).

Cette thématique, qui s’appuie entre autres sur la philosophie du langage, est appelée à interagir étroitement non seulement avec les travaux historiques et philologiques du champ problématique « Savoirs, œuvres, discours », mais encore avec la thématique « Interprétation » de « Forme et sens » ou avec la compréhension du sujet et de la société dans le champ « Normes, action, création ».

Seront également poursuivies et développées à partir de cette thématique :

1) les recherches menées dans le cadre du réseau international HERMI, « herméneutique, mythe, image », qui réunit actuellement plus d’une dizaine d’Universités (France, Suisse, Belgique, Italie) (http://stl.recherche.univ-lille3.fr/programmesetcontrats/reseauhermeneutiquepresentation2006.html) ;
2) les collaborations d’ores et déjà nouées au sein de STL entre linguistes et philosophes autour de la question de la traduction (cf. infra la présentation de l’axe transversal « Traduction »).

 

Thématique 4. Différenciation et mutation des savoirs

 

Les recherches développées dans le cadre de cette thématique intègreront les travaux d’histoire et de philosophie des sciences relevant actuellement des thématiques 1 et 2 de l’Axe D. De manière générale, les recherches à développer dans cette thématique concernent une analyse de la dynamique des savoirs et des sciences, y compris en tant que cette dynamique n’est pas exactement celle des œuvres (en particulier parce que les savoirs ne s’identifient pas essentiellement par leurs « auteurs » mais avant tout par leurs objets et leurs méthodes) mais qu’elle repose aussi sur les aspects concrets des pratiques scientifiques et notamment sur la manière dont les contenus scientifiques sont exprimés et transmis, diffusés et reçus.

Les études menées dans ce cadre concernent :

-la science et la philosophie à l’âge classique, envisagées à la fois dans leur développement propre (histoire de la philosophie moderne, épistémologie de la science classique) que dans leurs interactions, à partir de travaux sur la philosophie naturelle ou encore à partir de projets de recherche consacrés à la « preuve par l’image » (et liés au programme ADA).
-l’épistémologie et la philosophie des sciences modernes et contemporaines, avec des recherches en cours sur la physique contemporaine et l’apport attendu des travaux de Liesbeth de Mol (nouvelle chargée de recherche affectée à STL au 1er octobre 2013) dans les domaines du computationnalisme et de l’histoire et de l’épistémologie des mathématiques (calculs et systèmes informatiques).

 

« NORMES, ACTION, CRÉATION »

 

Ce champ problématique vise à fédérer des recherches qui, au sein de STL, interrogent les pratiques humaines dans leurs dimensions historiques, sociales, morales et aussi créatrices. Le sens de ces pratiques se trouve éclairé par le jeu des puissances normatives et des raisons d’agir qui définissent les conditions d’apparition et la capacité transformatrice de l’agir humain. Ce type d’interrogation est appelé à se déployer à travers des recherches concernant les domaines de l’éthique et de la politique ou ceux de l’esthétique et de la philosophie de l’art. De telles recherches s’intéressent notamment aux rapports entre vie, normes et institutions (sociales, politiques), aux relations qu’entretiennent, dans le domaine des arts et de la littérature, les formes de l’imagination et l’activité créatrice.

 

 

Thématique 1. Vie, normes, institutions

 

Les travaux de cette thématique s’enracinent dans un questionnement générique portant sur la notion de norme – laquelle renvoie aussi bien aux lois, aux règles juridiques, aux mœurs, aux principes moraux, aux conventions sociales, voire aux conditions de rationalité et de vérité des discours scientifiques. Le problème est alors de savoir ce qui fait qu’une norme nouvelle apparaît, qu’elle est valide dans un contexte (institutionnel ou pragmatique) donné, qu’elle est reconnue, respectée ou au contraire remplacée par une autre. Pourquoi même quelque chose comme du normatif apparaît à un moment donné dans un ordre de choses ou dans un domaine d’activités humaines ? Bref, qu’est-ce qui fait qu’une norme est une norme ? Définir une norme ne semble assurément pas énoncer un lien causal, mais bien plutôt décrire des conditions de réussite ou d’adéquation de l’action et de la pensée humaines (situées) à un idéal ou à un objectif donné.

Cette interrogation générique trouve à se décliner dans les recherches suivantes au sein de STL :

 

-l’analyse des relations entre sujet, pouvoir et normes, en tant que cette analyse permet notamment d’interroger d’un point de vue éthique et politique les stratégies régulatrices du genre, du désir, voire de l’« humain » et de questionner aussi les modes de production, de reproduction, éventuellement de subversion créatrice des normes sociales et des formes de vie qu’elles impliquent.
-une problématisation des rapports entre histoire et politique, permettant notamment de lier la théorie de l’argumentation à celle des institutions politiques - en partant du principe que les parties prenantes à la discussion politique ne sont pas des individus en tant que tels, mais justement des groupes et des institutions.

Ces recherches s’appuient sur différents réseaux de recherche existants ou en cours de développement : le réseau OFFRES, l’Institut Eric Weil et le réseau EUROPHILOSOPHIE, pour la philosophie politique et la théorie critique et sociale ; l’Espace de Réflexion Ethique Régional (ERER) et l’Espace Ethique Hospitalier et Universitaire du CHRU de Lille, pour la réflexion et la recherche en éthique de la santé.

Thématique 2. Imagination et création – arts et littérature

 

La thématique « Imagination et création » vise à accueillir et à développer des recherches issues de l’actuelle thématique 3 de l’Axe C (« Arts et littérature : pratiques, critique, théories »). Ces recherches sont appelées à s’articuler autour d’une triple visée, enracinée dans une réflexion sur les enjeux contemporains des théories de l’imagination :

-il s’agira d’abord, dans une perspective relevant à la fois de la philosophie pratique et de la philosophie de l’esprit, d’interroger les notions d’identité personnelle, de délibération, de choix et d’interprétation de l’action à la lumière des théories classiques et contemporaines de l’imagination ;
-il s’agira ensuite d’envisager la création artistique (arts plastiques, musique, danse et cinéma notamment) à la lumière de ses conditions matérielles (invention et fonction des instruments de musique, lien entre dispositifs artistiques et expérience esthétique, articulation entre sciences, techniques et arts mais aussi entre arts et société) et de ses conditions normatives (contestation ou renouvellement des normes artistiques existantes, invention ou création de nouvelles normes) ;

-il s’agira enfin, poursuivant un travail depuis longtemps engagé au sein du laboratoire sur les liens entre science, philosophie et littérature, d’aborder la question de la création littéraire et de son interprétation, telles qu’elles sont envisagées en philosophie contemporaine et dans la traduction de l’herméneutique (cf. supra, thématique 3 du Champ « Savoirs, œuvres, discours » ; on montrera que la tâche créative de l’interprète peut s’articuler à celle du créateur d’une manière inventive, donnant lieu non pas à une activité gouvernée par des règles conventionnelles mais à une création collaborative impliquant l’imagination ; et on interrogera la possible implication de l’imagination morale dans la lecture et l’interprétation des œuvres littéraires, permettant ainsi de relier l’éthique et la littérature.

Dans chacune des perspectives ici esquissées, la notion de création sera analysée sous le double prisme de la question des normes et de la question de l’imagination. Les travaux menés dans le cadre de cette thématique prendront appui sur des réseaux collaboratifs existants (liés à diverses institutions culturelles, régionales, nationales et internationales) mais ont aussi vocation à se nourrir de questionnements issus d’autres thématiques de recherche (« Vie, normes, institutions », « Herméneutique », « Différenciation et mutation des savoirs ») ; ils pourront également s’intégrer à la réflexion interdisciplinaire relative aux « Interfaces » (cf. infra).

 

Axes transversaux

 Les propositions scientifiques de STL, ainsi restructurées à partir de ces trois champs problématiques fédérateurs, s’ordonnent également au développement d’un programme et de projets de recherches transversaux, et plus précisément :

 

-d’un programme de recherche transdisciplinaire, structuré et structurant autour de la thématique de l’argumentation (STL est partenaire de ce programme de recherche déjà existant) :
Argumentation

Le programme scientifique ADA répond aux exigences de la Stratégie nationale de recherche et d'innovation qui confère aux sciences humaines et sociales « un rôle majeur au sein de tous [ses] axes prioritaires [en participant] notamment à la construction des interfaces interdisciplinaires dans tous les domaines clés ». Les objectifs de ce programme de recherche s'articulent autour de cinq axes principaux, chacun faisant intervenir une diversité de savoirs et d'équipes disciplinaires : 1. Modélisation(s) pragmatique(s) de l'argumentation ; 2. Communication, langage et techniques d'argumentation ; 3. Réception argumentative, persuasion et effets de pouvoir ; 4. Transformations diachroniques des pratiques argumentatives ; 5. Argumentation: représentation, raisonnement et calcul.

-de deux projets à vocation interdisciplinaire (projets émergents ou en cours de développement au sein de STL), à travers lesquels est appelée à se concrétiser la dynamique interne de l’Unité et la connexité non seulement entre des champs disciplinaires mais aussi entre des méthodologies et des concepts issus de pratiques théoriques plurielles.

INTERFACES

Le projet « Interfaces » a pour objectif de permettre le travail en commun et le partage d’expérience(s) de membres du laboratoire STL issus de disciplines et de spécialités variées ayant l’un au moins des objectifs suivants : travailler ou vouloir travailler au carrefour de deux ou plusieurs (sous-) disciplines, sur des objets relevant de plusieurs branches ou encore sur les interactions entre objets de nature(s) différente(s) au sein d’une même discipline ; mener une réflexion sur les interactions entre disciplines, traditions et/ou objets d’étude, et sur les conséquences de ces interactions. En d’autres termes : faire de ces interfaces et rencontres l’objet même de notre réflexion, nous approprier la question de la transdisciplinarité. On peut envisager ces recherches autour des interfaces en adoptant deux points de vue : (i) L'interface de premier ordre : il s’agit de l'interface telle qu'on la pratique, ou telle qu'elle se révèle lorsqu'on étudie un objet ; (ii) L'interface de second ordre : il s’agit de l'interface prise elle-même comme objet d'étude ou de réflexion, c'est-à-dire l'interface en tant qu'elle peut être l'objet de questions de second ordre.

Afin de développer ces collaborations interdisciplinaires au sein de STL, il est prévu d’organiser dès l’année 2014 un séminaire Interfaces & Rencontres, envisagé comme un véritable séminaire de laboratoire, où des chercheurs issus de disciplines différentes seront amenés à présenter (à partir d'un exemple précis) comment, dans leurs recherches, ils sont confrontés à la thématique de l'interface, et quelles sont les questions de second ordre qu'il se pose dans la pratique de sa recherche et/ou comment l'histoire des rapports entre les disciplines qui le concernent ont un impact sur ses propres pratiques. Ce séminaire pourra s’appuyer sur des groupes de travail interdisciplinaires, consacrés à des questions spécifiques. On soulignera enfin que cette réflexion menée en commun au sein de STL s’est d’ores et déjà traduite par la construction d’un séminaire consacré aux « Interfaces sémantique/pragmatique » qui a été l’occasion de véritables collaborations interdisciplinaires (linguistique, philosophie, logique) et qui a permis de mettre en pratique de manière féconde le travail à mener sur l’interface au sens de (i).

TRADUCTION

Le projet « Traduction » regroupe, au sein du laboratoire STL, des chercheurs/-euses aux approches différentes et complémentaires. Au sein des travaux des philosophes et des linguistes qui s’intéressent à la traduction sont abordées (i) des questions globales comme la double approche philosophique et linguistique de la traduction, le rôle pédagogique de la traduction, ou encore la question de la qualité en matière de traduction, mais également (ii) des méthodes d’analyse inspirées de la linguistique de corpus (la « traductologie de corpus », connue en anglais sous l’étiquette corpus-based translation studies), ou encore (iii) des types précis de traductions ou étapes précises au sein du processus de traduction : post-édition, traduction audiovisuelle, traduction du dialecte visuel, traduction du code pénal, traduction des œuvres de Claude Sarraute.

Les recherches menées sont à la fois théoriques et appliquées. Dans ce second cas, des liens étroits existent avec le Master TSM (Traduction Spécialisée Multilingue) de l’UFR des Langues Étrangères Appliquées de l’Université Lille 3. Les langues concernées sont diverses : français, anglais, néerlandais, espagnol, allemand... La vocation interdisciplinaire de ces recherches relatives aux problèmes théoriques et pratiques posés par la traduction se double d’une dimension internationale. La confrontation des traditions traductologiques est ainsi au cœur d’un programme de collaboration scientifique et pédagogique entre l’Université Lille 3 et la Faculté de Traduction de l’Université Lomonossov de Moscou qui constitue un pôle d’excellence dans ce domaine. Ou encore, un projet de recherche en traductologie de corpus, le projet CorTEx (Corpus, Traduction, Exploration), porté par STL, a été lancé en 2011 et réunit désormais plusieurs chercheurs de notre laboratoire mais aussi des chercheurs issus de l’EA CECILLE (Lille 3), de l’Université de Limoges, de l’Université de Gand ou encore de l’Université d’Helsinki.

 

Deux remarques finales au sujet de ces transversalités :

 

-Ces réalisations transversales n’ont pas vocation à se déployer à l’écart des problématiques et des thématiques de recherche qui ont été évoquées précédemment mais plutôt à se trouver alimentées et enrichies des contributions originales des chercheurs et des disciplines qui souhaitent s’y impliquer. Il s’agit par conséquent avant tout d’espaces de rencontre, de zones de convergence, de terrains de confrontation, indispensables à l’animation collective de la recherche dans notre laboratoire.

-Il est possible que certains de ces projets, à l’instar du programme ADA, soient l’occasion de renforcer ou de développer des liens avec d’autres centres de recherche, dans le cadre de partenariats locaux, régionaux, nationaux ou internationaux. Au titre des perspectives scientifiques de l’UMR, il paraît important d’insister sur cette dimension d’ouverture et d’interaction des recherches menées au sein de ou à partir de STL.