Section des unités de recherche

 

 

 

 

Bilan 2008-2013 de l'unité de recherche
STL "Savoirs, textes, langage"

Vague E : campagne d’évaluation 2013-2014

 

 

Nom de l’unité : UMR 8163 « Savoirs, textes, langage »
Acronyme : STL

Nom du directeur pour le contrat en cours : Philippe Sabot (qui a succédé à Christian Berner en mars 2013)
Nom du directeur pour le contrat à venir : Philippe Sabot

 

Type de demande : Renouvellement à l’identique
Choix de l’évaluation interdisciplinaire de l’unité de recherche :
oui  

voir la présentation de l'unité lors de la visite du comité d'experts de l'AERES en novembre 2013

 

 

Sommaire

1. Présentation de l’Unité

1.1. Politique scientifique
1.2. Profil d’activités
1.3. Organisation et vie de l’Unité de recherche

1.3.1. Structuration de l’Unité
1.3.2. Moyens humains et matériels
1.3.3. Instances de pilotage
1.3.4. Hygiène et sécurité

1.4. Faits marquants

1.4.1. Participation au projet ADA (+ annexe 6.2.4)
1.4.2. Valorisation en linguistique (+annexe 6.3 + page valorisation du site STL)
1.4.3. Recrutements CNRS

2. Réalisations de l’Unité

2.1. Remarque préliminaire
2.1.1. Production scientifique (+ annexe 6.1 : Axe A ; axe B ; axe C ; axe D)
2.1.2. Rayonnement et attractivité académiques (annexe 6.2)

a. Participation à des projets de recherche collaboratifs nationaux et internationaux ( + annexe 6.2.1)
b. Les revues de l’UMR (+ annexe 6.2.8)
c. Rôle de leader dans des réseaux (+ annexe 6.2.3)
d. Expertises internationales (+annexe 6.2.10)
e. Enseignants‐chercheurs et doctorants accueillis au sein de l’Unité (+annexe 6.2.7)
f. Implication dans l’édition (+ annexe 6.2.8)
g. Organisation de colloques internationaux (+ annexe 6.2.5)

2.1.3. Interactions avec l’environnement social, économique, culturel (+ annexe 6.3)

2.2. Description de l’activité par axes et thématique

Axe A. Syntaxe, Interprétation, Lexique, Acquisition
Axe B. Formes et interprétations des discours de l'Antiquité grecque et latine
Axe C. Concepts et pratiques philosophiques
Axe D. Différenciations et mutations des savoirs

3. Implication dans la formation par la recherche (+ annexe 7)

3.1. Les enseignants‐chercheurs et les chercheurs
3.2. Les doctorants (+ annexe 7.3 + annexe 7.4)
3.3. Les activités du laboratoire(+ annexe 7.1 + annexe 7.2)
3.4. Les soutiens
3.5. Le devenir des doctorants (+ annexe 7.5)

4. Stratégie et perspectives scientifiques

4.1. Introduction
4.2. Structuration de la recherche au sein de STL pour la période 2015‐2019

voir le projet scientifique 2015-2019

 

 

1.    Présentation de l’unité

 

Historique

L’UMR 8163 « Savoirs, textes, langage » a été créée en 2006. Elle est le résultat de la fusion de plusieurs centres regroupant philosophes, philologues, historiens des sciences et linguistes. Les centres initiaux étaient  l'UMR 8519 "Savoirs et Textes" (Analyse et interprétation des formes de discours et des modes de savoir. Philologie classique, Histoire des Sciences, Philosophie)[1], dirigée alors par Fabienne Blaise, l'UMR 8528 SILEX (Syntaxe, Interprétation, Lexique), créée en 1984 et dirigée par Philip Miller, et le Centre Eric Weil (EA 2456), créé en 1982 et dirigé par Patrice Canivez.

Fabienne Blaise, professeur de philologie, assistée de Philip Miller, professeur de linguistique, jusqu’en septembre 2007, puis de Christian Berner, professeur de philosophie, a dirigé la nouvelle UMR 8163 « Savoirs, textes, langage » de sa création jusqu’en 2008. Christian Berner a été élu directeur en mars 2008, secondé par Antonio Balvet (directeur-adjoint, MCF de linguistique). En 2010, Antonio Balvet a été remplacé au poste de directeur-adjoint par Dany Amiot, professeur de linguistique. Après cinq années de direction, Christian Berner a été remplacé le 1er mars 2013 par Philippe Sabot, professeur de philosophie, Natalia Grabar (CR1, CNRS) devenant directrice-adjointe.

 

Composition

L’Unité comptait, au 30 juin 2013, 7 personnels ITA/BIATOS (dont 1 à mi-temps), 4 chercheurs CNRS, 62 enseignants-chercheurs (56 de Lille 3, 3 de Lille 1, 3 d’autres établissements), 70 doctorants et une doctorante associée, 24 autres chercheurs (PR émérites, docteurs et chercheurs non statutaires, ATER), ainsi que 48 chercheurs associés (membres d’autres équipes).

 

Localisation

L’UMR 8163 « Savoirs, textes, langage » (CNRS, Lille3, Lille1) est pour l’essentiel située sur le site de l’Université Charles-De Gaulle – Lille 3, à Villeneuve d’Ascq – on y trouve la direction, l’administration, la plupart des bureaux, la bibliothèque. Sur le site de Lille 1, dont font partie 3 membres titulaires en activité, STL dispose d’un fonds documentaire consacré à l’histoire et à la philosophie des sciences, ainsi que d’un personnel BIATOS à mi-temps.

 

Champs de recherche

Les champs de recherche de l’unité relèvent des disciplines suivantes : la linguistique, la philologie ancienne, l’histoire de la philosophie, la philosophie, l’histoire des sciences.

 

1.1.Politique scientifique

 

La structure actuelle, sa répartition en axes et thématiques (voir organigramme scientifique plus bas en 1.3.1), qui avait pour l’essentiel été avalisée lors de la dernière visite de l’AERES en 2008, deux ans après la création du laboratoire, est le reflet de la fusion rappelée ci-dessus et porte encore fortement la marque des centres antérieurs et des disciplines qui les composaient : le domaine A est celui des linguistes, le domaine B celui des philologues auxquels se joignent les philosophes de l’Antiquité et du Moyen Âge, le domaine C recouvre les disciplines philosophiques traditionnelles (éthique, esthétique, métaphysique, logique…), le domaine D est principalement consacré à l’histoire des sciences.

On comprend dès lors que le pari consistant à réunir des disciplines différentes était difficile à tenir, et le comité de visite de 2008 a formulé en 2009 des préconisations auxquelles nous avons en partie répondu, notre réponse étant annexée au rapport de 2009. Il s’agissait principalement de la difficile articulation entre d’un côté les philosophes, philologues et historiens des sciences, qui avaient en partie l’habitude de travailler ensemble, de l’autre les linguistes. La fusion, qui n’avait été demandée ni par les uns, ni par les autres, trouvait sa logique dans des objets communs, le langage, la forme et le sens, bien que les approches et les méthodes étaient à l’évidence le plus souvent fort différentes. Dans cette situation, la politique scientifique du laboratoire a été de maintenir et de soutenir la recherche disciplinaire spécialisée, chacun continuant évidemment la recherche engagée, tout en favorisant autant que possible les rencontres et collaborations. Les changements sont forcément lents lorsqu’on fait de la recherche, notamment dans le champ du pluridisciplinaire. Or après cette première expérience, et malgré les difficultés, il faut reconnaître que l'association entre chercheurs de nos différentes disciplines semble n'avoir produit que des effets positifs, ce qui n'est pas négligeable. Aucune recherche proprement disciplinaire n’en a pâti, en revanche de nombreuses collaborations ont vu le jour. On peut regretter qu’elles ne soient pas encore assez nombreuses, mais encore une fois, le temps de la recherche n’est pas celui des regroupements fonctionnels. De ce point de vue, il est légitime d'éprouver de la méfiance à l'égard des modèles abstraitement simples, comme celui d'un projet fédérateur unique qui légitimerait l'existence du laboratoire. C’est dans le travail quotidien, les rencontres établies par une fréquentation régulière, les séminaires, journées d’étude et colloques communs que se sont nouées des relations. Et pour cela il a fallu le temps, qu’un projet fédérateur initial ne pouvait mettre en œuvre abstraitement. C’est de cette approche complexe que veut tenir compte, après ce quadriennal, la stratégie du laboratoire pour les années à venir (ci-dessous, 4).

 

On attirera l’attention plus bas, dans la rubrique « réalisations de l’unité », sur ce qui a été accompli au plan pluridisciplinaire,  mais on peut d’ores et déjà signaler :

- les séminaires transversaux (voir annexe 7).. Parmi ces séminaires, on signalera plus particulièrement ceux qui ont uni des axes divers au sein du laboratoire (philosophes, philologues, linguistes) : SEM. 33, 38, 56, 57, 60. On relèvera en particulier dès 2008 un séminaire autour de la question de la traduction, puis, en 2010, de l’interprétation, ensuite deux séminaires « Dire le temps », et enfin le séminaire actuel (2012-2013) sur l’interface entre la sémantique et la pragmatique (SEM.60).

- Les colloques  et journées d’étude pluridisciplinaires : COLL.05, 07 ; JE.01, 02, 11, 12, 18, 38, 39, 44, 59

- La revue Methodos, qui couvre les activités des axes B, C et D (annexe 6).

- La création d’une collection « Philosophie et linguistique » (annexe 62.8.) aux Presses Universitaires du Septentrion.

 

La politique scientifique de soutien à la recherche disciplinaire et pluridisciplinaire a privilégié:

 

-          les actions en faveur des doctorants, notamment dans le cadre de la formation par la recherche et la mobilité (soutien aux activités de séminaires, groupes de travail et journées d’étude, soutien à la mobilité nationale et internationale). Relativement à notre mission de formation des jeunes chercheurs, nous avons mis en place et poursuivi une politique volontariste améliorant non seulement la formation, mais en augmentant les soutiens financiers et les bureaux qui leurs sont dédiés (nous sommes passés de 12 à 18 postes réservés). Les doctorants ont eu la possibilité d’organiser eux-mêmes journées d’étude et colloques ; ils ont animé en co-responsabilité des séminaires, tant au sein du laboratoire qu’à la MESHS. En philosophie, et avec le soutien de l’école doctorale, nous avons mis sur pied un séminaire transfrontalier de formation des doctorants en commun avec les doctorants de philosophie des universités belges francophones (voir annexe 7-2 p. 206). La directrice-adjointe, Dany Amiot, est, depuis 2011, plus spécifiquement en charge de ce qui concerne le doctorat.

-          Le soutien aux projets fédérateurs et structurants, que ce soit au sein des axes ou entre les axes. C’est ainsi que nous avons mis en place depuis 2012, au sein du laboratoire, l’Université ayant cessé d’attribuer un BQR, une procédure de sélection de projets allant dans ce sens et portant jusqu’à 10% du budget université du laboratoire. Trois projets, impliquant à chaque fois plusieurs membres du laboratoire, en linguistique et en logique, ont été soutenus en 2012 (en moyenne à hauteur de 2000 €), un en 2013 à hauteur de 4000 €.

-          La poursuite de la constitution systématique d’un fonds de livres dans nos bibliothèques, plus particulièrement en philologie grecque. C’est en grande partie grâce à cela et à la politique concertée avec la Bibliothèque des Sciences de l’Antiquité et la Bibliothèque Universitaire, que le fonds de philologie de la bibliothèque de STL compte parmi les meilleurs en France dans ce domaine.

-          Le soutien pour répondre aux différents appels à projets, l’une de nos gestionnaires administrative et financière, Emmanuelle Jablonski, ayant pour activité principale la veille en matière de projets, l’aide au montage et la gestion des projets acceptés (voir annexe 6-2.1, et annexe 8-2 pour les projets déposés non financés ainsi que annexe 8-3 pour les projets déposés en 2013).

-          La valorisation : nous avons nommé un responsable valorisation et relation avec les entreprises (A. Balvet), et nous avons obtenu des premiers résultats qui, outre notre labellisation CREST, nous ont entre autres permis d’accueillir une doctorante en convention CIFRE (voir infra 1.4.2). Un projet ANR relatif à ces questions de valorisation avec le monde extra-académique a été déposé en 2013 (projet université-entreprises porté par A. Balvet). Par ailleurs, dans le but de rendre plus visibles les activités de l’UMR, nous avons mis en place, à côté du site web déjà existant, un site web dynamique, sur Hypothèses.org (http://stl.hypotheses.org/) et créé une « collection » STL sur le portail HAL-SHS. Voir § 1.3.3. infra.

-          La publication : là aussi, nous avons désigné un responsable (B. Joly) chargé de coordonner nos efforts en vue de la publication électronique.

 

1.2.Profil d’activités

 

Il est évidemment très difficile de parvenir à un décompte précis des parts d’activité de recherche dans le champ des SHS. Cela est variable suivant les disciplines et spécialités, et donc suivant les axes et thématiques. Le temps consacré à la recherche est difficilement quantifiable, et très variable suivant les individus. Aussi est-il difficile de donner un descriptif fiable du profil d’activités. Disons que, comme cela est courant dans nos disciplines, dans le cadre des activités du laboratoire, c’est la recherche académique qui est l’activité principale. Pour ce qui est de la formation par la recherche, qui peut se mesurer par l’animation de séminaires et le suivi des thèses, il est également variable. Pour les EC normalement engagés, cela représente sans doute 10-20% de leur temps de recherche. Concernant l’appui à la recherche, cela va du directeur, qui y consacre près de 80% de son temps, aux différents responsables (en moyenne 10%). Enfin, concernant les interactions avec l’environnement social, économique et culturel, les plus engagés (notamment en linguistique [voir plus bas « valorisation »]) y consacrent près de 80% de leur temps, alors que cette mission est quasiment inexistante pour d’autres.

 

Recherche académique

 

50%

Interactions avec l’environnement social, économique et culturel

10%

Appui à la recherche

 

15%

Formation par la recherche

 

25%

 

 

1.3.Organisation et vie de l’unité de recherche

 

1.3.1.      Structuration de l’unité

 

L’UMR est actuellement structurée selon 4 axes, qui comptent chacun plusieurs thématiques (entre parenthèses, les responsables des axes et thématiques au 30 juin 2013):

 

Axe A. Syntaxe, Interprétation, Lexique, Acquisition (I. Depraetere)

Thématique 1 : Lexique (N. Grabar)

Thématique 2 : Syntaxe et sémantique de la phrase, du syntagme verbal et du syntagme nominal (F. Tayalati)

Thématique 3 : Discours, oralité(s), gestualité(s) (C. Auran)

Thématique 4 : Acquisition et didactique des langues (S. Benazzo)

 

Axe B. Formes et interprétations des discours de l'Antiquité grecque et latine (R. Webb)

Thématique 1 : Formes, pratiques et production poétiques et discursives de l’Antiquité (A. De Crémoux)

Thématique 2 : Les discours théoriques de l'Antiquité, leur appropriation et leur développement dans les pays d’Islam, au Moyen Âge latin et dans l'humanisme de la Renaissance : argumentation, tradition (M. Crubellier)

 

Axe C. Concepts et pratiques philosophiques (S. Rahman)

Thématique 1 : Ethique, droit et société (P. Canivez)

Thématique 2 : Langage et interprétation : phénoménologie, herméneutique (Ch. Berner)

Thématique 3 : Arts et littératures : pratiques, critique, théories (B. Sève)

Thématique 4 : Logique, connaissance et argumentation (S. Rahman)

 

Axe D. Différenciations et mutations des savoirs (Ph. Hamou)

Thématique 1 : Science et philosophie à l’âge classique (M. Parmentier et A.-L. Rey)

Thématique 2 : Différenciations et mutations dans les sciences modernes et contemporaines (A. Barberousse)

Thématique 3 : Savoirs et pratiques de pensée : la philosophie française contemporaine (Ph. Sabot)

 

 

Comme évoqué plus haut, cette structure est encore à l’image de la fusion. Le projet pour le prochain quinquennal a conduit à une restructuration importante, dont la logique est expliquée plus bas (voir infra 4. « Stratégie et perspectives scientifiques »). Chaque axe est dirigé par un responsable nommé par le directeur et membre de droit du conseil de laboratoire. Chaque thématique a elle aussi un ou deux responsables.

 

1.3.2.      Moyens humains et matériels

 

Les effectifs de l’UMR STL sont restés globalement stables durant ce quadriennal. Il faut noter toutefois une hausse du nombre des linguistes ; nous avons par ailleurs perdu un poste de chercheur CNRS et ½ poste d’IR.

 

 

Arrivées et départs :

 

Personnels ITA/BIATOSS :

Le début du quadriennal a été marqué par le départ à la retraite de Danièle Monseur, AI en gestion administrative et financière, en février 2010. Elle n’a pas pu être immédiatement remplacée. L’Université nous a accordé un demi-poste, qui a été occupé par Mme Hélène Colnot. Le CNRS a ouvert le poste d’abord à la mutation, puis au concours externe, ce qui a permis de recruter, en décembre 2011, M. Justin Duquesnoy comme AI en gestion administrative et financière. Les effectifs restent ainsi stabilisés de ce côté.

Nous avons en revanche perdu un demi-poste d’IR en analyse de sources (poste CNRS partagé avec l’UMR HALMA-IPEL), Myriam Hecquet-Devienne ayant été intégrée comme maître de conférences à l’Université Lille 2. Notre demande d’IE en édition électronique, formulée conjointement avec HALMA-IPEL en remplacement de ce poste, n’a pas pu être honorée, ce qui met sérieusement en péril la politique scientifique de soutien à l’édition mise en œuvre. A terme, cela risque de mettre également en difficulté la réalisation de la revue Methodos, dont s’occupe actuellement Florence Thill, qui partira en retraite en mai 2014.  D’autres difficultés sont d’ailleurs à prévoir à la suite de ce départ, du fait du caractère « multifonctions » du poste actuel de Florence Thill, qui, outre le secrétariat de rédaction de Methodos, assure à la fois la responsabilité administrative de l’UMR et toute la partie valorisation, notamment via le site web et les divers carnets de recherche mis en place ces dernières années (voir § I.3.3., infra). Une demande en vue du remplacement de Florence Thill a été fortement priorisée par le laboratoire dans le cadre de la campagne de demande de moyens dans DIALOG. Des échanges ont d’ores et déjà eu lieu avec le service des RH de la délégation régionale du CNRS afin de définir au mieux le profil du poste à pourvoir en fonction des besoins spécifiques du laboratoire (liés à des missions et des compétences dans l’ordre de l’administration – gestion et pilotage – et de la valorisation).

 

L’équipe ITA/BIATOSS est donc composée actuellement de (voir Annexe 4 organigramme) :

·         Florence Thill (IE1C CNRS) responsable administrative ayant en charge la valorisation de la recherche, la communication, le site web et les carnets de recherche de STL. Elle est également secrétaire de rédaction de la revue Methodos, responsable des publications électroniques, correspondante IST, correspondante RH et en charge de Labintel ;

·         Justin Duquesnoy (AI CNRS), qui a en charge la gestion du budget CNRS, veille à l’organisation et à la gestion des colloques et journées d’étude ;

·         Emmanuelle Jablonski (AI CNRS), qui s’occupe des contrats et programmes de recherche, du montage des projets à leur suivi, y compris des manifestations scientifiques auxquelles ces projets donnent lieu. Elle s’occupe également du GDRI (qui avait été précédé par un GDR) ;

·         Marie-Christine Ismaiel (adj. adm. Lille 3), qui gère le budget Lille 3, veille aux missions des enseignants-chercheurs, organise les soutenances de thèse et d’HDR, les séminaires et des journées d’étude. Elle a eu en charge, au cours du contrat, un compte IUF ;

·         Isabelle Rivière (AST Lille 1, ½ temps), qui est en charge du secrétariat STL à Lille 1 ;

·         Caroline Taillez (AI CNRS), qui est bibliothécaire ayant en charge l’ensemble de nos fonds de bibliothèques, réunis depuis 2013 (mais jusqu’ici dispersés sur 5 sites) ;

·         Edouard Neidenberger (AI CNRS), qui est informaticien et s’occupe de l’ensemble du parc informatique, est ACMO du laboratoire et correspondant sécurité SST.

 

Enseignants chercheurs :

Entre 2008 et 2013 (juin), les effectifs ont été relativement stables :

 

Sorties (-20) :

-          5 PR et 3 MCF de linguistique ; 1 MCF en philologie et 1 MCF en histoire des sciences ont quitté le laboratoire, 1 PR en philosophie moderne et histoire des sciences ainsi qu’1 PR de philosophie (F. Worms) qui a rejoint un autre laboratoire (comme préconisé lors du dernier rapport AERES 2009).

-          8 départs à la retraite (dont 3 linguistes).

                                    

Entrées (+22) :

-          12 MCF en linguistique, 4 PR en linguistique ; 1 PR et 1 MCF en philologie ancienne ; 1 MCF (logique), 2 PR en philosophie (1 en philosophie contemporaine, 1 en philosophie moderne et histoire des sciences) ; 1 PR en histoire et philosophie des sciences.

 

En janvier 2013, un EC titulaire de Lille 1 et deux émérites ont souhaité quitter l’UMR pour participer à la création d’une équipe émergente à Lille 1, « Scité », dont les thématiques pouvaient au départ sembler proches de certaines orientations de STL. Des discussions ont eu lieu avec Lille 1 (Vice-présidence recherche notamment) afin de définir les conditions d’une complémentarité entre les recherches menées dans le cadre de cette équipe émergente et les recherches en histoire et philosophie des sciences conduites à STL. C’est en réalité sur le versant de la médiation scientifique (boutiques de sciences, la « main à la pâte »…) que semblent s’orienter désormais pour l’essentiel les activités de « Scité ».

 

Le laboratoire compte donc 3 titulaires en activité supplémentaires par rapport à 2008. Concernant les capacités d’encadrement doctoral, le nombre d’EC HDR a légèrement augmenté, puisqu’il est passé de 26 en 2008 à 30 en 2013 (11 membres du laboratoire ont soutenu leur HDR durant la période).

 

On relèvera enfin que, entre 2008 et 2013, l’UMR a compté un membre junior IUF, que 7 EC ont bénéficié d’une PEDR et que 7 EC se sont vu attribuer la PES.

 

Chercheurs CNRS :

Entre 2008 et 2013, trois chercheurs CNRS ont quitté le laboratoire pour rejoindre des unités parisiennes. Fabio Acerbi (CR1), en octobre 2012, pour le Centre Alexandre Koyré d’histoire des sciences et des techniques (UMR 8560), Catherine Darbo-Peschanski (DR2) pour le Laboratoire d’Anthropologie sociale (UMR 7130) en juin 2011, Pierre Cassou-Noguès (CR1) en février 2010 pour le REHSEIS.

Les demandes d’affiliation à notre laboratoire restent nombreuses au moment des candidatures (entre 15 et 20 chaque année, et souvent très bien placées à l’issue du concours), témoignant de l’attractivité de l’UMR, et nous avons pu recruter deux nouveaux chercheurs durant la période : Natalia Grabar, CR1 en sciences du langage et sciences de la communication, grâce à notre homologation par l’ISCC, en 2010 et Laurent Cesalli, CR1 en philosophie du langage, en 2011.

 

Doctorants :

Le nombre de doctorants a légèrement augmenté sur la période (71 en juin 2013, contre 61 au 1er octobre 2008) et compte toujours près d’un tiers d’étrangers, ce qui participe au rayonnement international de notre unité.

 

Chercheurs et doctorants invités et stagiaires, post-docs :

Nous avons reçu deux post-doctorants, Mme Lucie Barque, qui a travaillé en linguistique avec A. Balvet et R. Marin, ainsi que M. Camille Riquier, qui a travaillé sur l’éthique et la philosophie française avec F. Worms.

Entre 2008 et février 2013, nous avons reçu, ce qui est un signe de notre attractivité, 29 EC et C, dont 16 professeurs invités, ainsi que 11 doctorants stagiaires étrangers (pour le détail, voir annexe 6.2.7, p. 177s.).

 

Délégations : nous avons accueilli en délégation en 2011-2012 un EC de Paris 4 travaillant sur la philosophie allemande, Gilles Marmasse. Par ailleurs, 5 de nos enseignants-chercheurs ont pu bénéficier de délégations durant la période : Claudio Majolino, Anne Carlier, Rudy Loock, Alexandre Billon, Eléonore Le Jallé.

 

Subventions :

Les subventions de nos tutelles ont été globalement stables sur la période :

 

Dotations

CNRS

Lille 3

Lille 1

Total

2008

56000 + 4000

65960

non communiqué

125960

2009

57000

65960

non communiqué

122960

2010

58000

64500

8218

130718

2011

55000 + 9200

69500+9300

8900

151900

2012

50000

69500

11600

131100

2013

50000

72500

10966

133466

 

Concernant la répartition du budget, les graphiques ci-dessous illustrent l’utilisation du budget du laboratoire par poste pour chacune des années de la période. Les postes les plus importants sont les missions (C, EC et doctorants)  et les achats d’ouvrages.

L’aide à l’édition comprend des subventions à des ouvrages et des révisions de traductions. Les vacations correspondent essentiellement à l’ouverture du fonds de bibliothèque de linguistique. La rubrique « missions » correspond aux missions des membres, celles des invités sont comptabilisées dans la rubrique « JE/conf/coll/sémin ».

 

 

Les règles principales concernant la répartition du budget, accessibles sur l’intranet du laboratoire, sont les suivantes (voir plus haut, p. 2) :

- concernant nos bibliothèques, une politique d’achat de livres soutenue, notamment en philologie ancienne (voir plus bas, p. 20), est mise en œuvre ;

- la priorité est accordée au soutien aux doctorants (principalement pour les missions leur permettant de présenter des communications à des colloques et à des journées d’étude relevant de leur champ de spécialité) ;

 -un soutien à nos jeunes docteurs pour présenter des communications à des colloques et à des journées d’étude relevant de leur champ de spécialité, après examen des demandes et avis du conseil de laboratoire ;

- au-delà de 800 € de frais de mission pour un C ou EC, le conseil de laboratoire est systématiquement consulté ;

- soutien aux publications collectives après avis du conseil de laboratoire ;

- depuis la suppression du BQR à l’Université Lille 3, le laboratoire a décidé de mettre en place un système de subvention pour amorcer des projets et favoriser le travail en équipe. Les projets sont étudiés par le conseil de laboratoire et l’UMR y consacre 10% de la subvention Lille3 (3 projets soutenus entre 2012 et 2013) ;

- soutien aux colloques, journées d’étude et séminaire après examen par le conseil de laboratoire.

 

Budgets des programmes gérés par le laboratoire :

 

Le détail des budgets des différents contrats sont détaillés en annexe (cf. Annexe 6.2.1.). Ne sont pris en compte dans les budgets annuels que les versements reçus, et non les reports des budgets des années précédentes.

 

 

ANR (tous programmes compris)

Autres programmes

GDR (puis, à partir de 2011, GDRI)

Budget IUF

total

2008

50602

61061

7000

15000

65602

2009

110795,40

 

7000

15000

132795,40

2010

88360

3500

7000

15000

110360

2011

97166,29

 

15000

15000

127166,29

2012

69216,91

5250

14250

15000

103716,91

2013 (janv. à juin)

 

17687

6000

 

23687

 

Hébergement :

 

Les locaux actuels de l’UMR ont été aménagés au moment de la création de STL, notamment pour regrouper l’ensemble de l’administration en un lieu unique. Des salles et bureaux ont été mis à disposition des chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants. Durant ce quadriennal, l’UMR a continué à soutenir le travail de recherche sur place, seul capable de développer de véritables dynamiques de collaboration et crucial pour le développement de la recherche des jeunes chercheurs et doctorants. Cela a évidemment exigé des investissements lourds pour créer et maintenir une réelle infrastructure (informatique, documentation, constitution de corpus, locaux banalisés etc.) et des dépenses accrues en consommables.

Depuis la dernière visite, il faut noter des progrès significatifs allant dans le sens des préconisations de l’AERES. Nous avons pu ajouter une nouvelle salle de doctorants, portant ainsi à 18 le nombre de postes disponibles, que nous réservons à ceux qui sont régulièrement sur place. Nous avons pu installer, avec le soutien de l’Université et du CNRS, une salle qui sert de salle de réunion et de séminaire. Cette salle est dotée d’un « tableau blanc interactif » intégrant un vidéo-projecteur. Les séminaires qui ont lieu dans cette salle ne sont pas exclusivement ceux du laboratoire, puisqu’elle accueille également ceux des masters adossés au laboratoire. De la sorte, les étudiants sont familiarisés avec nos locaux. Enfin, l’Université a entrepris au printemps 2013 des travaux qui nous ont permis de réunir depuis juillet 2013 nos bibliothèques qui étaient jusque-là dispersées sur 4 sites à Lille 3 (la bibliothèque d’histoire des sciences subsistera à Lille 1). Grâce à ce dernier aménagement, non seulement les livres sont désormais également accessibles à tous, mais cette « bibliothèque de STL » (http://stl.recherche.univ-lille3.fr/bibliotheque/Bibliothequeaccueil.html), animée par notre bibliothécaire CNRS, Caroline Taillez, a vocation à devenir un lieu de rencontre où se croiseront philologues, linguistes, philosophes et historiens des sciences, doctorants et (enseignants-)chercheurs : nous en attendons donc, en termes de vie de laboratoire, un effet d’intégration supplémentaire.

 

 

1.3.3.      Instances de pilotage

 

La direction du laboratoire consulte régulièrement le conseil de laboratoire (en moyenne une fois par mois). Ce dernier émet un avis sur toutes les questions relatives à la politique scientifique, à la gestion des ressources, à l’organisation et au fonctionnement de l’unité. Le conseil de laboratoire est aussi en charge de la composition des comités de sélection et de l’élaboration des profils « recherche » des postes à pourvoir. Il est composé de 15 membres : 6 membres de droit (directeur, directeur-adjoint et responsables des 4 axes) et 9 membres élus (2 ITA, 2 doctorants, 5 chercheurs/enseignants-chercheurs). Une assemblée générale, qui comprend tous les personnels de l’Unité, est réunie au moins une fois par an, en juin. Elle a été toutefois réunie régulièrement entre 2012 et 2013 pour la préparation du présent rapport quadriennal et notamment l’élaboration de la stratégie et des perspectives scientifiques du laboratoire (voir infra, 4.).

Concernant la gestion, le conseil de laboratoire est consulté pour décider des grandes lignes de l’affectation des crédits, notamment pour l’achat du matériel et les dépenses exceptionnelles. Un comité de stratégie budgétaire a préparé les décisions (il est composé de cinq membres désignés par le conseil de laboratoire). Un tableau de prévision budgétaire, élaboré par Justin Duquesnoy et partagé par les gestionnaires et la direction, permet de tenir à jour la prévision des dépenses au regard des sommes restant disponibles.

Les responsables d’axes sont régulièrement consultés lorsque des questions se posent relativement à leurs domaines (expertises de projets, demandes d’accueil de stagiaires etc.).

 

Le site web et le carnet de recherche « STL-Actualités »

Le site web de l’UMR : http://stl.recherche.univ-lille3.fr/ a été créé en 2006 par Florence Thill, qui l’a développé et animé pendant ce quadriennal. Ce site plurifonctionnel, très complet et très fréquenté (on comptait en février 2013 plus de 165.000 connections depuis sa création), est tout à la fois :

- un espace de valorisation de la recherche des membres de l’équipe (présentation structurelle de l’UMR, de ses thématiques, de ses ressources documentaires, des thèses en cours, des formations de masters qui s’adossent à elle, de ses activités de recherche (séminaires, colloques…), des programmes de recherche auxquels participent ses membres ; mise en ligne régulière de textes inédits exposés lors de séminaires ou colloques donnant lieu à l’occasion à des forums de discussion ; sites web personnels régulièrement mis à jour pour les chercheurs (72 sites à ce jour) ; sites dédiés aux grands colloques internationaux organisés par l’équipe ; rapports de mission témoignant des relations internationales ; sites présentant les masters).

- Un lieu de mise à disposition d’outils pour les chercheurs. On y trouve un Intranet où sont recensées toutes les procédures administratives relatives à l’organisation des manifestations scientifiques, aux missions, au montage des projets et au fonctionnement de l’équipe en général. Figurent aussi dans cet espace tous les procès-verbaux des conseils de laboratoire ainsi qu’un relevé thématique des décisions de ce même conseil, de nombreux liens, périodiquement vérifiés, sur des sites web sélectionnés et classés, susceptibles d’intéresser les chercheurs de l’équipe, cinq bases de données (File Maker), les listes d’acquisition de la bibliothèque de l’UMR (mises à jour mensuelles).

Une version anglaise abrégée est disponible en ligne à partir de la page d’accueil.

-   Un outil de communication qui fonctionne comme un secrétariat virtuel où les informations concernant les activités sont mises à jour au quotidien.

Depuis 2011, Florence Thill a mis en place un site dynamique, sur Hypothèses.org (http://stl.hypotheses.org/), qui vient en complément du site web statique et qui présente, sous forme de brèves annonces, les activités des semaines à venir. Ce site, qui interagit avec le site statique, permet en outre de rendre plus directement accessibles, en les classant et les indexant, les informations concernant les principaux champs de recherche de l’UMR auxquelles il est dès lors possible d’accéder par grands champs thématiques. Sont ainsi annoncés, par grandes thématiques : les prochaines manifestations scientifiques, les appels à contributions pour colloques et pour revues, les prochaines séances de séminaires, les prochaines soutenances de thèses et d’HDR, les nouvelles parutions, les annonces des projets déposés, les recherches de partenaires pour des projets de recherche, les annonces de postes d’enseignants-chercheurs. Ce site permet en outre d’annoncer des événements qui ne relèvent pas directement des activités propres de l’UMR tout en étant connexes. Il comprend également un espace « Doctorants » où sont regroupées toutes les informations utiles concernant les études doctorales ; y sont annoncées également les soutenances ayant lieu dans l'année.

 

La « collection » STL sur le portail d’archives ouvertes HAL-SHS : http://halshs.archives-ouvertes.fr/STL/fr/

Lors de la création par le CNRS de la fonction de correspondant IST à l’intérieur des unités associées, STL a chargé Florence Thill de cette mission, d’autant qu’elle assurait déjà, depuis la fusion en 2006, l’entrée de toutes les données bibliographiques des membres de STL dans la base HAL-SHS, ainsi que la mise à jour régulière des données dans Labintel. Consciente de l’importance des dépôts de publications, - et à tout le moins des références bibliographiques accompagnées de résumés – dans cette base, l’UMR a adopté une politique d’incitation forte au dépôt par les chercheurs et EC eux-mêmes, tandis que Florence Thill demandait l’ouverture d’une « collection » STL sur le portail. Toutes regroupées sur ce site STL à l’intérieur du portail HAL-SHS, les publications des membres de l’UMR sont ainsi plus directement visibles et accessibles. Depuis 2013, cela se fait également par le biais de la base HAL-Lille3 – accessible à partir de l’ENT de chaque personnel de l’université (http://hal.univ-lille3.fr/).

 

1.3.4.      Hygiène et sécurité

 

Edouard Neidenberger, notre informaticien, a repris la fonction d’ACMO-CoHS après le départ de Danièle Monseur et a suivi les formations correspondantes (ACMO, SST [Sauveteur Secouriste du Travail], habilitation électrique). Il est actuellement notre assistant de prévention. E. Neidenberger assure par ailleurs aussi la sécurité informatique. 

 

1.4. Faits marquants

 

Nous avons décidé, en termes de faits marquants, de retenir non pas des colloques ou des publications, dont l’importance, tant au niveau de la qualité scientifique que du rayonnement international, est incontestable, mais des événements collectifs nouveaux qui ont contribué et contribuent à la structuration du laboratoire et en marquent l’orientation actuelle.

 

1.4.1          Participation au projet ADA, « Argumenter, décider, agir »

 

L’un des faits marquants a été le très fort engagement de l’unité dans le projet ADA (« argumenter, décider, agir » ; voir annexe 6.2.4, p. 166) coordonné par la MESHS (http://ada.meshs.fr/page.php?r=1&id=1&lang=fr) et réunissant actuellement 19 laboratoires. L’UMR STL a été dès le départ très profondément impliquée dans ce projet. Des membres de l’axe B (F. Blaise, M. Crubellier, R. Webb) et C (S. Rahman, P. Canivez), ont très activement participé à son élaboration scientifique, et pas moins de 23 EC avaient alors, en 2010, manifesté leur volonté d’implication. Une ouverture sur les formes moins strictement logiques ou quasi-logiques a permis d’inclure le travail qui se fait sur l'argumentation en poésie (F. Blaise, A. de Crémoux, D. Francobandiera) et sur la rhétorique (R. Webb). Dans l’axe C, S. Rahman et les logiciens, P. Canivez et la pensée éthique et politique (notamment la réflexion sur les compromis), F. Worms, Ph. Sabot, E. Le Jallé en éthique, notamment en éthique médicale et du vivant, Ch. Berner et l’interprétation, dans l’axe D, A.-L. Rey et l’analyse des controverses scientifiques, A. Barberousse relativement à l’interprétation des théories scientifiques, inscrivent des recherches dans le cadre du programme. Dans ce contexte, le laboratoire a d’ailleurs obtenu plusieurs soutiens à des projets partenariaux (par ex. S. Rahman et A.-L. Rey). Le labex n’a finalement pas été retenu comme tel par le Ministère, mais le projet  reste un programme MESHS, fortement soutenu par le CNRS, la région, la LCMU et l’Université Lille 3. S. Rahman en est le directeur scientifique et a créé chez Springer une collection dédiée (Logic, Argumentation & Reasoning, dirigée par S. Rahman et L. Keiff, avec la participation explicitement mentionnée de l'UMR –STL : http://www.springer.com/series/11547).

 

En s’engageant dans ce projet, le laboratoire décidait par ailleurs de créer un axe transversal structurant « ADA », qui implique toutes les dimensions du projet et affirme sa vocation transdisciplinaire (voir plus bas : 4. Stratégie et perspectives scientifiques). D’ores et déjà, ADA a permis de mettre en place le réseau « langage, argumentation, cognition dans les traditions orales » (LACTO) (voir annexe 6.2.3.1). Bref, il s’agit d’une dimension de collaboration internationale et structurante pour le laboratoire. C’est dans ce contexte également que le laboratoire a, grâce à S. Rahman, obtenu un projet ANR franco-allemand (JuriLog : http://jurilog.meshs.fr/) (voir annexe 6.2.1., p. 157).

 

1.4.2.        Valorisation en linguistique

 

Durant ce quadriennal, la valorisation en linguistique a connu un essor que nous présentons parmi les faits marquants, car elle témoigne du dynamisme de l’ouverture sur le monde socio-économique. Au cours du précédent quadriennal, les actions de valorisation ont essentiellement consisté en l'obtention du label CREST (Centre de Ressource et d'Expertise Scientifique et Technique), décerné par la région, pour les thématiques : linguistique informatique, linguistique de corpus, traduction, lexicographie et modèles logiques avancés. Ce label avait pu être obtenu grâce, notamment, à la mobilisation d’Ilse Depraetere, de Shahid Rahman, de Nathalie Gasiglia, de Rafael Marín et d’Antonio Balvet. Reconduit tacitement, il assure une certaine visibilité du laboratoire, dans la mesure où STL figure dans une base de données nationale des CREST.

                Depuis, STL est de plus en plus impliquée dans des projets qui ont une finalité applicative. Notons d’abord le domaine de la traduction spécialisée (JE 01, 06 et 13 organisées par I. Depraetere et impliquant de nombreux professionnels du domaine ; publication A.681, Perspectives on translation quality) où s’est développée la collaboration avec les acteurs du marché de la traduction pour les recherches qui relèvent du domaine de la 'traduction et qualité' et de la 'post-édition' (I. Depraetere) ainsi qu’avec des sociétés dont les projets relèvent du domaine de TAL/lexique (N. Gasiglia) - les deux derniers points se traduisent également au niveau des enseignements en Master LTTAC et TSM.

                Par l’intermédiaire de son responsable valorisation, A. Balvet, STL était présent à des salons professionnels destinés aux entreprises innovantes et à la R&D, tels que « Créer » (2008) et « innov'embre », au forum LT-Innovate à Bruxelles (juin 2012).

En matière de valorisation, on signalera tout particulièrement :

·         en juillet-septembre 2012, la Prestation Technologie Réseau (PTR) OSÉO SÉMOTEUR, UMR STL/SAS Ergonotics, dont A. Balvet et R. Marín ont été les coordinateurs scientifiques, avec le concours de deux doctorantes, Aurélie Merlo et Edwige Dugas. L'objet de cette prestation de service était une « Étude de faisabilité portant sur les ressources lexicales électroniques existantes ». Pilotée par le Fonds Régional de l'innovation, elle a donné lieu à financement conjoint par le Conseil Régional et Oseo à hauteur de 12 000 euros.

·         en 2012, l’accueil en convention CIFRE d'Aurélie Merlo (jusqu’en 2015), encadrée par G. Dal et F. Namer, au sein de la SAS Ergonotics.

 

 

 

1.4.3.        Recrutements CNRS

 

Deux recrutements de chercheurs CNRS peuvent sans aucun doute être comptés parmi les faits marquants de ce quadriennal. En effet, tous deux ont eu un résultat structurant et sont à l’origine d’une dynamique nouvelle impliquant des membres de l’Unité:

N. Grabar, CR1 en linguistique, qui a rejoint l’UMR STL notamment en raison de son homologation par l’ISCC (Dominique Wolton) est spécialiste en TAL. A l’origine de nombreux projets, le plus souvent acceptés, N. Grabar a su y intégrer un nombre important de linguistes de STL. Le rôle de N. Grabar est toujours moteur dans ces projets, qu’elle en soit porteur ou non (voir entre autres les projets RAVEL, REACH, DICO-Risk, CoMeTe [Annexe 6-2,.]). Elle noue également des relations privilégiées avec d’autres laboratoires de Lille 3, en particulier avec le laboratoire URECA (Unité de Recherche en sciences Cognitives et Affectives, EA 1059, Lille 3) et le LIFL (Laboratoire d'Informatique Fondamentale de Lille, UMR 8022, Lille 1 et Lille 3 & INRIA). Un projet interlaboratoire vient d’être validé par le conseil scientifique de Lille 3 qui attribue 3000€ pour une recherche conjointe sur l’ « Amélioration de la gestion du risque médicamenteux » (co-responsable : Rémi Gilleron).

L. Cesalli, CR1 en philosophie, est un chercheur d’une qualité scientifique exceptionnelle, spécialisé en philosophie du langage, qu’elle soit médiévale ou relevant des débuts de la phénoménologie. Ses recherches couvrent les perspectives de philosophes, philologues et linguistes. Les séminaires qu’il a animés, « Dire et vouloir dire » (SEM 36) ou « Figures du signe de l’Antiquité à l’Âge classique » (SEM 38) (voir annexe 7, p. 203), ont permis la rencontre féconde de linguistes, philosophes, historiens de la philosophie (notamment de philosophie classique et du Moyen Age). A noter qu’un prochain numéro de la revue Methodos (14/2014) sera consacrée à « Dire et vouloir dire dans les philosophies du langage médiévale et contemporaine » et assurera ainsi la visibilité de ces recherches à forte teneur interdisciplinaire.

 

 

2.           Réalisations de l’Unité

 

2.1. Remarque préliminaire

 

Les annexes de ce rapport présentent la production 2008-2013 et nous y renvoyons dans ces pages. Par souci de clarté, nous avons distingué le bilan exhaustif 2008-2012 (annexes 6 et 7), qui représente un quinquennal plein bien qu’il dût au départ s’agir d’un quadriennal, et une annexe (annexe 8) couvrant la période allant de janvier à juin 2013 qui se trouve à la suite des annexes 6 (réalisations) et 7 (formation) et est elle-même suivie d’une liste des derniers projets déposés en 2013. Notre analyse s’attache à la période allant de janvier 2008 à décembre 2012. Nous faisons précéder la présentation par thématiques de remarques générales.

 

Concernant les réalisations de l’unité, nous désirons attirer l’attention sur un certain nombre de faits observables qui apparaissent dans les annexes (en particulier 6 et 7). Nous nous limiterons à quelques remarques d’ensemble relatives à l’interprétation de ces données.


 

2.1.1.        Production scientifique

 

L’annexe 6-1 donne le détail de la production scientifique des cinq dernières années en suivant la classification préconisée par l’AERES, répartie par axes (annexe 6.1, p. 9-151). Pour donner un ordre d’idée de l’intense production du laboratoire, nous pouvons présenter le tableau suivant (période 2008-2012) :

 

 

Nombre membres [émérites compris]

(+ doctorants)

Total

(toutes catégories)

Articles dans revues à comité de lecture

(ACL+ACLN)

Chapitres dans ouvrages ou actes de colloques

(OS2+OS1b+ACTI+ACTN)

Direction ouvrages

 

Ouvrages

scientifiques

+éditions critiques

+ouvrages synthèse

Communications et conférences non (encore) publiées

(Inv+COM+C+AFF)

Autres

Public.

(PT+AP+OS4+ASCL+OR+PV)

Axe A

43 (+21)

833

123

200

24

5

442

39

Axe B

14 (+9)

396

42

83

10

16

179

66

Axe C

10 (+29)

579

82

88

22

20

335

32

Axe D

9 (+20)

447

61

74

15

28

239

30

Total

76 (+79)

2255

308

445

71

69

1195

167

 

On notera une progression significative de la production par rapport au quadriennal précédent. Pour la période allant de janvier 2005 à juillet 2008 (soit 43 mois), on comptait ainsi, toutes catégories cumulées, 429 publications, de janvier 2008 à décembre 2012, 860 (pour 60 mois). On passe ainsi de 9,9 par mois pour l’ancien quadriennal à 14,4 par mois pour l’actuel (avec un potentiel de publiants sensiblement équivalent : il y avait en effet au 1er octobre 2008 61 EC, 5 CR titulaires et 10 émérites, pour 62 EC, 4 CR titulaires et 6 émérites actuellement ; les doctorants étaient par contre moins nombreux au début du contrat : 61 contre 71 actuellement). Pour ce quadriennal, 51 publications sont le fait des doctorants. La progression concerne également la qualité des publications, puisqu’il y avait 170 articles dans des revues à comité de lecture en 2008 contre 308 fin 2012 (on passe ainsi de 4,2 à 5 par mois). Pour ce qui est des communications, il y en avait 428 pour le quadriennal précédent, 1342 pour ce quadriennal. Suivant la même règle de calcul proportionnel que plus haut, cela donne 11,8 communications par mois pour l’ancien quadriennal, 22,3 pour le nouveau. C’est là le reflet tant de l’intensification de la recherche que du rayonnement du travail des membres du laboratoire qui sont invités dans des manifestations nationales et internationales.

 

2.1.2.        Rayonnement et attractivité académiques

 

a. Participation à des projets de recherche collaboratifs nationaux et internationaux

 

On commencera par relever la participation aux projets de recherche collaboratifs, nationaux et internationaux. D’abord, les membres du laboratoire ont été porteurs de trois projets ANR, l’ANR Jeunes chercheurs NOMAGE (Rafael Marin), l’ANR blanc ALGO (F. Acerbi) et l’ANR franco-allemand JURILOG (S. Rahman ; programme co-coordonné par la MESHS). Par ailleurs, le laboratoire a été partenaire de 12 autres projets ANR.

L’annexe 6.2. donne la liste intégrale de ces projets, beaucoup plus nombreux que lors du précédent quadriennal.

L’annexe 8-2 donne la liste des projets (36) qui ont été déposés, mais qui n’ont pas bénéficié d’un financement ; l’annexe 8-3 présente l’ensemble des projets (15) déposés entre janvier et juin 2013.

On signalera également les collaborations, nationales et internationales, au niveau des laboratoires et universités (annexe 6.2.2 : 49 items).

On doit relever enfin la participation forte de l’UMR aux programmes « Investissements d’avenir » (Annexe 6.2.4). Il a été question plus haut du projet ADA parmi les faits marquants, et la présence de membres de l’UMR y était particulièrement importante. Mais il faut souligner aussi la participation à cinq autres initiatives, parmi lesquelles on signalera l’Equipex DILOH (Digital Library for Open Humanities) et surtout l’Equipex IrDIVE qui a mobilisé cinq membres de notre équipe (Annexe 6.2.4, p. 169).

 

Le tableau ci-dessous synthétise les projets et réseaux internationaux de STL durant la période 2008-2013 :

 

 


Porteur du projet

Partenaire (s) étranger(s)

Nom

Thématique(s)

Type de projet

Financement

Date de début

Date de fin

Rafael Marin

Univ. Osnabrück, Univ. Pompeu Fabra Barcelone

NOMAGE

Linguistique

ANR Jeune chercheur

ANR
110,000 €

22/10/2007

21/10/2010

Shahid Rahman

Universiteit van Amsterdam
Mlle Dutilh Novaes Catarina

DDAHL

Philosophie. Logique

PHC VAN GOGH

MAE
3.500 € pour 2010

01/01/2010

31/12/2010

Shahid Rahman

Universität Konstanz (Matthias Armgardt) ; Univ. Köln (Klaus Luig)

JuriLog

Philosophie. Logique

ANR franco-allemand

ANR
210,000 € pour STL

01/04/2012

31/10/2015

Natalia Grabar

(coord.: Laura Maxim UPS3088)

Utrecht University ; University of California San Diego

DICO-Risk

Linguistique

PNRPE 2010

Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement

17.500 € pour STL

14/11/2011

13/11/2014

Sandra Benazzo
(coord : Hickmann

UMR 7023 SFL)

Max-Planck Institut für Psycholinguistik
Mme Dimroth C.
Ruprecht-Karls-Universität Heidelberg
Mme Von Stutterheim C.

LANGACROSS 2

Linguistique, acquisition du langage, cognition

ANR franco-allemand

ANR
58.689 €

 

01.04/2012

31/03/2015

Patrice Canivez

14 pays d’Europe centrale et orientale : Albanie, Bulgarie, Croatie, Grèce, Hongrie, Kosovo, Macédoine, Moldavie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie.

Réseau OFFRES

Philosophie Ethique, droit et société ; pouvoir et vie ; textes, genres, interprétation

 

Réseau de recherche et formation à la recherche en philosophie et sciences humaines

MEN et MAE, AUF, Universités et gouvernements étrangers partenaires, "Association Les Amis d'Eric Weil

Réseau actif depuis septembre 2001

En cours

Fabienne Blaise,

Anne de Crémoux

Universités Cornell, Harvard, Princeton, Lausanne et EHESS,

CorHaLi

Philologie

Poésie grecque 

Réseau thématique de recherche et de formation à la recherche

Financement STL

Réseau actif depuis 1991

En cours

Christian Berner

Universités de Vérone, Macerata, Zurich, Budapest, ULB, Facultés universitaires Saint Louis, Lausanne, Neuchâtel, Lyon 3, Bourgogne, Poitiers, Institut Catholique de Paris

HERMI

Philosophie.

« Herméneutique, mythe, image »

Réseau thématique de recherche et de formation à la recherche

Financement STL

Réseau actif depuis 1997

En cours

Shahid Rahman,

Christian Berner

Univ. de Brazaville, Univ. Catholique du Congo (Kinshasa), Univ. de Libreville, de Yaounde II, de Ouagadougou, de Lomé, UCAD (Dakar)

LACTO

Philosophie

Logique, langage, cognition

Réseau interdisciplinaire (Réseau-Afrique LACTO)

Financement STL (soutien MESHS ADA)

en cours de constitution

 

Shahid Rahman

Université de Londres : Peter Flügel

Projet « Débat, argumentation, théorie de la connaissance : L'apport philosophique de l'Inde classique »

Philosophie

Logique

Activité partenariale MESHS

Financement MESHS ADA

01/02/2012

30/11/2012

Marc Baratin

Université de Bologne ; Université Libre de Bruxelles.

 

 

 

CLARo

Le concept de littérarité dans l’Antiquité romaine, de la République à l’Antiquité tardive

GDRI

CNRS

01/2011

31/12/2012


b. Les revues de l’UMR

 

Deux revues sont directement rattachées à l’UMR, la revue Methodos (classée par l’AERES en philosophie sur la liste actualisée en 2012 [elle était déjà classée A par le CNRS en 35e section et B en 32e]), qui publie un numéro par an, et la revue Lexique (la liste des revues en sciences du langage n’a pas été actualisée ; classée C en 2008)(voir annexe 6.2.7.1,  p. 181). L’UMR héberge également des séries comme Silexicales (diffusée par le CEGES de Lille 3) ou les Cahiers de Logique et d’Épistémologie (dont il existe une version espagnole, les Cuadernos de Logica, Epistemologia y Lenguage).

 

c. Rôle de leader dans des réseaux

 

Dans les réseaux auxquels STL participe, l’unité joue un rôle important (voir annexe 6.2.3). Secrétaire du réseau HERMI dont elle est membre fondateur (par « Savoirs et textes »), STL a joué un rôle fondamental dans la constitution du réseau LACTO et sera, dans la perspective de dépôt d’un projet européen Intra ACP [Afrique, Caraïbes et Pacifique], « partenaire scientifique ». S’agissant du réseau OFFRES, il a été fondé à Lille et des membres de l’UMR (P. Canivez, A. Billon, Ph. Sabot, Sh. Rahman) y sont encore régulièrement impliqués. Quant aux GDR Ars scribendi, désormais achevé, et le GDRI CLARo, c’est également notre laboratoire, en la personne de M. Baratin, qui en assurait la direction.

 

c. Expertises internationales

 

On relèvera les nombreuses expertises internationales témoignant du rayonnement des membres du laboratoire (voir annexe 6.2.10), notamment pour l’ERC, le FNRS (Belgique), l’ANVUR (Italie), l’EUA (Europe) et toutes les expertises ponctuelles, sans parler des expertises nationales, notamment pour l’AERES et l’ANR). On relèvera aussi la participation de plusieurs membres du laboratoire à des comités nationaux de sections du CNRS (actuellement G. Dal, C. Patin, A.-L. Rey) et du CNU (Sh. Rahman, Ph. Hamou, E. Le Jallé, A.-Chr. Habbard, M. Baratin, A. Carlier), sans compter la participation aux comités de sélection tant en France qu’à l’étranger.

 

d. Enseignants –chercheurs et doctorants accueillis au sein de l’unité

 

Concernant le rayonnement, on rappellera ce qui a été signalé en 1.3.2., à savoir une augmentation des professeurs invités ainsi que des doctorants, post-doctorants et enseignants-chercheurs effectuant des stages au sein du laboratoire (voir annexe 6.2.7).

 

 

Enseignants-chercheurs

Doctorants

2008

1

 

2009

2

1

2010

6

1

2011

8

4

2012

8

5

 

e. Implication dans l’édition

 

Un facteur important pour mesurer le rayonnement du laboratoire est l’implication de ses membres dans l’activité éditoriale, qu’il s’agisse de revues ou de collections et séries chez des éditeurs scientifiques. Le détail en est donné dans l’annexe 6.2.8 (p. 181 s.). Nous avons déjà mentionné les revues de l’UMR. Concernant d’autres revues scientifiques, des membres du laboratoire exercent des responsabilités éditoriales importantes (éditeur, directeur, rédacteur en chef, rédacteur) dans cinq d’entre elles. Ils participent au comité de rédaction de 32 revues, dont 19 étrangères (les pays concernés étant les Pays-Bas, la Belgique, la Grande-Bretagne, le Brésil, le Portugal, le Sénégal, le Burkina-Faso, la Roumanie, la Suisse, les Etats-Unis…). Concernant les éditions scientifiques, les membres de l’UMR sont présents dans les comités scientifiques de 14 collections, tant en France qu’à l’étranger (Springer, Vrin, PUF, Garnier…). On relèvera la forte présence dans le comité d’édition de « Savoirs et systèmes de pensée », aux Presses Universitaires du Septentrion, où quatre collections sont dirigées par les membres de STL (« Cahiers de philologie », « Opuscules ϕ », « Philosophie », « Philosophie & linguistique »).

 

f. Organisation de colloques internationaux

 

L’UMR a organisé ou co-organisé 20 colloques internationaux sur la période, répartis dans chacun des axes, comptant parfois jusqu’à une centaine de participants. On relèvera ainsi (voir annexe 6.2.5) les colloques en l’honneur de Jean Bollack et de Philippe Rousseau (COLL. 03 et 19) ou liés au GDR et GDRI (COLL. 19, 14), ou encore sur le commentaire (COLL..11) en philologie. En linguistique, les colloques sur le geste et le signe (COLL. 06), la traduction (COLL.05) ou récemment le COLL.20 de l’association française de linguistique cognitive,

Par ailleurs, l’UMR a participé à l’organisation de colloques extérieurs à Lille, à Oxford (COLL.01), Paris (COLL. 04 ; 10 ; 14 ; 16), Arras (COLL.02), Lisbonne (COLL.08), Séville (COLL.09), Genève (COLL.15), Leuven (COLL. 18).

 

Cela dit, de nombreuses journées d’étude sur les 65 organisées sont elles aussi internationales et se rapprochent parfois de colloques. Elles n’en diffèrent que par le mode de financements, répartis le plus souvent entre le laboratoire et les participants. On citera ainsi, par exemple,  la JE 62 (« Identité et paradoxe »), les JE. 41 (Dilthey), les JE.35 sur G.-C. Rota, les JE 31 sur Nicolas Oresme, les JE 23 sur « l’acte fou », les journées Diego Lanza (JE.19) ; ou, en linguistique, cette fois, les journées « Traduction et qualité » (JE 13, 06), etc.

 

2.1.3. Interactions avec l’environnement social, économique, culturel

 

Diffusion et vulgarisation (annexe 6.3.2.)

Le laboratoire a, pendant la période, développé ses interactions dans le domaine de l’édition scientifique (voir plus bas, la place de STL dans le paysage de l’édition) et, plus particulièrement en linguistique, dans le domaine du TAL (voir, parmi les faits remarquables, ce qui relève de la valorisation – cf. supra 1.4.2).

Les membres du laboratoire, qu’ils soient EC, C ou doctorants, participent régulièrement à des manifestations scientifiques grand public (Cité-Philo, Printemps des SHS, jeunes chercheurs dans la ville, Fête de la science, Nuit des chercheurs, Rendez-vous d’Archimède…) et interviennent dans des médias (France-Culture, Magazine littéraire, Philosophie Magazine, le Daily Time [Pakistan]…)

 

Partenariats et expertises

Concernant les partenariats et expertises (annexe 6.3.3), dont il a déjà été question plus haut, il faut ajouter ceux qui sont liés à la pathologie du langage (Tran Thi Mai) (6.3., p. 193), les collaborations avec le CHRU de Lille, le CHU d’Amiens. D'autres projets de recherche impliquent également des partenaires industriels (VIDAL et MEDASYS dans le projet ANR RAVEL), le milieu médical (CHU de Rennes et CHU de Bordeaux dans le projet ANR RAVEL). Au titre des partenariats extra-académiques, il faut également mentionner ceux qui ont donné lieu aux expertises de P. Corbin et N. Gasiglia en matière de « normalisation française » (p. 194-195). Dans d’autres axes, comme par exemple l’axe C, il faut relever des collaborations serrées avec des institutions culturelles (Cité de la Musique, comédie de Béthune, Opéra national de Paris, Scène nationale « La Rose des vents », le LaM (« Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut »)…)

 

 

2.2. Description de l’activité par axes et thématiques

 

Axe A. Syntaxe, Interprétation, Lexique, Acquisition (resp. I. Depraetere) (voir annexe 6.1)

 

N.B. : Georgette Dal a été responsable de cet axe jusqu’en octobre 2012, où elle a été élue directrice de l’UFR « Humanités ».

 

L'axe A procède de l'ex-UMR SILEX, très réputée pour ses travaux en morphologie et en sémantique. Cet axe perpétue les travaux traditionnels en linguistique (thématique 1 Lexique, thématique 2 Syntaxe et sémantique), mais a su aussi se développer et se diversifier avec d'autres travaux portant sur le discours, l'oralité et la gestualité (thématique 3) et sur l'acquisition et didactique des langues (thématique 4). Les membres de cet axe sont actifs et reconnus au niveau national et international. Plusieurs données méritent d’être soulignées : (1) Des séminaires, colloques, et journées d'études sont régulièrement organisés qui non seulement ont une fonction intégratrice forte mais bénéficient également d’une grande reconnaissance dans le champ disciplinaire de la linguistique ; (2) de très nombreuses demandes de chercheurs ou doctorants invités sont reçues et permettent de nouer des collaborations fructueuses ; (3) une valorisation importante des travaux de l’axe est réalisée en direction du monde industriel et du milieu médical grâce aux collaborations individuelles et aux contrats de recherche.

 

L’axe des linguistes est structuré en 4 thématiques, elles-mêmes organisées chacune en trois opérations :

S’y ajoutaient, dans le projet 2010-2013 trois opérations transversales internes à l’axe (Espace et temps ; linguistique comparée / typologie des langues ; diachronie). L’axe des linguistes a également été à l’initiative d’une opération transversale interaxes « Traitement automatique des langues et corpus ».

Au 30 juin 2013, l’axe des linguistes comptait 2 chercheurs CNRS (CR) et 37 enseignants-chercheurs, soit 7 PR,  2 PR émérites, 28 MCF (dont 6 MCF HDR). Pendant la période évaluée, 5 HDR et 9 thèses ont été soutenues ; 19 thèses sont à ce jour en cours, dont une thèse CIFRE.

 

L’accroissement du nombre des linguistes à STL depuis le précédent quadriennal est patente : le nombre d’arrivées dans le laboratoire (16 EC : 12 MCF, 4 PR) est nettement supérieur au nombre des départs (11 : 8 départs à la mutation et 3 départs à la retraite ; cf. supra Entrées/Sorties) : + 5 EC sur la période, donc. Cette augmentation est en grande partie due au fait que, durant cette période, les départs ont pu être remplacés et qu’une création de poste a même été accordée pour combler un manque flagrant en FLE. L’équipe des linguistes a donc été profondément renouvelée et rajeunie : sur ces recrutements, 12 concernent de jeunes MCF, venant pour la plupart d’universités autres que Lille 3 ; le recrutement externe a donc été privilégié par rapport au recrutement interne, ce qui n’a pu se faire que parce que le laboratoire bénéficie d’une forte attractivité dans le domaine des sciences du langage.

 

Le nombre des CR demeure toutefois très faible (2 CR sur un total de 39 membres) : une politique active doit être menée en direction des jeunes chercheurs souhaitant intégrer le CNRS pour qu’ils demandent leur rattachement à STL.

 

Le dynamisme de l’axe des linguistes se manifeste notamment :

– par le nombre d’événements scientifiques organisés sur la période, à Lille 3 ou ailleurs : colloques, journées d’études (cf. annexe 6.2. pour les détails)

par le nombre de publications des chercheurs et EC qui en sont membres (voir annexe 6.1) :

·         235 articles dans des revues (ACL : 70, ACLN : 52, ASCL : 6) ou dans des actes de colloques (C-ACTI : 105, C-ACTN : 2) ;

·         97 chapitres d’ouvrages scientifiques ;

·         416 communications (C-COM : 224, C-AFF : 26, C : 166) ;

·         22 conférences invitées ;

·         19 outils de recherche ;

·         22 directions d’ouvrage ;

– par le nombre et la qualité des projets auxquels participent les linguistes de STL en tant que (co-) coordinateur : 2 ANR blancs, 2 ANR franco-allemands, 2 ANR jeunes chercheurs, 4 ANR Thématiques, 1 PIR, 1 PNR et 4 projets MESHS, émergents ou partenariaux (cf. annexe 6.2, p. 155).

 

Outre leur nombre, on voit (i) que ces projets reflètent bien les grandes orientations des linguistes du laboratoire, (ii) qu’ils intègrent de plus en plus de membres de STL.

 

(i) ils se répartissent en effet en trois champs principaux :

 

La linguistique théorique. Celle-ci concerne des domaines traditionnellement bien implantés dans le laboratoire, comme le lexique (principalement par le biais de la morphologie lexématique) et l’interface syntaxe-sémantique (que ce soit dans une perspective synchronique ou diachronique) ; mais elle concerne désormais aussi des approches moins traditionnelles pour STL, par exemple la Grammaire de constructions, qui constitue un cadre théorique dans lequel s’inscrivent plusieurs (enseignants)-chercheurs du laboratoire.

L’acquisition, thématique centrale de plusieurs projets. C’est l’une des spécificités de la recherche à STL (ainsi que de la filière FLE de Lille 3, parcours de Licence et Master). La spécialiste de ce domaine, Sandra Benazzo, vient de soutenir sa HDR, ce qui devrait permettre aux étudiants d’entreprendre des thèses dans de bonnes conditions, dans un domaine où la demande est déjà forte.

Les corpus sont aussi une des thématiques fortes du laboratoire ; l’un des membres de STL, C. Auran, fait d’ailleurs partie du conseil scientifique du TGIR Corpus IR. Par le biais de la participation à des projets, des corpus ont été ou sont en train d’être constitués et sont / vont être mis à la disposition de la communauté scientifique, ainsi par exemple le corpus annoté Nomage des noms déverbaux (sur le modèle du French Treebank) ; ou les ressources en terminologie médicale issues des projets PHRC ReSyTAL, CoMeTe et SKATE (voir supra, 1.4.2 et annexe 6.2).

 

(ii) de très nombreux petits projets ont été lancés ces deux dernières années, principalement depuis l’arrivée de N. Grabar (CR), qui a profondément dynamisé l’axe des linguistes. Ces projets sont généralement des projets émergents de durée courte (un ou deux ans), financés par la MESHS ou par le laboratoire lui-même (qui consacre, rappelons-le, le budget correspondant à l’ex-BQR au soutien de ce type de projets) et destinés à préparer des projets de plus grande envergure (type ANR ou autres). L’avantage de ces petits projets est qu’ils regroupent souvent d’assez nombreux membres du laboratoire lui-même (chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants, jusque 8 parfois), ce qui crée une dynamique interne propice aux échanges ; cela n’empêche bien sûr pas l’ouverture vers l’international ou vers l’inter- ou la transdisciplinarité ; en effet, nombreux sont ces projets qui intègrent des linguistes, mais aussi des informaticiens et/ou des psychologues, français ou étrangers (belges notamment).

 

Les linguistes de STL sont par ailleurs très impliqués dans la formation à la recherche et par la recherche, ceci par le biais de plusieurs types d’initiatives :

– La participation au Séminaire des linguistes, d’une périodicité mensuelle, a été rendue obligatoire pour les étudiants de la spécialité Linguistique du M2 mention Sciences du langage.

– Le pilotage de formations de Master est généralement pris en charge par des enseignants-chercheurs de STL, cf. la responsabilité de la mention du Master Sciences du langage (G. Dal puis A. Carlier), et de ses 4 spécialités : DDLC (M. Pescheux), Linguistique (D. Amiot), LSF (Annie Risler), LTTAC (N. Gasiglia), Etues anglophones-linguistique (Maarten Lemmens)  ; et aussi la co-responsabilité de la Mention de Master « Traduction », adossé à STL et à l’EA CECILLE (Ilse Depraetere pour la spécialité « Traduction Spécialisée Multilingue »).

– L’implication d’étudiants particulièrement brillants de Master (M1 ou M2) dans des projets scientifiques portés par des membres de STL est privilégiée et devient de plus en plus fréquente, cf. par exemple A. Merlo dans le projet ANR JC Nomage, E. Dugas dans le projet ANR TecSan RAVEL, P. Chauveau Thoumelin dans le projet BQR SKATE , O. Wandji dans le projet APR PNRPE DicoRisk. Le travail issu de ces collaborations peut d’ailleurs donner lieu à des communications (A. Merlo par exemple, dans le cadre du projet Nomage).

 

Les linguistes effectuent un nombre important d'expertises pour les revues, les manifestations scientifiques, les appels à projets, l’évaluation AERES, et sont présents dans les comités nationaux au CNU et au CNRS...

 

Thématique 1 : Lexique (N. Grabar)

Le point commun aux recherches qui sont menées dans cette thématique est l’étude du lexique, dans ses dimensions sémantique, morphologique et en tant qu’il peut être consigné dans les objets que sont les dictionnaires.

Cette thématique, qui a un ancrage historique à Lille 3 et à STL, regroupe un nombre important de chercheurs (2), d’EC (15) et de doctorants (7) :

– Membres permanents : D. Amiot, A. Balvet, P. Corbin (émérité), G. Dal, I. Depraetere, K. Dubosc, N. Gasiglia, C. Gledhill, N. Grabar, A. Heroguel, M. Lemmens, R. Marin, T. Milliaressi, C. Piñón, G. Schaden, F. Tayalati ;

Doctorants : Y. Alsodmi (co-direction), C. Diop (co-tutelle), C. Doué, S. Doucouré, E. Dugas, E. L’Hôte, A. Merlo (co-direction), A. Renault (co-direction)

– Post-doctorant : L. Barque (Paris 7)

 

Sémantique lexicale

Cette opération s’organise autour des thématiques suivantes:

– les nominalisations, en relation avec la structure argumentale, des verbes et des adjectifs ; le projet ANR Nomage, porté par R. Marín, a été fait dans ce cadre ; la plupart des projets actuels portent sur les adjectifs (R. Marín, F. Tayalati) ;

-   la sémantique des TAM – Temps, Aspect, Modes –, les perspectives dans lesquelles sont effectués ces travaux pouvant être différentes : sémantique formelle (C. Piñón, G. Schaden) ou non, perspective diachronique (G. Schaden) ou synchronique (I. Depraetere, T. Milliaressi), approche comparative (G. Schaden, T. Milliaressi) ou non ;

– la sémantique cognitive, par le biais de recherches sur les alternances causatives, ou l’usage des verbes de position dans une perspective contrastive, néerlandais, anglais, suédois (M. Lemmens).

A signaler, dans ce champ de recherches : l’arrivée en 2009 de G. Schaden (Paris 8).

 

Morphologie

Les méthodes et les outils en morphologie ont beaucoup évolué ces dernières années, et les projets qui fédèrent la thématique manifestent bien cette évolution : tous en effet associent des morphologues (D. Amiot, G. Dal, E. Dugas (doctorante)), des spécialistes de TAL (N. Grabar) et, de plus en plus, des psycholinguistes (E. Soroli). Les deux thématiques phares de ces projets sont : la composition néoclassique et les terminologies médicales.

Par ailleurs, la problématique des interfaces (interfaces externes, entre morphologie et syntaxe, et dans une moindre mesure pour l’instant morphologie et phonologie) et interfaces internes (entre composition et dérivation) a émergé au cours du quadriennal, ceci grâce notamment au cadre théorique de la Grammaire de construction, dans lequel travaillent désormais non seulement des membres de l’opération (D. Amiot, E. Dugas, D. Tribout), mais aussi des membres de la thématique (M. Lemmens, B. Capelle).

Par ailleurs, il est à signaler que G. Dal a poursuivi la coordination du projet d’écriture d’un manuel de morphologie financé par l’Institut de Linguistique Française (ILF), auquel participent D. Amiot (STL) mais aussi 7 autres morphologues de différentes universités françaises.

À signaler, dans ce champ de recherches, l’arrivée de N. Grabar (Paris 6) en 2011, de D. Tribout (Paris 7) en 2012.

 

Lexicographie

Cette opération regroupe principalement deux EC, Nathalie Gasiglia et Pierre Corbin, parti à la retraite en 2011, mais qui a obtenu l’éméritat et continue à exercer des fonctions d’enseignement et des activités de recherche.

L’un et l’autre partagent un domaine de recherche commun, la méta-lexicographie, et se sont particulièrement intéressés aux usages lexicaux, aux métaphores dans le lexique de la lexicographie (P. Corbin), aux rubriques étymologico-constructionnelles des dictionnaires, aux emprunts (N. Gasiglia).

Par ailleurs, N. Gasiglia poursuit un travail de constitution et d’exploration de corpus thématiques oraux (traitement de données écrites, systématisation de la structuration des données primaires en XML).

A. Héroguel, quant à lui, poursuit son projet de dictionnaire de néerlandais au pénal. Les questions à traiter sont celles de son actualisation et de son intégration éventuellement dans une mémoire de traduction.

 

On notera aussi que certains des travaux et projets menés dans cette thématique se rattachent à des opérations transversales internes au domaine des linguistes (« Traitement automatique des langues et des corpus » : R. Marín, A. Balvet, N. Grabar ; cf. valorisation) ou à des opérations transversales interaxes, (« Traduction », en ce qui concerne les linguistes : T. Milliaressi, I. Depraetere, C. Ellender ; cf. les opérations transversales, infra 4. Stratégie et perspectives scientifiques), ce qui permet des collaborations avec des membres travaillant dans d’autres thématiques ou d’autres axes. Il est à noter que les deux thématiques transversales citées ont acquis un grand poids tout au long du quadriennal, et qu’elles verront leur visibilité renforcés dans le prochain quinquennal.

 

Langues étudiées : allemand, anglais, espagnol, français, hongrois, néerlandais, russe, suédois.

 

Thématique 2 : Syntaxe et sémantique de la phrase, du syntagme verbal et du syntagme nominal (F. Tayalati)

Cette thématique regroupe 17 EC et 12 doctorants :

– Membres permanents : A. Carlier, I. Depraetere, L. Haegeman, C. Lecointre, R. Loock, A.-F. Macris-Ehrahrt, C. Nuñez-Lagos, K. O’Connor, K. Paykin, C. Piñón, A. Risler, G. Schaden, F. Tayalati, D. Van De Velde (émér.), M. Van Peteghem, C.  Vénerin, P. Willemse.

Doctorants : C. Bashi, C. Corteel,  Fatiha Hamida (co-direction), P. Haas, A. Jugnet, . D. Laflaquière, V. Mostrov, K. O’Connor, F. Perek, C. Therapontos, M. Tutton, A. Verhulst (co-direction).

La thématique 2 regroupe les recherches portant sur la syntaxe et la sémantique de la phrase ou de ses constituants. Les thèmes abordés se regroupent en trois opérations selon le type de constituant focalisé dans la recherche : (i) la phrase, (ii) le groupe verbal, (iii) le groupe nominal.

(i) S’agissant de la phrase, les études portent sur la proposition entière (C. Lecointre et A.-F. Macris-Ehrard, qui travaillent toutes les deux sur l’allemand, dans une perspective synchronique et/ou diachronique), ou sur certains éléments dont l’étude ne peut se faire qu’au niveau phrastique : le sujet (L. Haegeman), la deixis et la modalité (A. Risler et I. Depraetere), en lien avec l’opération 3.2., les subordonnées (complétives : C. Nuñez-Lagos; subordonnées adverbiales : L. Haegeman ; les relatives : R. Loock ; corrélatives : M. Van Peteghem, K. Paykin, F. Tayalati).

(ii) L’opération sur le groupe verbal réunit les recherches sur la complémentation et la rection casuelle non seulement des verbes  (C. Vénerin et K. Paykin) mais également des adjectifs en position prédicative (F. Tayalati)

(iii) Dans le domaine nominal, les projets de recherche portent sur les compléments du nom, éventuellement génitifs en anglais (P. Willemse), dans certains dialectes flamands (L. Haegeman), en russe (K. Paykin et M. Van Peteghem) et sur certains types d’adjectifs (M. Van Peteghem).

Certains projets se rattachent en outre à des opérations transversales internes au domaine des linguistes, tels que la linguistique comparée et la typologie, l’espace et le temps (en relation, pour cette dernière, avec le projet ETE – Espace, Temps, Existence – Labex-TransferS, ENS Paris).

 

Langues étudiées : français, anglais, néerlandais, dialectes flamands, allemand, suédois, espagnol, italien, roumain, russe, arabe, langue des signes française.

 

Thématique 3 : Discours, oralité, gestualité

– Membres permanents : C. Auran, C. Bouzon, M. Lemmens, R. Loock, L. Delrue, K. O'Connor, C. Patin, A. Risler, L. Santos.

– Doctorants : S. Belard, M. Capliez, S. Doucouré, J. Fulcrand, M. Peyré, S. Tabacaru.

 

Cette jeune thématique, créée lors de l’élaboration du quadriennal qui s’achève, s’organise en trois opérations : « Acoustique, phonétique et phonologie », « Pragmatique, texte et discours » et « Gestualité(s) ».

 

(i) Acoustique, phonétique et phonologie

La plupart des recherches menées dans cette opération concernent :

– les faits prosodiques : le débit de parole et le niveau et l’étendue de registre (C. Auran), le rôle de la qualité de voix dans la dynamique informationnelle (C. Bouzon), la structuration prosodique en anglais britannique (principalement la problématique de l’ambisyllabicité, la structuration rythmique, le débit, C. Bouzon) ;

– l’interface syntaxe / prosodie, notamment par le biais d’études de l’apposition en shingazidja (C. Patin et K. O’Connor), les relatives appositives en anglais et en français (R. Loock), les constructions elliptiques dans les langues bantu (C. Patin, principalement dans le cadre du projet TUL, Paris 7 & Rennes 2).

Des recherches sont par ailleurs menées dans le domaine de la phonologie : phonologie générale, phonologie du français contemporain, phonologie et morphologie historique des langues germaniques (R. Noske).

 

(ii) « Pragmatique, texte et discours »

Les analyses menées concernent les marqueurs discursifs eux-mêmes : les marqueurs grammaticaux polysémiques en portugais et en français (L. Santos), la manière dont se marque la deixis dans la langue des signes (A. Risler), l’expression de la modalité en anglais, notamment la modalité déontique (I. Depraetere).

 

(iii) « Gestualité(s) »

L’objet principal de cette opération concerne les gestes-co-verbaux, il concerne donc :

– l’analyse du lien entre prosodie, geste et discours dans le cas de constructions verbales, par le biais du développement d’un logiciel permettant une analyse simultanée de la prosodie et du geste (L. Paris-Delrue) ;

– la structuration de l’espace et l’expression de la localisation dans les productions orales / gestuelles (M. Lemmens).

– l’analyse des positions énonciatives et l’expression de la trajectoire en langue des signes (A. Risler).

L’existence récente de cette opération s’est trouvée concrétisée par la tenue du colloque international de l’AFLiCo à Lille 3 en mai 2013, dont l’un des thèmes centraux sera : la multimodalité (organisateurs : M. Lemmens, B. Cappelle, A. Risler, D. Amiot).

 

La plupart des recherches menées dans cet axe se fondent là aussi sur des corpus qu’elles contribuent à constituer (Aix-MARSEC, PAC, IViE) et PFC et PhoNoPi (français)

 

Langues étudiées : anglais, farsi, néerlandais, portugais, russe, shingazidja.

 

Thématique 4 : Acquisition et didactique des langues

– Membres permanents : S. Babault, S. Benazzo, L. Paris-Delrue, A. Héroguel, E. Mathiot, T. Millliaressi, M. Pujol, A. Risler, A. Rivens-Mompean, L. Santos, E. Soroli, M. Tran.

– Doctorants : Y. Alassaf, A.A. Bamatraf, A. Besnehard, M. Capliez, M. Cappellini, N. Kerrou, L. Lozinguez-Ben Gayed, C. Nouri, S. Shahwan-Kassem.

 

Cette thématique regroupe trois opérations : « Plurilinguisme, interculturalité et acquisition des langues secondes / langues étrangères », « Acquisition L1/L2, pathologie » et « Enseignement / apprentissage des langues »

 

(i) « Plurilinguisme, interculturalité et acquisition des langues secondes / langues étrangères »

Les travaux de cette opération possèdent généralement une orientation sociolinguistique, dans la mesure où ils cherchent à étudier l’influence de conditions extérieures sur l’apprentissage des langues, par exemple l’influence du contexte multilingue sur l’acquisition, la socialisation secondaire et la représentation des langues (M. Pujol), ou le rôle de l’immersion précoce vs tardive pour l’acquisition d’une langue seconde (S. Babault).

L’analyse des phénomènes liés à l’interculturalité peut aussi conduire à étudier la gestion des tours de parole dans les interactions au sein de paires constituées par un locuteur natif de portugais (du Brésil) et un locuteur natif de français ou à étudier l’emploi des formes de politesse en tant que marqueurs de prise et de fin de tour de parole (L. Santos).

 

(ii) « Acquisition L1/L2, pathologie »

Les recherches effectuées dans le cadre de cette opération possèdent bien sûr leur spécificité (elles sont centrées sur l’acquisition d’une langue, que ce soit la langue maternelle ou une langue seconde), mais elles entretiennent de nombreuses relations avec les autres thématiques / opérations.

Ainsi la structure informationnelle des énoncés (par ex. l’établissement des liens anaphoriques dans le domaine de la temporalité vs dans le domaine des entités), qui pourrait être étudiée dans le cadre de la thématique 2, est ici envisagée sous l’angle de l’acquisition : des expériences  (en comparaison avec des natifs français et italiens) sont menées pour mesurer le degré d’influence des structures informationnelles de la langue maternelle sur la langue cible. Les résultats devraient aussi être intéressants pour la didactique des langues analysées (S. Benazzo)

De même, l’une des chercheuses de cette opération (E. Mathiot) a pu étudier, en s’appuyant sur des corpus vidéo longitudinaux déjà établis ou en cours de constitution (cf. ANR Leonard), la communication prélinguistique et l’articulation des modalités gestuelle et verbale chez le jeune enfant. Outre que ces études entretiennent des relations fortes avec l’opération « Gestualité » de la thématique 3, elles sont en train de s’élargir à l’acquisition des langues signées.

Les travaux à l’interface entre linguistique et pathologie du langage (par ex. l’étude des troubles linguistiques et mnésiques de patients aphasiques ou atteints de démence dégénérative), sont quant à eux un peu plus spécifiques à cette opération, même si les liens avec les autres thématiques/opérations ne sont pas négligeables, ainsi par exemple l’étude de la représentation lexicale et de la sémantique de l’espace dans l’aphasie, expérimentée auprès de sujets aphasiques bilingues français/anglais (M. Tran).

 

(iii) « Enseignement / apprentissage des langues »

Il est possible de distinguer deux grandes orientations dans les travaux portant sur la didactique et l’apprentissage des langues : ceux relevant d’une didactique outillée, et ceux relevant d’une didactique non outillée.

– La didactique outillée concerne l’apprentissage des langues par ordinateur ou, plus largement, par la mise en œuvre d’outils multimédia (A. Héroguel, A. Rivens-Monpean). Ces outils demandent à être évalués. A. Rivens-Monpean, mène une recherche-action afin de mesurer la plus-value du multimédia pour l’amélioration de la production orale des étudiants. Elle étudie par ailleurs, en collaboration avec L. Santos, les spécificités du discours dans la communication médiatisée par ordinateur (CMO).

– Les recherches concernant la didactique non outillée sont davantage centrées sur la finalité de la pratique elle-même : didactique de la traduction (T. Milliaressi, A. Risler, pour cette dernière, en relation avec le Master Interprétariat LSF), ou propositions didactiques issues de recherches au croisement de l’acquisition, l’enseignement et la sociolinguistique (M. Pujol a étudié ainsi les stratégies d’évitement ou de contournements, adoptées en espagnol par des natifs, et des non-natifs face à d’éventuels problèmes de lexique et à la gestion de l’information et des tours de parole).

 

Langues étudiées : anglais, espagnol, italien, langue des signes, portugais, russe

 

Opérations transversales

Parmi les opérations transversales, on relèvera particulièrement celle qui est relative à la traduction. Nous n’en relevons ici que les dimensions collectives les plus marquantes (voir aussi infra, 4. Stratégie et perspectives scientifiques, p.38) :

-          Traductologie entre philosophie et linguistique (T. Milliaressi, Ch. Berner). Cette thématique vise à proposer des approches traductologiques interdisciplinaires dans l’échange de la réflexion philosophique et la catégorisation linguistique. On relèvera ici le programme de collaboration scientifique et pédagogique avec la Faculté de Traduction de l’Université Lomonossov de Moscou, qui a permis l’organisation du colloque international La traduction : philosophie, linguistique et didactique (COLL. 05)(150 participants, 90 intervenants, 30 pays). D’autres collaborations sont en cours avec notamment l’Université de l’Ouest de Timisoara, l’Institut Libre Marie Haps de Bruxelles, la SEPTET (Société d’Études des Pratiques et Théories en Traduction de l’Université de Strasbourg), la société de spécialité SAES. C’est dans le cadre de cet axe que deux ouvrages de la collection « Philosophie & Linguistique » ont été publiés.

-          Traduction et qualité (I. Depraetere, Cl. Ellender, A. Héroguel, C. Núñez-Lagos). Cette thématique vise à étudier les définitions de qualité et les différentes approches, les outils,  et les méthodologies dont on se sert pour mesurer la qualité d’une traduction humaine, tout comme celle de la traduction automatique et l’assurance qualité dans le flux de travail. Cette thématique est primordiale pour les relations entre le monde professionnel et le monde académique, et tant les JE Traduction et qualité (JE 01, 06, 13) que les publications (A.681), on soulignera la collaboration étroite avec les acteurs sur le marché de la traduction. C’est dans le prolongement de cela qu’une troisième orientation est consacrée à la post-édition (I. Depraetere), là aussi en relation étroite avec le monde professionnel.

-          CorTEx (Corpus, Traduction, Exploration) (R. Loock ; B. Cappelle ; C. Núñez-Lagos) : il s’agit d’un projet de recherche en traductologie de corpus qui réunit également des chercheurs de l’équipe CECILLE, des universités d’Arras et de Gand, et a donné lieu à des échanges (par ex. Manchester). Le but de ce projet est double : (i) mettre au jour des différences intra-langagières pour différentes langues ; (ii) vérifier s’il peut exister une corrélation entre ces différences intra-langagières et la qualité de la traduction obtenue.

 

 

Axe B. Formes et interprétations des discours de l'Antiquité grecque et latine (resp. R. Webb) (annexe 6.1)

 

Cet axe, traditionnellement fort, identifié un temps à ce qui a été désigné comme l’ « Ecole de Lille », continue, avec le recrutement d’Anne de Crémoux (MCF, 2008) et de Ruth Webb (PR, 2010), dans ses deux thématiques, à constituer un pôle d’excellence du laboratoire. On rappellera qu’il attache une importance toute particulière à la formation des chercheurs qui se traduit par un nombre important de séminaires et groupes de travail (voir annexe 7, SEM.4-28) fondé sur les principes suivants : une formation philologique solide, incluant la connaissance de la langue ; la connaissance de la tradition textuelle et de la réception intellectuelle (les deux étant inséparables) ; la pratique de la traduction et la réflexion sur l'interprétation ; l'ouverture à l'histoire de la pensée et de la culture au sens le plus large. Par ailleurs, il convient de souligner que cet attachement à la formation est soutenu par une politique de constitution d’une bibliothèque de philologie (plus de 4000 volumes) qui, comme cela a été relevé plus haut, permet à Lille 3 d’avoir l’un des fonds les plus riches en philologie ancienne en France.

Cela dit, cet axe compte peu de titulaires, ce qui n’est pas proportionnel à l’intensité des activités et à sa renommée nationale et internationale. Plusieurs parmi eux ont par ailleurs exercé durant ce quadriennal des tâches administratives lourdes (en particulier la vice-présidence recherche pour Michel Crubellier et la direction de la MESHS pour Fabienne Blaise, devenue présidente de l’Université Lille 3 depuis mai 2012). Il souffre également du faible nombre de chercheurs CNRS et de l'absence de post-docs, particulièrement regrettable au vu de la qualité des ressources à disposition. On notera enfin que la mastérisation des concours a aussi amené une réduction très forte du nombre d'étudiants dans le Master Recherche, - étudiants qui pourraient autrement assister aux séminaires (surtout en M2).

On soulignera enfin les nombreuses collaborations avec d’autres axes de STL et surtout que trois membres de l’Axe B (F. Blaise, M. Crubellier, R. Webb) ont participé très activement à l’élaboration du projet de Labex ADA. R. Webb continue à travailler avec le programme ADA, en collaboration avec la MESHS.

 

Thématique 1 : Formes, pratiques et production poétiques et discursives de l’Antiquité (A. De Crémoux)

 

Cette thématique a poursuivi ses recherches dans le champ de la philologie marquée entre autres par deux colloques internationaux en l’honneur de membres éminents de l’ « Ecole de Lille », Jean Bollack et Philippe Rousseau (COLL.03 et 19). Les membres de la thématique 1 continuent à participer au réseau international CorHaLi sur la poésie archaïque grecque (RES.1). Ph. Rousseau, Catherine Darbo-Peschanski et Anne de Crémoux ont participé au colloque sur l’Epiphanie en 2009 à Princeton. Le colloque de 2011 sur les Trois Electres s’est tenu à Lille. La particularité de ce réseau est d’associer doctorants et chercheurs confirmés. Des doctorants lillois (X. Gheerbrandt, A. Wach) ont présenté des communications en 2011. Le colloque de 2013 à Cornell a vu à nouveau la participation de doctorants (X. Gheerbrant, S. Lagrou) et de néo-doctorants. Les recrutements d’Anne de Crémoux et de Ruth Webb, ont permis de développer les recherches sur la littérature et la rhétorique grecques de l’époque romaine, les théories rhétoriques grecques, le théâtre de l’époque romaine et sa réception. On relèvera également les journées d’étude internationales « Diego Lanza lecteur des œuvres de l’Antiquité » (JE 19 ; actes publiés en juin 2013).

Au plan de la formation, on soulignera le séminaire de présentation des travaux (SEM.7) où chercheurs confirmés (lillois et invités) et doctorants présentent leurs recherches en cours.

On relèvera enfin la création du GDRI CLARo (« Le concept de littérarité dans l’Antiquité romaine ») (RES.2), qui se place dans la continuité et le dépassement du GDR 2643 Ars scribendi (qui s’est développé jusqu’en 2010). Les travaux du GDR 2643 ont porté sur les identités romaines, sous l’angle notamment de la constitution des genres littéraires à Rome à partir de traditions grecques et des mécanismes de transfert d’une culture ou d’une période à une autre dans le contexte de l'acculturation et du bilinguisme gréco-latin, puis sur les différents modes de réécritures par lesquels les Romains se sont approprié leurs modèles, et par là essentiellement les phénomènes de traduction et de transmission. A partir de ces travaux, une réflexion de fond a été engagée permettant de définir un objectif principal de recherche : comment et à partir de quels éléments l’Antiquité romaine a-t-elle élaboré, mis au point et articulé les critères en fonction desquels un texte est perçu et défini comme littéraire, quels que soient par ailleurs son origine, sa destination, ses thèmes, son public, sa fonction ? Cette réflexion sur la nature du fait littéraire se situe ainsi au confluent de la littérature, de l’histoire, de la philosophie, et des disciplines concernées par les textes techniques (voir en particulier B.261-263, 265 et COLL.14).

 

Thématique 2 : Les discours théoriques de l'Antiquité, leur appropriation et leur développement dans les pays d’Islam, au Moyen Âge latin et dans l'humanisme de la Renaissance : argumentation, tradition (M. Crubellier)

 

Les travaux des membres de cette thématique s’appuient pour la plupart sur une pratique du commentaire orientée notamment sur l'analyse de l'argumentation et débouchant sur une histoire de la philosophie organisée autour de problèmes. L’une de leurs caractéristiques est l'ouverture à l'histoire de la pensée et de la culture au sens le plus large, incluant notamment l'histoire des sciences et la prise en compte de la longue durée, établissant des connexions avec les études de philosophie médiévale arabe et latine, et avec l’histoire de la réception moderne et contemporaine des philosophies de l'Antiquité. L'UMR, avec la présence de chercheurs en philosophie, philologie, histoire des sciences, linguistique et logique, a offert un contexte particulièrement favorable pour de telles recherches dans lesquelles s’actualise la formation de ses jeunes chercheurs.

Le nombre de chercheurs de cette thématique étant faible, le moyen le plus efficace pour assurer ces recherches a été de renforcer les échanges avec des laboratoires similaires. Ainsi il existe depuis 2001 un séminaire de philosophie ancienne commun aux laboratoires STL et SPHERE (CNRS - UMR 7219) (SEM.6) - ce séminaire tient quatre sessions de trois demi-journées chaque année. Il invite des chercheurs reconnus, français et étrangers, ainsi que des doctorants et jeunes chercheurs (français et étrangers) pour des conférences et des ateliers de lecture de textes. Dans ce cadre, F. Acerbi a pu notamment travailler en étroite collaboration avec B. Vitrac.

Dans cette thématique, les travaux sur Aristote notamment (M. Crubellier, Cl. Louguet) jouissent d’une large reconnaissance internationale (voir par ex. B 168-177). On relèvera ainsi les séminaires de formation des doctorants (SEM.10 ; SEM.27), les travaux sur la philosophie de la qualité (SEM.28), sur la gnoséologie et la philosophie de la connaissance et, en collaboration étroite avec le groupe de logiciens de l’axe C, sur la théorie et les pratiques de l’argumentation. On notera aussi les séminaires qui réunissent les 2 thématiques, notamment sur Xénophane et Aristote (SEM.8 et 17).

Deux chercheurs CNRS relèvent de cette thématique. Les recherches de Fabio Acerbi, en particulier dans le cadre de l’ANR ALGO "Structures déductives algorithmiques dans les mathématiques pré-algébriques"  (annexe 6, p. 157), porté par le laboratoire, ont permis, jusqu’en octobre 2012, une activité régulière et intense en histoire des mathématiques, avec un séminaire pluriannuel (SEM.4 et 5) et des travaux de commentaires et d’édition (B.324), ainsi qu’un important colloque (COLL.13, p. 170). Alain Lernould a poursuivi ses recherches sur le médio- et néoplatonisme, notamment de Proclus (B 271), Simplicius et Plutarque. Il anime un séminaire doctoral de traduction du commentaire de Simplicius à la Physique d’Aristote et a mis en place des collaborations internationales régulières.

                Dans le cadre de l’appropriation et du développement des discours théoriques de l’Antiquité dans les pays d’Islam, au Moyen Âge latin et dans l'humanisme de la Renaissance, on ajoutera d’une part à cette thématique les travaux portant sur le Moyen-Age (J. Celeyrette, E. Mazet, M. Lejbowicz). Le travail porte notamment, mais pas exclusivement, sur Nicolas Oresme (B 326-327 et JE. 31)  dont les Questions sur la Physique sont parues chez Brill (en mars 2013). L’arrivée de L. Cesalli (CNRS) a contribué au développement de ce champ de recherche (par ex. COLL.15).  Plusieurs de ses membres participent, depuis 2007, chaque semaine à un groupe de travail sur l’arabe littéraire. On relèvera enfin que la parution du livre de S. Gouguenheim sur les rapports de l’Islam et de la pensée médiévale a amené M. Lejbowicz  et J. Celeyrette à organiser une JE pour discuter les thèses qui y étaient développées (JE.20 ; publication : B.335). D’autre part, pour l’humanisme de la Renaissance, on soulignera que Laurence Boulègue a poursuivi ses travaux, notamment sur Agostino Nifo, qui ont donné lieu à des publications. Elle a organisé un symposium international important consacré au « commentaire » (coll.11).

 

 

Axe C. Concepts et pratiques philosophiques (resp. S. Rahman) (annexe 6.1)

 

L’axe C regroupe actuellement trois thématiques. D’une manière générale, cet axe a développé les interactions entre philosophes, logiciens, linguistes, historiens et philosophes des sciences et philologues. Les publications internationales nombreuses correspondent aux exigences les plus élevées. On peut dire que le sujet des recherches est centré sur l’exploration des défis de la notion dynamique du sens dans ses perspectives éthiques, esthétiques, logico-linguistiques et herméneutiques. On pourrait, de manière synthétique, dégager les objets principaux suivants :

-le raisonnement, la construction du sens et la décision

-l’interprétation ; gestualité et sens

-l’ontologie et le sens, y compris en esthétique et philosophie de l’art

-la distinction entre pragmatique et sémantique

-la théorie constructive des types dans un cadre dialogique : vers une logique du contenu

 

Thématique 1 : Ethique, droit et société (P. Canivez)

 

Les productions de cette thématique sont nombreuses (voir, parmi les plus significatives, P. Canivez [C 436], A.-Ch. Habbard [C 22-24]; Fr. Worms [D.61, D.407-415] ; certaines contributions de E. Le Jallé [C. 29] et Ch. Berner [C.428]). Deux dimensions principales ressortent : la dimension éthique, sociale et médicale, et la philosophie morale et politique, principalement orientée autour de la question de la décision et se rattachant par là au projet ADA.

La première dimension implique des interactions sociales, parmi lesquelles on relèvera les contributions significatives de STL au tout nouvel Espace de réflexion Ethique Régional (qui a vu le jour au printemps 2013), dans lequel ont notamment été impliqués Fr. Worms et Ph. Sabot (qui fait d’ailleurs partie du Conseil d’orientation de l’ERER). On relèvera également l’intégration au laboratoire, à sa demande, d’A. de Broca, titulaire au CHU d’Amiens, président de la « Fédération des équipes ressources de soins palliatifs pédiatriques – France » et coordonnateur de l'Espace Ethique Picardie. Suivant la même dynamique, les recherches doctorales en éthique médicale se sont développées et trois thèses sont en cours (R. Le Berre, M. Dumont, St. Zygart). Le laboratoire a enfin participé en 2011-2012, puis à nouveau en 2012-2013 à trois Journées d’études doctorales relatives à ce thème.

L’autre point fort de la thématique est représenté par les recherches de P. Canivez, en lien notamment avec les réflexions sur l’argumentation, et plus particulièrement la notion de compromis (C 142, 145, 265, 479, 481). La collaboration avec le projet ADA, notamment au moyen du réseau OFFRES (RES.5, voir notamment l’Université d’été 2011 « L’Argumentation, Droit, politique, sciences »), et avec l’ANR JuriLog (p. 156-157) est forte et permet des collaborations de niveau international.

On relèvera enfin une particularité de cette thématique : Lille 3 vient de créer un Institut Eric Weil (directeur : P. Canivez) dont la mission est de gérer le fonds Eric Weil, de promouvoir les travaux sur cet auteur mais également sur des thèmes auxquels il s’est attaché. Ces thèmes relèvent de la philosophie « première », de la philosophie pratique (morale et politique), mais aussi de l’argumentation. Il y aura donc convergence avec les projets de STL et des collaborations possibles.

Enfin, les membres de cette thématique sont fortement impliqués dans la création de formations et diplômes nouveaux, comme MITRA (Master Erasmus Mundus Médiation Interculturelle : identités, mobilités, conflits) ou dans des partenariats avec des institutions de nature très différentes (l’Espace éthique hospitalier universitaire du CHRU de Lille ou Sciences-Po Lille). On notera aussi les collaborations avec le consortium du Master Erasmus Mundus Europhilosophie et une possible intégration au Consortium du Doctorat international Europhilosophie, selon des modalités en cours de discussion (Ph. Sabot et P. Canivez y travaillent).

 

Thématique 2 : Langage et interprétation : phénoménologie, herméneutique (Ch. Berner)

 

Les membres de cette thématique ont poursuivi leurs recherches, sur fond de philosophie du langage, que ce soit dans une perspective herméneutique (Ch. Berner) ou phénoménologique (C. Majolino). Le recrutement de L. Cesalli, spécialiste de philosophie du langage, couvrant une large période historique, en 2011 a permis de renforcer très sérieusement cette thématique et les collaborations avec les linguistes.

C’est ainsi que Ch. Berner a poursuivi ses recherches notamment relativement aux théories de l’interprétation. Il a non seulement organisé en 2011 un colloque du réseau HERMI à Lille (annexe 6, RES.3, p. 161), mais encore animé des recherches favorisant la collaboration entre les axes, sur l’interprétation (avec notamment la co-direction, avec F. Blaise et L. Keiff, du numéro 13 de Methodos (2013) intitulé « Pratiques de l'interprétation ») et la traduction, notamment avec T. Milliaressi (linguistique). Dans ce cadre, il faut noter l’organisation de trois journées d’étude, avec publication, et création d’une collection). Il participe également activement, avec Shahid Rahman, au réseau LACTO (cf. supra 1.4.1.).

                Cl. Majolino et L. Cesalli ont développé leurs travaux dans le domaine de la philosophie au sens de la Sprachphilosophie telle qu’elle a été mise en place entre la fin du 19e et le début du 20e siècle. Cette discipline se situant au croisement de la linguistique, de la sémantique, de la psychologie (ou philosophie de l'esprit) et de l'ontologie, les compétences multiples représentées au sein de l’UMR offrent un terrain optimal pour la poursuite et le développement des travaux en cours dans ce domaine. On notera ainsi dans cette thématique les collaborations avec des linguistes parmi lesquels K. Paykin-Arroues et D. Van de Velde à l’occasion du séminaire interdisciplinaire « Dire le Temps » (SEM.57 ; publication chez Cambridge Scholars Publishing en 2013). L’on notera en outre que les linguistes I. Depraetere et Ch. Pinon ont non seulement participé aux séances du séminaire de recherche « Dire le Temps » et « Dire et vouloir dire » (SEM. 36), mais ont également invité Cl. Majolino et L. Cesalli à participer et à intervenir dans le cadre du projet « Interface entre sémantique et pragmatique », qui est un séminaire pluridisciplinaire (SEM. 60).

Il convient à cette occasion de rappeler que le renforcement du travail de recherche entre linguistes et philosophes s’est également concrétisé dans nombre de codirections de mémoires ainsi que dans la mise en place d’un parcours de licence philosophie-sciences du langage destiné à former des linguistes avec un réel appétit philosophique et d’initier les philosophes aux problèmes et aux méthodes des sciences du langage. Ce qui confirme que l’investissement dans la recherche commence au niveau de la formation.

On relèvera enfin que depuis environ un an, il s’est constitué à STL un groupe de recherche, coordonné par Cl. Majolino et L. Cesalli, consacré à l’étude des rapports entre les philosophies du langage contemporaines (notamment d’inspiration phénoménologique et analytique) et la tradition philosophique occidentale : ancienne, médiévale et moderne (Voir la JE « Le langage: signe, sens, objet. Questions transversales entre philosophie médiévale, phénoménologie descriptive et théorie de l'objet »). 

 

 

 

 

Thématique 3 : Arts et littératures : pratiques, critique, théories (B. Sève)

 

La production scientifique est élevée (voir annexe), les publications nombreuses, tant en articles, qu’en livres et communications tant en France, mais aussi à l'étranger si l’on prend en compte le travail des doctorants et doctorantes : Grande-Bretagne et Italie principalement. Les indices de qualité ne manquent pas (recension des livres, accueil des articles, invitation à des colloques, etc.).Parmi ces travaux, on relèvera entre autres le numéro de Methodos 11 (2011) consacré à l’instrument de musique (C 432), qui fait suite à un séminaire sur le même thème (SEM 30). Les doctorants, proportionnellement nombreux (5), participent activement à la recherche le plus souvent internationale. Les interactions avec l’environnement social et culturel sont multiples (voir annexe 6.3.3., p. 197-198). B. Sève est ainsi très impliqué dans un travail de fond avec la Comédie de Béthune, avec différents acteurs locaux (notamment le Festival de danse contemporaine) et nationaux (dont l’Opéra de Paris, avec lequel ont été organisées plusieurs journées d’étude), M. Massin avec la Rose des Vents (Scène nationale de Villeneuve d’Ascq)  et avec le LAM. Ces interactions engagent activement les doctorants qui travaillent sur la danse, la musique, l’art pictural… et sont également l’occasion de collaborations avec l’EA CEAC (Centre d’Etude des Arts Contemporains) de Lille 3.

 

Thématique 4 : Logique, connaissance et argumentation (S. Rahman)

 

Cette thématique représente un réseau de projets où ne sont pas seulement étudiés la dynamique du sens et ses liens avec l’argumentation et la décision, mais également les processus de construction du sens, y compris les processus épistémologiques et cognitifs de la construction des normes. Des perspectives historiques ont été prises en compte, en particulier en interaction avec l’axe B et des séminaires de recherche sur Aristote. Un objet particulier a fédéré de nombreuses collaborations (avec M. Crubellier (axe B thématique 2) ou P. Canivez (axe C thématique 1)) : l’étude de l’argumentation en droit déclenchée par l’obtention de l’ANR franco-allemand JuriLog (avec l’Université de Constance http://jurilog.meshs.fr/ ) ; voir annexe 6-2-1, p. 156). Ces recherches sont mises en œuvre à travers différents projets, dont le programme ADA de la MESHS, l’ANR JuriLog, le projet LACTO, la collaboration avec l’Université de Leyden.

Cette thématique est d’emblée très internationale par ses membres et ses collaborations, ses publications, le plus souvent en anglais et dans des revues internationales, au point qu’en logique il est désormais question d’une école de pensée lilloise internationalement reconnue. Elle accueille des professeurs invités de renom (par ex. G. Sundholm, de l’Université de Leyden), attire des doctorants étrangers.

La formation des doctorants en logique, qui disposent, dans le laboratoire, d’une salle qui leur est dédiée, est particulièrement soutenue. On relèvera à ce titre notamment les co-publications (par ex. C 17, 18, 19, 21, 27, 63, 64, 65, 66, 76, 86). Leur implication dans les séminaires et leur nombre de communications sont remarquables.

Sur le fond, on soulignera, parmi les traits remarquables de cette thématique, le changement de paradigme que représente la logique dialogique : elle repose en effet sur un tournant dynamique en logique et en épistémologie. La logique dialogique, au cœur du tournant dialogique, a restauré le lien entre le raisonnement dialectique, l’inférence et la connaissance des interactions, et constitue la base de projets en cours en histoire et philosophie de la logique, s’étendant des traditions indiennes, chinoises, grecques, arabes, hébraïques, des obligationes du Moyen Age aux développements les plus récents dans l’étude des interactions épistémiques en logique computationnelle et en philosophie (voir entre autres les doctorats soutenus et en cours, annexe 7, p. 207- 218).

En la matière, la recherche en logique à STL est unique en offrant un concept unificateur développé systématiquement. Des collaborations et échanges avec des projets complémentaires, notamment avec la sémantique pragmatique de F. Récanati ou avec la sémantique communicationnelle de J. Ginzburg (Paris VII), sont en cours. Les relations avec l’histoire et la philosophie des sciences mériteraient d’être à l’avenir davantage développées, mais la thématique est en restructuration et l’arrivée (à l’automne 2013) d’une nouvelle CR (Liesbeth de Mol) spécialiste de philosophie des mathématiques et de l’informatique, offre une belle opportunité de développement de telles interactions. De même, la collaboration avec les linguistes semble s’installer, mais est encore appelée à s’approfondir (voir sur ce point infra p.33, l’intégration des travaux de logique dialogique dans la thématique « Interprétation » du champ « Forme et sens »). L’UMR a demandé régulièrement, mais en vain, un chercheur à l’interface entre logique et linguistique (sémantique et pragmatique) qui pourrait donner un nouvel élan à ces collaborations.

 

 

 

Axe D. Différenciations et mutations des savoirs (resp. Ph. Hamou)

 

Dans cet axe, qui sera entièrement retouché parce qu’il couvre actuellement tant l’histoire et la philosophie des sciences (thématiques 1 et 2) que la philosophie française contemporaine (thématique 3), on peut relever, côté philosophie des sciences, qu'un pôle est en voie d'émerger autour des thèmes d'ADA, en un sens élargi, de sorte à recouvrir un morceau des "visual studies" (usages argumentatifs des images). Ce pôle aurait l'avantage de s'appuyer en partie sur la spécialité du Master 2 de Philosophie « Logique, épistémologie et histoire des sciences » cohabilitée avec Lille 1 (cette spécialité comporte un parcours « Epistémologie, histoire et philosophie des sciences »). Philippe Hamou a représenté le laboratoire STL pour l’élaboration du projet EQUIPEX IrDIVE (Recherche et innovation dans les environnements visuels numériques et interactif voir annexe 6, p. 169) - projet sélectionné par l’ANR et financé par l’ANR et par la Région (chacune à concurrence d’environ 3 millions d’euros). Cet EQUIPEX est porté par le programme Sciences et cultures du visuel coordonné par les laboratoires IRHIS et URECA. Dans le cadre de cet EQUIPEX et pour accompagner d’une réflexion théorique la recherche qui sera entreprise sur les équipements de réalité virtuelle et de modélisation installés à l’Imaginarium de Tourcoing, trois membres de l’axe D (Philippe Hamou, Anne-Lise Rey et Lucien Vinciguerra) ont répondu à l’appel à projets lancé par le programme Sciences et cultures du visuel et élaboré des projets de recherche, séminaires et missions, notamment sur l’histoire des savoirs visuels, sur les nouvelles logiques du visuel, sur l’imagerie scientifique et la preuve par l’image.

Thématique 1 : Science et philosophie à l’âge classique (M. Parmentier et A.-L. Rey)

 

Au cours de la période écoulée, les activités du groupe de recherche international, impliquant tant  des collègues italiens que des chercheurs de Cambridge et Oxford, « Histoire de la chimie aux XVIIe et au XVIIIe siècle », animée par B. Joly, qui a été président de la Société Française d’Histoire des Sciences et des Techniques, et R. Franckowiak. Ce groupe international s’est attaché successivement à trois thématiques (2008-2009 : Science et littérature, le cas de l’alchimie [SEM 48] ; 2009-2010 : Un siècle de chimie à l’Académie royale des sciences de sa création (1666) à l’arrivée de Lavoisier (1768)[SEM 49] ; 2010-2011 : Chimie et alchimie, continuités et ruptures [JE 52]), donnant lieu à de nombreuses communications et publications, parmi lesquelles deux numéros de Methodos , le n° 8/2008 et le n°12/2012. Des publications internationales sont également parues chez Springer, entre autres.

L’histoire des idées à l’âge classique a donné matière à deux colloques internationaux : Nicolas de Cuse (A-L Rey) ; Locke et le Cartésianisme (Ph. Hamou). Y a également participé M. Parmentier.

Au nombre des coopérations internationales, on doit signaler aussi la mise en place d’un projet relevant d’ADA autour de « la preuve par l’image », collaboration Lille/Gand (Anne-Lise Rey), qui constitue la poursuite d’un séminaire interdisciplinaire engagé entre Lille III, Lille I et l’Université d’Artois sur les « écritures scientifiques »

On relèvera enfin la participation active de plusieurs membres du laboratoire à des projets ANR non basés à STL, mais dont STL est partenaire : AGON (sur les disputes), PHILOMED sur l’anthropologie médicale, PNEUMA, sur espace et métaphysique à l’époque newtonienne.

 

Thématique 2 : Différenciations et mutations dans les sciences modernes et contemporaines (A. Barberousse)

 

Marqué par le recrutement d’Anouk Barberousse (PR, 2011), en remplacement de Bernard Maitte, qui a quitté l’UMR en janvier 2013 avec Rémi Franckowiak, qui était responsable de la thématique. Les résultats de ces derniers n’ayant pas été communiqués, ils n’ont pu être intégrés dans le bilan actuel. On relèvera donc principalement, pour cette thématique, les travaux de Pierre Cassou-Noguès en début de quadriennal, ainsi que le recrutement d’Anouk Barberousse comme PR à Lille 1.

Conformément à ce qui avait été remarqué lors de la dernière visite de l’AERES, ce champ a subi de sérieuses transformations et est en voie de rénovation. La SPS (Société de Philosophie des Sciences) a d’ores et déjà sollicité l’Université Lille 3 et l’UMR STL pour organiser son prochain colloque bi-annuel en juin 2014 (organisé par Shahid Rahman et Anouk Barberousse).

 

Thématique 3 : Savoirs et pratiques de pensée : la philosophie française contemporaine (Ph. Sabot)

 

Au cours de la période écoulée, de nombreuses recherches doctorales ont été initiées et soutenues, en particulier sur des auteurs relevant de la pensée française contemporaine, comme Bergson, Deleuze, Foucault, Lévinas, Lyotard, Ricœur, Sartre, Bataille, Simondon. L’attractivité internationale de cette thématique est à souligner, qui reçoit de nombreuses demandes d’inscription en thèse sur Foucault, notamment de la part de doctorants chinois, japonais, brésiliens, italiens... La thématique a longtemps été soutenue par l’activité importante de Pierre Macherey, en particulier dans le cadre, fédérateur, du groupe d’études « La philosophie au sens large » (SEM.43) qui s’est arrêté en 2010 et poursuivi sous forme de blog (http://philolarge.hypotheses.org). On relèvera, parmi les publications de Pierre Macherey, que son œuvre a été largement traduite à l’étranger (D 336, D 337  en 5 langues, D 340, D 341 en deux langues), signe de son rayonnement international. Pierre Macherey reste toujours impliqué dans les activités du laboratoire.

La thématique est actuellement représentée par les travaux de Ph. Sabot (PR, 2012). Ses activités de recherche s’orientent dans deux directions principales, relayées par l’organisation des séminaires et des journées d’études et aussi des activités en lien avec d’autres thématiques de l’UMR (par exemple journée d’études sur « Sartre et L’Imaginaire »)  et avec les activités du CIEPFC que dirige F. Worms.

1) Première direction : la généalogie de la pensée française contemporaine. Il s’agit en particulier, au point de convergence d’études sur les rapports entre philosophie et littérature et d’un intérêt marqué pour les formes diverses prises par le post-hégélianisme, de s’intéresser aux effets produits par l’hégélianisme, voire par les hégélianismes, dans la pensée française contemporaine. Dans cette perspective, durant 3 ans (2009-2012), un séminaire de recherche « Hegel en France » a été conduit  en vue de baliser le champ d’un hégélianisme à la française, tel qu’il se déploie entre 1850 et 1950 à peu près aussi bien dans le champ de la littérature que dans la philosophie. Ce travail prend place lui-même dans une recherche de plus grande ampleur concernant l’hégélianisme à la française : la traduction du premier ouvrage de Judith Butler Sujets du désir (D 430), consacré aux rapports entre la pensée française contemporaine et l’hégélianisme, constitue une étape importante de cette recherche.

2) Seconde direction de recherche : la philosophie française : enjeux politiques et sociaux. Dans le prolongement d’études sur et autour de Foucault, différentes activités de recherche ont été menées qui reviennent à interroger les conditions de possibilité d’une philosophie sociale et à déterminer quels sont les sites privilégiés où cette philosophie prend corps aujourd’hui. Les questions du genre, des normes, du pouvoir, du sujet sont ainsi au cœur des réflexions collectives du séminaire « Avec Foucault » (depuis 2012) et de journées d’études « Vie et pouvoir : autour de Michel Foucault » (2010), « Les normativités » (2011, séminaire partenarial MESHS), « Le sujet et le pouvoir » (2012), « La question sociale » (2011). C’est dans le cadre de ces recherches, articulées à des séminaires de Master et des activités de formation doctorale que Judith Butler a été invitée en 2010 à Lille 3 pour un atelier doctoral et une conférence publique.

Parmi les réalisations nombreuses de cette thématique, on relèvera tout particulièrement encore que, dans le sillage de Fr. Worms, qui en assurait la direction, nombre de membres de l’UMR, et notamment des doctorants et docteurs (D.30 ), ont participé à l’édition des œuvres complètes de Bergson, qui s’est achevée par une journée d’étude « Lire Bergson » (JE.47 ; publication D 327).

 

 

3.           Implication dans la formation par la recherche

 

STL est rattachée à l’Ecole doctorale « Sciences de l’homme et de la société » n°473 Université Lille Nord de France.

        

Cinq masters sont  adossés à STL (11 spécialités) :

·         "Sciences du langage" (SDL) (spécialités : "Linguistique", "Lexicographie, Terminographie et Traitement Automatique des Langues et des Corpus", "Interprétariat Langue des signes française <=> français" (LSF), « Didactique des Langues et des Cultures » [parcours "FLE/seconde » et "Langue vivante étrangère : Anglais"])

·         "Philosophie" (spécialités : "Ethique politique et société", "Histoire des sciences, Logique, Epistémologie", "Esthétique et Philosophie de l'art", "Philosophie générale et histoire de la philosophie"

·         "Sciences de l'Antiquité" (spécialité : "Poétique et Anthropologie culturelle")

·         « Langues, Cultures et Interculturalité » (spécialité : "Etudes Anglophones, Option Linguistique de l'anglais")

·          Traduction (spécialité : "Traduction Spécialisée Multilingue")

 

3.1.      Les enseignants-chercheurs et les chercheurs

L’équipe étant composée dans sa très grande majorité d’enseignants-chercheurs, elle compte évidemment plusieurs responsables de formation (LMD). On relèvera que les membres de l’UMR sont fortement engagés dans les responsabilités de l’université, et notamment celles liées à la formation. Nous comptons ainsi dans notre laboratoire, au niveau des unités de formation, la directrice de l’UFR Humanités (G. Dal), trois directeurs de départements (Ph. Hamou en remplacement de Ph. Sabot lui-même, devenu directeur de STL, D. Amiot et R. Webb), tous ayant fait ou faisant partie du conseil de laboratoire. La responsable de l’articulation master/doctorat au niveau de l’Ecole doctorale, M. Massin, est elle aussi membre de notre conseil de laboratoire. Cette forte implication garantit une solide unité et continuité de l’enseignement et de la formation à la recherche et par la recherche, au-delà même des seuls masters. L’importante implication administrative des membres de l’UMR dans les diverses instances universitaires durant cette période témoigne elle aussi de la volonté d’une forte cohérence dans la structuration de la recherche scientifique et d’une articulation entre la formation et la recherche.

A l’inverse, les chercheurs de l’équipe ont tous animé des séminaires destinés aux étudiants de master et aux doctorants. Cette implication des chercheurs au niveau master permet de renforcer, là aussi, la continuité entre la formation et de la recherche.

 

3.2.      Les doctorants

62 thèses ont été soutenues durant la période (annexe 7.3). On signalera que c’est une doctorante de notre laboratoire, Caterina Zanfi, qui a reçu le premier prix de thèse du Collège doctoral Lille Nord-de-France, décerné en 2012.

Au niveau du laboratoire, on relèvera surtout l’augmentation significative de doctorants en linguistique (axe A ; voir annexe 7.3 et 7.4). En cela, il a été répondu à une remarque du précédent rapport sur l’attractivité pour les doctorants en linguistique. En 2008, 4 thèses avaient été soutenues et 9 étaient en cours ; pour la période 2008-2012, 11 thèses ont été soutenues, 20 sont en cours. On relèvera aussi leur excellent taux d’insertion (voir annexe 7.5. devenir des docteurs).

Au 30 juin 2013, les doctorants se répartissaient de la manière suivante (annexe 7.4) :

 

 

doctorants

Bénéficiant ou ayant bénéficié d’un contrat doctoral

Bourses

Erasmus mundus

Co-tutelles

Axe A

20

3

3

3

Axe B

8

3

(1 Lille-Trente)

1

Axe C

19

10

 

3

Axe D

24

5

 

5

Total

71

21

3

12

 

3.3.      Les activités du laboratoire (séminaires, groupes de travail, JE, colloques)

La formation par la recherche fait depuis toujours partie des priorités du laboratoire, et cela dès le master, bien que les étudiants en master ne soient pas rattachés au laboratoire qui ne dispose pas de moyens spécifiques qui leurs seraient dédiés. La continuité est garantie par les membres de l'UMR qui interviennent, selon leur spécialité, dans les Masters de Lille 3 et Lille 1 qui sont adossés à l’UMR. Pour familiariser  les étudiants de master aux activités du laboratoire, l’UMR STL invite ses membres à utiliser la salle de réunion et de séminaire pour y faire les cours de master 2.

Certains des séminaires de l’UMR ont été organisés en collaboration avec la MESHS ou avec l’Ecole doctorale, d’autres avec des institutions partenaires (Paris 1, Paris VII, les universités belges…). L’UMR ne distingue pas les séminaires de recherche et les séminaires pour doctorants, les deux allant de pair. C’est ainsi que les étudiants de master et les doctorants participent, au côté des chercheurs, aux séminaires de l’UMR.

Parmi les nombreux séminaires de recherche proposés (voir annexe 7.1), certains sont consacrés en tout ou en partie à la présentation et à la discussion directe des travaux des chercheurs et des doctorants. C’est le cas du séminaire de linguistique, qui est le grand séminaire des linguistes auquel participent tous les membres linguistes, doctorants et masters (SEM. 1) ou le séminaire doctoral « Poésie et philosophie. Présentation de travaux » (SEM.7). On relèvera également le nombre important de séminaires pluriannuels, parfois organisés avec des partenaires extérieurs (par ex. le séminaire tournant de philosophie ancienne [SEM. 6]). On notera que l’UMR propose des séminaires pluriannuels,  qui permettent de donner à la recherche le temps qu’elle requiert (on relève ainsi 19 séminaires ou groupes de travail qui ont poursuivi leurs travaux sur plusieurs années).

L’intégration active des doctorants se manifeste non seulement par la participation aux séminaires, journées d’étude et colloques, mais encore par leur association à leur organisation et animation : sur les 60 séminaires et groupes de travail répertoriés durant la période, 12 ont été dirigés ou co-dirigés par des doctorants ; ils ont activement participé à l’organisation de 20 JE sur 65 et de 5 colloques, notamment, pour ces derniers, dans le cadre des activités complémentaires des doctorants bénéficiant d’un contrat doctoral au sein d’un laboratoire. Parmi les activités on signalera tout particulièrement, en raison de leur degré d’implication, les journées Transphilosophiques, organisées par les doctorants philosophes (JE 37, 40, 44, 63)(annexe 6.2.6., p. 174-175), ou les journées organisées par les doctorants en FLE qui associent les étudiants en master (JE 09) (annexe 7.2.).

 

3.4.      Les soutiens (mobilité, bureaux, contrats doctoraux, bibliothèques)

L’UMR STL soutient vivement et financièrement, avec l’appui de l’Ecole doctorale, la mobilité de ses doctorants en leur permettant de présenter leurs travaux dans des séminaires et colloques nationaux et internationaux. C’est là qu’ils trouvent très souvent une première occasion de publication. Dans un même souci d’ouverture et de formation, les doctorants sont fortement impliqués, en fonction de leurs thématiques, dans tous les réseaux thématiques et les séminaires européens et internationaux existants où ils trouvent également l’occasion d’exposer et de confronter leurs thèses au plus haut niveau (Philosophie ancienne, CorHaLi, séminaires franco-belges, OFFRES, HERMI…)(annexe 6.2.3 « réseaux »). On signalera en outre, concernant les antiquisants de la thématique 1 de l’axe B, le doctorat international de philologie Lille-Trente-EHESS : ses doctorants, après une rigoureuse procédure de sélection, séjournent au moins un semestre dans le pays étranger.

L’UMR STL s’attache tout particulièrement à faciliter matériellement le travail de recherche de ses doctorants. Ainsi a-t-elle pu obtenir, en une période difficile, un nombre certes insuffisant, mais, au vu des offres, néanmoins significatif d’allocations (21). C’est là le signe de l’excellence de ses doctorants qui sont soigneusement sélectionnés et suivis (auditions organisées au sein du laboratoire pour les doctorants avant leur inscription, puis en fin de deuxième année). Trois salles sont mises à leur disposition, où ils peuvent bénéficier d’un poste individuel s’ils sont présents trois jours par semaine au moins, d’autres postes étant attribués temporairement. Ils se trouvent ainsi à proximité des chercheurs et enseignants-chercheurs du laboratoire. L’UMR met en outre à leur disposition, ainsi qu'aux étudiants de Master, deux bibliothèques de recherche spécialisées, une à l'Université de Lille 3 (qui rassemble des fonds de Philologie classique, de Philosophie et Histoire des sciences, de linguistique) ; et une spécialisée en Histoire des sciences à l'Université de Lille 1. Il faut ajouter ici que, conformément à la déclaration d’intention de 2006, l’UMR poursuit une politique documentaire volontariste : nous donnons dans nos dépenses une très large place à l'achat de livres pour notre bibliothèque de recherche, dont les fonds, réunis dans la nouvelle bibliothèque de STL depuis juillet 2013, mettent désormais à la disposition des doctorants et des chercheurs un instrument de travail rare et précieux. Un même laboratoire tout à la fois leur donnera en effet la possibilité de trouver les documents concernant leur spécialité et leur offrira un accès facile à des problématiques plus interdisciplinaires, mais naturellement reliées à leur spécialisation (philologie, linguistique, philosophie, histoire des sciences).

Enfin, il est à noter que l’UMR fait une place importante à certaines filières professionnalisantes et aux recherches plus appliquées qui y sont liées. Il s'agit notamment des spécialités de M2 en « Lexicographie, terminographie et traitement automatique des corpus », de la filière « Traduction spécialisée multilingue » et de la filière « Interprétariat LSF (langue des signes française) / français ».

 

3.5.      Le devenir des doctorants

Le devenir des doctorants témoigne pour sa part de la qualité de la formation. C’est ainsi que sur 57 docteurs durant la période (au 1er mars 2013), 15 sont actuellement professeurs, maîtres de conférence ou équivalent dans le supérieur, 11 ont des postes temporaires dans le supérieur (ATER, post-doctorants, chercheurs contractuels), 7 sont professeurs dans le secondaire. Pour 11 d’entre eux, nous ne connaissons pas leur statut professionnel actuel. Certes, les disciplines représentées dans le laboratoire ont des débouchés difficiles, et le laboratoire est sensible au taux d’insertion professionnelle. Il sait que la professionnalisation  dépend elle aussi du soutien du laboratoire. Aussi diffusons-nous systématiquement les annonces de poste (recrutement, post-doc, bourses), et, à leur demande et au vu de leur projet, nous intégrons les jeunes docteurs à titre de « chercheurs non statutaires » : nous continuons ainsi à financer leurs déplacements dans des manifestations nationales et internationales où il peuvent faire connaître leurs travaux, nous soutenons financièrement la traduction ou révision de leurs communications en anglais, tout cela afin de leur permettre de rester immergés dans le milieu de la recherche et de continuer à constituer leur dossier scientifique en vue de candidatures à des recrutements.

 

 

 

 

4.           Stratégie et perspectives scientifiques

 

4.1.        Introduction

La stratégie de l’UMR STL pour le prochain contrat se fonde sur la prise en considération de deux éléments principaux qui, s’ils peuvent sembler contradictoires au premier abord, se révèlent complémentaires dans leur mise en œuvre au sein de notre Unité.

1 . Le premier élément concerne le maintien et le développement d’une culture pluridisciplinaire qui fait la spécificité et la force de l’UMR STL et des grands champs de recherche qui en constituent les socles fondamentaux : linguistique, philologie classique, philosophie, histoire des sciences. Il apparaît en effet décisif, et souhaitable, de poursuivre l’effort de recherche de grande qualité et extrêmement fécond (cf. bilan) qui caractérise chacun de ces pôles disciplinaires. Au cours de la réflexion collective qui a abouti au présent dossier d’évaluation, cette pluralité est apparue clairement comme une dimension structurante de l’UMR, et sa revendication comme le ferment d’une identité originale qu’il convient d’encourager et de renforcer.

A cet égard, il pourrait être opportun de modifier dans la perspective du prochain contrat le mode de rattachement actuel de l’Unité aux sections CNRS (avec un rattachement principal à la section 35 et des rattachements secondaires aux sections 34 et 32) et de bénéficier d’un double rattachement aux sections 35 et 34 du CNRS (qui couvrent en réalité l’essentiel des champs disciplinaires de l’UMR puisque la 34e Section traite des « Sciences du langage » et que désormais la philologie relève elle-même de la 35e Section : – « Sciences philosophiques et philologiques, sciences de l’art » - et non plus de la 32e Section, orientée vers les « Mondes anciens et médiévaux »). Cette modification aurait l’avantage de favoriser la reconnaissance et l’appui institutionnels de l’ensemble des recherches fédérées au sein de l’UMR STL.

2 . Par ailleurs, tout au long du contrat précédent, le regroupement de ces recherches disciplinaires au sein d’une structure d’accueil commune (échafaudée en 2006)[2] a contribué à donner corps au projet global de l’UMR STL, défini il y a 5 ans en fonction des objectifs scientifiques suivants : « analyse et interprétation des formes de langues et de discours et des modes de connaissance ». Ce programme d’ensemble invitait en effet à respecter les traditions, les logiques et les méthodologies propres à chacun des axes disciplinaires structurant la politique scientifique du laboratoire, sans renoncer à tirer bénéfice de la confrontation nécessaire, voire de la convergence effective entre des paradigmes différents d’analyse des formes de la rationalité et de la construction du sens.

C’est ainsi qu’ont pu émerger au cours du précédent contrat un certain nombre d’activités interdisciplinaires, liées notamment à des collaborations actives entre différents chercheurs et aux fonctionnements coopératifs qui émanent de la réunion au sein de STL de chercheurs appartenant à des disciplines connexes (du fait de leur objet : sciences du langage et philosophie du langage ; de leur thématique : l’enargeia et l’histoire des théories de l’optique; ou même de la réflexion plus globale à mener sur leurs « interfaces »). Dans le cadre du prochain contrat, ces recherches interdisciplinaires sont appelées à se développer et elles seront fortement soutenues. Seront ainsi visées la visibilité et la cohérence de projets de recherches transversaux à même de proposer notamment, à l’interface des disciplines constituées, des réflexions communes portant par exemple sur la traduction, sur l’argumentation dans la langue, dans la logique et dans les textes philosophiques ou même sur les apports croisés des théories cognitives en linguistique et en philosophie de l'esprit (à partir de thématiques convergentes comme le temps, l’espace ou la perception).

Enfin, l’émergence et le renforcement d’une communauté de recherche au sein de STL passe aussi par le déploiement d’activités proprement transdisciplinaires, liées en particulier au développement de programmes de recherche transversaux (comme ADA) concentrés sur l‘approche globale d’une question – en l’occurrence, celle de l’argumentation, qui mobilise et rassemble en particulier à STL mais aussi bien au-delà, grâce à la constitution de partenariats régionaux, nationaux et internationaux, un certain nombre de chercheurs reconnus dans les domaines de la logique, de la philosophie du droit, de la philosophie politique, de la linguistique et de la philologie…

L’UMR STL entend ainsi, dans le cadre du prochain contrat, défendre et développer conjointement ces deux aspects d’une stratégie de recherches (au pluriel) fondée donc sur un soutien continu à des perspectives disciplinaires qui ont montré et montreront, pourvu qu’on les encourage, leur capacité à féconder et à alimenter des formes de coopération inter- et transdisciplinaires. Il importe de rappeler ici que cette logique de développement des activités de recherche au sein de STL procède de l’histoire particulière de cette Unité. Cet historique se laisse récapituler selon trois moments successifs qui déterminent l’orientation stratégique actuelle et à venir de l’UMR. Dans un premier temps, a prévalu une certaine dispersion disciplinaire (chacune des disciplines constituantes de STL étant identifiées à un centre de recherche distinct : c’était le cas pour la linguistique, avec SILEX, pour la philologie avec le Centre de Philologie, mais aussi pour la philosophie et l’histoire des sciences, avec le CRATS et le Centre Eric Weil). Il y eut ensuite le moment des regroupements (cf. supra, note 1) et de la « fusion » dont le précédent contrat a d’une certaine manière construit et animé le projet, mais qui a pu être pensée et vécue initialement par ses acteurs eux-mêmes sur le mode d’un regroupement abstrait entre linguistes d’une part et philosophes, philologues, historiens des sciences de l’autre. La fin de ce contrat s’ouvre à la fois sur la perspective de collaborations interdisciplinaires (Interfaces, Traduction), certes limitées, mais dont l’autolimitation vise à accroître l’efficience en termes de production scientifique ; et sur la perspective d’engagements communs, d’ores et déjà fédérateurs, dans des programmes de recherches transdisciplinaires (ADA) ou dans des projets qui concernent potentiellement l’ensemble de l’Unité (autour de la traduction par exemple).

La stratégie scientifique de l’UMR STL intègre donc cette double contrainte du disciplinaire et de l’inter- voire du trans-disciplinaire, comme l’une de ses dimensions structurantes et comme l’un des marqueurs de son identité dynamique. C’est cette double contrainte qui a conduit à envisager une restructuration importante de l’organigramme scientifique de l’Unité pour le prochain contrat. Cette reconfiguration consiste pour l’essentiel à définir le projet et les perspectives scientifiques portées par STL en fonction des deux orientations complémentaires décrites ci-dessus. Ces orientations concernent :

1. d’une part, la refonte des thématiques de recherche et des grands axes disciplinaires actuels (http://stl.recherche.univ-lille3.fr/thematiques.html),

2. d’autre part, l’articulation de certaines recherches thématiques dans le cadre de projets inter- et transdisciplinaires.

 

4.2.        Structuration de la recherche au sein de STL pour la période 2015-2019

 

4.2.1.            Trois champs problématiques

A un premier niveau, la réflexion sur une structuration pluridisciplinaire des recherches menées au sein de l’UMR STL conduit à substituer aux 4 axes actuels (Axe A : Syntaxe, Interprétation, Lexique, Acquisition ; Axe B : Formes et interprétations des discours de l'Antiquité grecque et latine ; Axe C : Concepts et pratiques philosophiques ; Axe D : Différenciations et mutations des savoirs) trois grands champs problématiques définissant des orientations de recherche identifiées comme pertinentes et fécondes dans l’UMR STL. Une première déclinaison des recherches menées au sein de l’Unité se trouvera ainsi proposée à travers les champs suivants : « Forme et sens » ; « Savoirs, œuvres, discours » ; « Normes, action, création ». Ce sont ces champs problématiques qui doivent accueillir, ou intégrer, les différentes thématiques de recherche propres à chaque domaine disciplinaire (qui sont effectivement représentés dans ces différents champs).

 

Champ 1.

Forme et sens

Champ 2.

Savoirs, œuvres, discours

Champ 3.

Normes, action, création

Th.1 : Application

Th.1 : Formes, pratiques et production poétiques et discursives de l'Antiquité

Th.1 : Vie, normes, institutions

Th.2 : Cognition

Th.2 : Les discours théoriques de l'Antiquité, leurs appropriations et leurs développements jusqu'au Moyen-Âge arabe et latin

Th.2 : Imagination et création – arts et littérature

Th.3 : Interprétation

Th.3 : Herméneutique

Th.4 : Représentation

Th.4 : Différenciation et mutation des savoirs

 

Ce projet de structuration scientifique de l’Unité pour la période 2015-2019 a fait l’objet de nombreuses et riches rencontres et discussions entre les membres de l’UMR STL au cours de l’année 2012-2013, année de préparation du présent dossier d’évaluation. Le résultat de ces rencontres et discussions est présenté sous une forme synthétique ci-après. Une version plus développée de ce projet est d’ores et déjà disponible sur le site de l’UMR STL : http://stl.recherche.univ-lille3.fr/STL_Projetscientifique2015-2019/projet_presentation.html.

Cette présentation doit être complétée au cours de l’année 2013-2014.


 



[1] L’UMR 8159 « Savoirs et textes », créée en 1998, était elle-même le résultat de la fusion entre le « Centre de recherche philologique » (URA 992, créée en 1972) et du CRATS (« Centre de recherche sur l’analyse et la théorie des savoirs », URA 1743, créée en 1973).

[2] . Voir l’historique de l’UMR STL, p. 1.